>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2019 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

« Dans les années 70, l’audace des créations Piaget reflète...
Points de vue

« Dans les années 70, l’audace des créations Piaget reflète l’esprit de liberté de l’époque »

mercredi, 16 janvier 2013
fermer
Editor Image
Anaïs Georges du Clos
Journaliste indépendante

“Rien de grand ne s’est fait dans le monde sans passion.”

Georg Wilhelm Friedrich Hegel

« S’autoriser à tout penser, réfléchir avant d’écrire. »

Lire plus

CLOSE
5 min de lecture

Yves Gérald Piaget, Directeur de la marque dans les années 70 et actuel président de Piaget SA, parle avec émotion de cette époque haute en couleurs.

Décrivez-nous l’entreprise dont vous avez pris les rênes dans les années 70.

Yves Piaget : Piaget était une entreprise familiale presque centenaire qui avait su anticiper les grands défis du siècle grâce à une verticalisation précoce de sa production. Les mouvements étaient conçus et fabriqués à la Côte-aux-Fées tandis que l’habillage se faisait à Genève, dans la tradition des cabinotiers du XVIIIe. Nous avions acquis nos lettres de noblesse horlogère en présentant le calibre mécanique 9P ultraplat en 1958 et nous appartenions déjà à la fine fleur de l’industrie horlogère aux côtés de Patek Philippe, Vacheron Constantin et Audemars Piguet. Nous fabriquions essentiellement des montres pour femme, exclusivement en or ou en platine, montées sur bracelet or. Pour la distribution, nous avions amorcé le tournant de la vente de détail dès 1959 en ouvrant notre première boutique au 40 de la rue du Rhône à Genève.

En quoi les années 70 ont-elles été un tournant pour l’entreprise ?

Les années 70 ont été marquées par la révolution culturelle héritée de la fin des années 60. L’esprit du temps était empreint de liberté, d’audace, d’extravagance et cela se ressentait dans nos créations. Ces folles années ont commencé en 1967 lorsque nous avons créé les montres à cadran en pierres dures de couleur. Nous n’utilisions que des pierres semi-précieuses comme le lapis-lazuli, le jade, la rubellite, l’onyx neigeux, l’œil de tigre ou de faucon. C’était une véritable prouesse technique car nous travaillions sur une épaisseur de 7/10e et certaines pierres comme l’opale, composée de cristaux, sont très sensibles aux variations de température. Pour moi, qui suis passionné de gemmologie, ce fut une période extraordinaire. Elle se poursuivit tout au long des années 70 avec le lancement de la « Collection du XXIe siècle », nos montres-manchettes et montres-sautoirs, que Petula Clark portait d’ailleurs en ceinture. Ces pièces ont révolutionné la mode horlogère et consacré notre position de leader dans la montre joaillère. Elles nous ont également permis quelques audaces comme notre collaboration avec celui que beaucoup considèrent aujourd’hui comme le plus grand artiste du 20ème siècle, Salvador Dali.

Le mouvement à quartz le plus plat au monde a renforcé notre leadership sur le segment des montres extraplates.
Yves Piaget
Vous parlez de l’édition limitée des Dali d’Or, n’est-ce-pas ?

Tout à fait. A la fin des années 60, Dali avait eut l’idée originale de frapper une monnaie à son effigie et à celle de son épouse et muse Gala. J’ai eu l’honneur de le rencontrer et de lui faire part de notre projet, qui l’a séduit. Nous avons acquis le droit exclusif de monter les Dali d’Or en montres et bijoux comme on le faisait dans l’Antiquité.

L’apparition du quartz n’a-t-elle pas freiné vos élans ?

Au contraire. Nous nous sommes toujours efforcés de rester attentifs aux désirs de nos clients et nous avons rapidement compris que l’Asie et les Etats-Unis, 1er marché d’exportation de l’époque, avaient été conquis par les montres à quartz à la fois pratiques et précises. Avec quelques marques horlogères, nous avons donc décidé de relever le défi en fondant le Centre Electronique Horloger pour la recherche et le développement. C’est là que Piaget a conçu en 1976 le calibre 7P « pas à pas », le mouvement à quartz le plus plat au monde, qui a renforcé notre leadership sur le segment des montres extraplates.

C’est dans les années 70 que notre nom est devenu une marque internationale.
Yves Piaget
Quelles sont les icônes Piaget des années 70 ?

Le lancement de la Polo est sans conteste le point culminant de la décennie pour notre maison. La rondeur du boîtier intégré à la lunette et au bracelet, alliée à l’alternance des lignes horizontales polies et brossées, incarnent l’évolution des codes vestimentaires de l’époque et l’avènement du « sport chic ». Résistante à l’eau et au choc, elle était dotée de notre mouvement extraplat électronique et a connu un succès retentissant aux Etats-Unis dès son apparition en 1979. Pour la communication, nous sponsorisions quelques uns des meilleurs tournois internationaux de Polo où s’alignaient les plus grands joueurs du moment. C’est également à cette époque que notre nom a commencé d’être associé à des personnalités emblématiques telles qu’Ursula Andress, Andy Warhol, Sammy Davis Junior, Roger Moore ou Björn Borg. C’est dans les années 70 que notre nom est devenu une marque internationale.

Yves Gérald Piaget

Né en 1942 à la Côte-aux-Fées, où se trouve encore la principale manufacture horlogère de la marque, Yves Gérald Piaget représente la 4ème génération de la dynastie Piaget. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur horloger de l’Université de Neuchâtel et d’un titre de Gemmologue de l’Institut de Gemmologie d’Amérique à Los Angeles, il est à l’origine de plusieurs innovations qui ont fait les grandes heures de la marque dans les années 70 et 80.

Haut de page