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De Bethune : un hommage des plus actuels à la Chine...
Histoire & Pièces d'exception

De Bethune : un hommage des plus actuels à la Chine impériale

lundi, 02 septembre 2013
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

La série Imperial Fountain De Bethune ne pouvait être plus en phase avec l’actualité. En juin dernier, deux des douze têtes en bronze de la fontaine du Palais d’été des empereurs de Chine, pillé au XIXe siècle, étaient restituées à la Chine. Douze têtes à l’origine des douze pièces d’art de l’horloger signées De Bethune.

« Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l’Orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’œuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits. Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. » Tels sont les termes utilisés par Victor Hugo dans une lettre adressée au capitaine Butler en 1861, en commentaire au « sac du Palais d’été » des empereurs de Chine perpétré par les armées française et britannique en 1860 lors de la « seconde guerre de l’opium ».

Une valeur symbolique

Le Palais d’été, ou Yuanmingyuan, recelait en effet de véritables trésors artistiques et architecturaux parmi lesquels la fameuse fontaine-horloge du Pavillon de la Mer calme avec ses 12 têtes de bronze représentant les 12 animaux du zodiaque chinois qui crachaient tour à tour et pendant deux heures de l’eau dans un bassin adjacent. C’est à la demande de l’empereur Qianlong, dont le règne s’est étiré de 1736 à 1795, charmé par le baroque européen, que la fontaine a été réalisée entre 1747 et 1759 sur commande passée au jésuite italien Giuseppe Castiglione et au père Michel Benoist.

Las, à la suite du pillage et de la destruction du Palais d’été au XIXe siècle, les têtes ont disparu, tout comme un million de pièces de valeur artistique, historique et culturelle pour lesquelles il était célèbre. Des pièces pour la plupart dispersées à l’étranger, comme en atteste la collection du musée Chinois du château de Fontainebleau, constitué en partie d’objets précieux dérobés sur place et offerts à l’époque à l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III. Selon Wang Kaixi, vice-président de l’Association des études du Palais d’été et professeur à la faculté d’histoire de l’université de Beijing, cité par le site french.china.org.cn, nombre de pièces volées sont nettement plus précieuses que les fameuses 12 têtes en bronze. Il n’en reste pas moins qu’aux yeux des Chinois celles-ci revêtent une importance symbolique. D’autant que les démarches entreprises par leur gouvernement afin d’obtenir leur restitution ne sont pas restées sans écho médiatique, bien au contraire.

Douze pièces d’art

Inutile de dire que la série Imperial Fountain présentée par De Bethune au dernier Baselworld ne pouvait mieux tomber. Au lendemain de l’ouverture du Salon international de l’horlogerie et de la bijouterie, soit le 26 avril 2013, on reparlait en effet des têtes de lapin et de rat de la célèbre fontaine, destinées à reprendre le chemin de leur terre d’origine pour venir compléter celles du tigre, du cochon, du singe, du bœuf et du cheval déjà récupérées par la Chine. Après le succès remporté par la série spéciale IXe inframonde Maya, qui vient d’être couronnée comme « Best of the Best » par le magazine Robb Report dans la catégorie « Style Men’s Watches, visual Artistry », la Maison horlogère récidivait ainsi cette année avec son set de 12 pièces d’art décliné en cinq éditions limitées.

Ces DB25 Imperial Fountain se distinguent par un cadran en or massif décoré du symbole des animaux du zodiaque chinois gravés à la main selon une libre interprétation des têtes de bronze entourant la fameuse fontaine. Chacune des gravures centrales, qui se présentent sous forme de bas-relief, est en outre ornée d’un émail grand feu selon la technique de l’émaillerie translucide sur reliefs ciselés. Le tout est agrémenté d’un affichage circonférentiel à la base du nouveau calibre DB2145 créé pour affranchir le centre du mouvement de toute mécanique.

gravures centrales réalisées par l’artiste Michèle Rothen, représentant un bas-relief de l’une des douze têtes d’animaux © De Bethune
Jackie Chan résout l’affaire

Cet hommage à la Chine impériale de De Bethune s’est ainsi révélé de circonstance. Après la tête en bronze du cheval, acquise chez Sotheby’s pour USD 8,8 millions en 2007 par le milliardaire de Macao Stanley Ho et remise à la Chine par ce dernier en 2007, c’était au tour de celles du rat et du lapin de faire parler d’elles. Selon les archives, leur premier collectionneur était José Maria Sert, de Barcelone, né en 1874. « Ces deux reliques sont ensuite entrées dans la collection du marquis de Pomereu, avant d’être vendues en 1986 par la Gallerie J.Kugel à Yves Saint Laurent et son compagnon Pierre Bergé. Ces deux derniers les ont conservées dans leur appartement de la rue Bonaparte à Paris », lit-on sur french.china.org.cn.

C’est lors de la vente du siècle de la collection privée d’Yves Saint Laurent, organisée à Paris en 2009 par Christie’s, que les deux têtes ont refait surface, créant de nouvelles tensions internationales quant à la réelle propriété de ces œuvres. Un collectionneur chinois, Cai Mingchao, se porte acquéreur des deux pièces pour quelque EUR 30 millions. Mais, le moment venu, celui qui était probablement mandaté par le gouvernement chinois refuse de régler la note. Les deux têtes retournent alors chez Pierre Bergé pour, finalement, devenir possession de la famille Pinault, aux commandes du groupe Kering. À noter que le patriarche François Pinault, grand amateur d’art, reprenait la Maison de ventes aux enchères Christie’s en 1998 pour EUR 1,2 milliard. En début d’année, lors du voyage d’une délégation française en Chine emmenée par le président François Hollande, son fils François-Henri Pinault faisait donc la promesse solennelle de faire revenir les deux têtes en bronze dans le Céleste empire. Chose faite depuis juin dernier.

Reste que les têtes du serpent, du dragon, du coq, de la chèvre et du chien manquent encore à l’appel. De son côté, l’artiste militant et dissident chinois Ai Weiwei a proposé sa propre interprétation des fameuses 12 sculptures intitulée « Circle of Animals/Zodiac Heads », exposition qui a fait le tour de la planète. Quant au célèbre acteur Jackie Chan, spécialiste en arts martiaux, il a déjà résolu l’affaire dans son film CZ12

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