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De Bethune en quête d’une qualité horlogère perdue
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De Bethune en quête d’une qualité horlogère perdue

jeudi, 10 mars 2011
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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5 min de lecture

Pour Denis Flageollet et David Zanetta, fondateurs de De Bethune en 2002, la culture horlogère a perdu son âme au 20e siècle. Leur démarche consiste ainsi à « sauver le concept de la montre mécanique ». Démonstration avec le tout récent Tourbillon Régulateur.

Foin de fioriture, la montre trône au premier plan comme une évidence, présentée en toute simplicité en tant que « pièce représentative de la belle horlogerie classique », avec son cadran en argent sterling non traité, gravé en relief, comprenant en son centre une représentation de la voûte céleste dont les étoiles sont chassées sur du titane bleui. Réserve de marche à 12 heures, fonction heures, minutes et secondes sautantes au centre : du travail d’artiste pour ce Tourbillon Régulateur De Bethune dont la technicité répond aux pensées de Saint-Exupéry dans Le Petit Prince, voulant que l’« on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».

En d’autres termes, un tourbillon visible seulement sur le fond de la montre, pensé pour répondre aux contingences des montres-bracelets : « Le plus léger possible, avec une fréquence aussi vive que possible et une vitesse de rotation maximale pour une masse et une inertie minimales », précise la Maison. Résultat : un tourbillon en silicium-titane dans une cage de 0,18 gramme en rotation sur elle-même toutes les 30 secondes et une fréquence de 36’000 alternances par heure. La cage la plus légère du marché, selon De Bethune, qui comprend 50 composants, dont le plus léger pèse moins de 0,0001 gramme.

Régulateur Tourbillon DB25T © De Bethune
Régulateur Tourbillon DB25T © De Bethune
« La grande qualité horlogère s’est perdue »

Inutile de décliner plus avant les particularités de cette De Bethune Tourbillon Régulateur, en référence aux réalisations des grands maîtres horlogers du passé, dont l’organe réglant aura nécessité plus de deux ans de développement. Il répond en tous points à la volonté de la marque de « sauver le concept de la montre mécanique pour elle-même », selon les termes de David Zanetta, cofondateur avec Denis Flageollet de la Maison en 2002. Une maison qui œuvre sur le long terme dans un esprit de manufacture voulant que les fournitures les plus compliquées et les pièces d’habillage non maîtrisées par l’industrie soient réalisées entièrement à l’interne, soit quelque 3’500 composants produits dans les ateliers de l’horloger. Dans cet ordre d’idées, De Bethune a également intégré un bureau de recherche et développement fort d’une dizaine de personnes, qui a permis à la marque d’asseoir sa réputation dans les technologies de pointe avec, à la clé, nombre d’inventions brevetées, notamment dans le domaine du silicium.

« Les dernières véritables innovations horlogères datent des années 1950, expose David Zanetta. Depuis, les investissements dans la recherche se sont taris, partiellement en raison de l’avènement du quartz. C’est précisément pour remédier à cet état de fait que nous avons fondé De Bethune, avec comme approche de faire revivre la grande horlogerie technique du passé sur la base d’une recherche fondamentale et avec des codes esthétiques bien précis. In fine, qu’est-ce que l’horlogerie sinon une activité qui repose sur des concepts mécaniques et donc mathématiques, le tout étayé par le travail de maîtres artisans ? Nos ancêtres l’avaient bien compris, mais cette culture s’est évanouie. La grande qualité horlogère s’est perdue pour des questions de coûts et d’économie d’échelle. De nos jours, tout ce qui compte, c’est la signature des marques sur le cadran. Nous avons reçu un patrimoine formidable et les maisons n’en ont rien fait, obsédées qu’elles sont par le fric. Nous vivons dans une économie horlogère dominée par les boutiques et où les sous-traitants sont priés de produire le moins cher possible pour que les marges soient le plus importantes possible. »

« Des garde-temps qui ont une âme »

Et David Zanetta, implacable, de poursuivre : « Depuis trois siècles, nous sommes confrontés au même problème de performance des systèmes oscillants à grande inertie. D’où toute l’importance de ce qui a été réalisé dans l’horlogerie de marine. Un travail fondamental. Mais avec la généralisation des montres de poche, toujours au calme dans le gilet ou sur la table de nuit, il était pratique d’oublier les avancées horlogères réalisées jusqu’alors. La montre-bracelet, soumise à des sollicitations autrement plus intenses, y a mis un terme. C’est pourquoi les percées réalisées par le passé reprennent tout leur sens aujourd’hui. Il s’agit d’instrumentaliser la montre sur la base de cette somme de connaissances intimement liées à l’histoire de l’humanité. De Bethune, ce n’est pas autre chose que cette dimension culturelle de l’horlogerie que nous voulons perpétuer à travers des garde-temps qui ont une âme. »

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