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Des montres érotiques font un tabac chez Antiquorum
Culture

Des montres érotiques font un tabac chez Antiquorum

Tuesday, 05 April 2011
Par Danièle Chambas
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Danièle Chambas

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4 min de lecture

Trente-deux garde-temps « coquins » ont changé de main dimanche 27 mars pour un total de CHF 722’300 (US$ 781’320 / € 551’645). Les enchérisseurs asiatiques ont été particulièrement actifs en ligne et au téléphone. Antiquorum n’avait pas dispersé une collection aussi importante depuis 1997.

C’est l’histoire d’un collectionneur suisse qui durant 35 ans s’est passionné pour les objets érotiques de toute sorte, au point de leur réserver une pièce entière dans sa demeure. Les 32 montres mises à l’encan en ce dimanche 27 mars (30 montres de poche et 2 montres-bracelets) appartenaient donc à cette collection particulière et couvraient quatre siècles d’histoire puisque les premières ont été fabriquées au XVIIe siècle pour le marché chinois. La France, l’Angleterre et la Suisse, en particulier Genève, s’étaient spécialisées dans cet art, certes marginal et polisson, mais requérant un très grand savoir-faire d’horloger et d’émailleur. En effet, ces montres de poche cachent un ou plusieurs automates libertins, et parfois musicaux, sous un couvercle orné de scènes anodines que l’on ouvre à l’aide d’un bouton poussoir secret. Elles sont d’autant plus rares que leur production est restée confidentielle et qu’elles ont été longtemps interdites par l’Église.

Record pour le Genevois Henry Capt

Si la vente de dimanche n’avait attiré qu’une trentaine de personnes dans l’un des salons du Mandarin Oriental Hôtel du Rhône, les enchères par téléphone et en ligne ont parfois donné lieu à de vraies batailles entre des acheteurs chinois – les plus nombreux –, japonais et turcs. Comme prévu, c’est la montre de poche de l’horloger genevois Henry-Daniel Capt (lot 187) intitulée «  Musique d’amour », datant de 1810 et estimée à CHF 70’000-90’000 (US$ 75’720-97’350 / € 53’460-68’735), qui a fait s’envoler le marteau jusqu’à CHF 200’500 (US$ 216’880 / € 153’120). Achetée par un collectionneur chinois, cette pièce en or jaune est particulièrement raffinée, tant dans son mécanisme que dans son exécution. En effet, son concepteur a été l’un des premiers horlogers à utiliser un mécanisme musical à cylindre. Elle montre deux scènes automates et trois animations sur le cadran au lieu des deux habituelles.

Plusieurs autres pièces ont été très convoitées. Le lot 173 (Vienne 1880), par exemple, est parti en Chine pour CHF 64’900 (US$ 70’200 / € 49’565), soit 10 fois son estimation la plus haute, et le lot 174 (John Bittleston, Londres 1790) a été acquis également par un Chinois, pour CHF 67’300 (US$ 72’800 / € 51’400), soit 7,5 fois son estimation la plus haute. Les lots 170 (Girardin L’Aîné, Paris1810) et 179, « Le théâtre de l’amour », signé Breguet (Paris 1820), ont triplé leurs estimations les plus hautes pour atteindre, respectivement, CHF 16’250 (US$ 17’575 / € 12’410) et CHF 26’250 (US$ 17’575 / € 12’410).

Lot 179: « Le théâtre de l'amour », signée Breguet, Paris, 1820, est. CHF 7'000-9'000. Adjugée CHF 26'250 © Antiquorum
Lot 179: « Le théâtre de l'amour », signée Breguet, Paris, 1820, est. CHF 7'000-9'000. Adjugée CHF 26'250 © Antiquorum
Les montres-bracelets ont déçu

Deux montres de poche de James Cox, Londres (lots 184 et 185), dont la très belle « Affaires de cœur », en forme de cœur précisément, adjugées CHF 50’000 (US$ 54’085 / € 38’185) et CHF 57’500 (US$ 62’200 / € 43’915), n’ont pas rejoint la Chine, marché pour lequel elles avaient été commandées, mais la Turquie. Le lot 177, une pièce signée Lugrin exécutée pour le marché russe en 1890, a trouvé preneur pour CHF 21’250 (US$ 22’985 / € 16’230), triplant presque son estimation la plus haute.

Les montres-bracelets modernes en revanche, certainement jugées trop «  voyeuristes » pour leur absence de cache, ont déçu. La Swatch « Kama sutra » (1993) avec bracelet assorti (lot 160) est partie à CHF 1’250 (US$ 1’350 / € 954) (est. : CHF 1’000-2’000 /US$ 1’080-2160 / € 760-1’520) et la dernière pièce de la vente, le lot 188 du Genevois Svend Andersen intitulée « Le dentiste » (2000), a trouvé preneur au Japon pour CHF 30’000 (US$ 32’450 / € 22’910), soit exactement le prix de son estimation la plus haute. Total des recettes de la vente, qui a duré 45 minutes : CHF 722’300 (US$ 781’320 / € 551’645), « un résultat inespéré grâce aux acheteurs asiatiques, relevait, très souriant, Étienne Lemenager, directeur de la maison de ventes aux enchères. Tout s’est joué entre quatre collectionneurs ».

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