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Destruction massive de montres contrefaites en Suisse
Culture

Destruction massive de montres contrefaites en Suisse

vendredi, 19 septembre 2008
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Cela faisait quatre ans que la Suisse n’avait plus procédé à la destruction de contrefaçons de montres. En juillet dernier, ce ne sont pas moins de 29’000 pièces qui ont pris le chemin de la broyeuse, à l’occasion de l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions légales sur l’importation de produits contrefaits.

C’est en pleine campagne helvétique, dans une usine de recyclage, que la plate-forme suisse de lutte anti contrefaçon Stop Piracy, les douanes helvétiques, la Fédération de l’industrie horlogère suisse et l’Association suisse contre le piratage avaient fixé rendez-vous pour une manifestation peu usuelle sous ces latitudes : la destruction de 29’000 copies de montres suisses, soit 1’400 kilos de produits contrefaits. La dernière opération de ce type remontait à 2004. Si ces organisations ont décidé de frapper un grand coup aux premières heures de l’été, cela ne doit rien au hasard. Au 1er juillet sont en effet entrées en vigueur les nouvelles dispositions légales concernant la contrefaçon et le piratage. Dorénavant, l’importation, même à des fins privées, de produits portant atteinte aux marques et à leur design est interdite en Suisse. Une personne passant la frontière avec au poignet une montre de marque contrefaite risque désormais de se la voir confisquer par la douane.

C'est en pleine campagne helvétique, dans une usine de recyclage ... © FH
C'est en pleine campagne helvétique, dans une usine de recyclage ... © FH
Au diapason avec la France et l’Italie

« Jusqu’ici, nous n’avions pas de bases légales pour effectuer des saisies de montres contrefaites aux frontières du trafic voyageurs. Ce n’est pas tellement que nous manquons de personnel aux douanes, bien au contraire, mais avec ces nouvelles dispositions, il est aujourd’hui possible de le faire, tout comme il est possible d’intervenir sur les colis suite à des commandes effectuées via Internet. En ce sens, nous rattrapons le retard pris avec la France et l’Italie à la différence près que ces pays peuvent également infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 10’000 euros, ce qui n’est pas le cas en Suisse. Il reste maintenant à espérer que cette nouvelle base légale sera suffisamment dissuasive car on ne peut plus prétendre que la population n’est pas informée sur le sujet. »

« Nous avons clairement fait un grand pas en avant, renchérit Jean-Daniel Pasche, Président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse. N’oublions pas qu’un des principaux objectifs de la lutte anti contrefaçon est de maintenir la confiance des consommateurs dans les produits originaux et cela en donnant toujours plus de visibilité aux activités des contrefacteurs. »

Il arrive aussi que les produits ne soient pas exportés sous forme de montres terminées mais bien sous forme de composant non assemblés.
La Suisse concernée au premier chef

Lors de la manifestation, Stop Piracy s’est plu à rappeler quelques chiffres concernant ce marché qui ne cesse de prendre de l’ampleur au niveau mondial. La contrefaçon aujourd’hui, c’est un chiffre d’affaires annuel de quelque 200 milliards de dollars, selon les calculs de l’OCDE qui ne comprennent pas les produits numériques distribués via Internet ni la consommation sur les marchés intérieurs. Au niveau de l’industrie horlogère suisse, les pertes dues au commerce illicite de contrefaçons sont quant à elles estimées à 2 milliards de francs suisses par année. « Il est vrai que la production de copies n’est pas vraiment le fait de la Suisse, précisait Jean-Daniel Pasche lors de l’opération de destruction. Elle est située principalement en Asie et aussi dans certains pays européens. On trouve également des ateliers d’assemblage sur le continent américain. Il serait évidemment idéal de stopper la contrefaçon à la source, sur le lieu de production. De telles opérations sont menées mais il n’est pas toujours possible d’identifier la source ou de pouvoir s’y attaquer. Ces ateliers peuvent être situés dans des endroits où il est difficile de faire respecter ses droits et d’agir en justice. Il arrive aussi que les produits ne soient pas exportés sous forme de montres terminées mais bien sous forme de composant non assemblés, l’assemblage intervenant près du lieu de vente. Il est donc indispensable d’agir également sur le lieu de vente et auprès des consommateurs. Il importe en outre de démontrer aux pays de production que la Suisse prend le problème au sérieux et fait également le ménage chez elle. »

Avec ces 29’000 copies saisies ces quatre dernières années et symboliquement détruites, les différentes associations présentes ont voulu marquer les esprits. Conclusion de Jean-Daniel Pasche : « Il est particulièrement désolant de constater que des habitants de ce pays contribuent activement à porter atteinte à une branche importante de l’économie nationale qui occupe près de 49’000 personnes. Nous voulons croire que les mesures qui sont prises vont amener les consommateurs suisses à plus de prudence et d’esprit critique à l’égard du faux. »

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