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Développement durable : Richemont passe la vitesse...
Economie

Développement durable : Richemont passe la vitesse supérieure

lundi, 14 septembre 2020
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

La compagnie détaille dans son dernier rapport des objectifs nettement plus ambitieux que par le passé. Richemont est à un tournant, assure son directeur Responsabilité sociale.

Avec l’âge, on devient philosophe. C’est en tout cas ce que les dernières déclarations de Johann Rupert, Président et actionnaire de référence de la Compagnie Financière Richemont, donnent à penser : « Nous ne savons pas quelles en seront toutes les conséquences (du Covid-19, ndlr), mais heureusement que nos activités ne sont pas positionnées dans un luxe inutile. Nous devons à présent considérer notre style de vie, car il y aura des changements, et peut-être bien des changements positifs », déclarait-il lors de la dernière présentation des comptes du Groupe. Et de poursuivre : « C’est à la science maintenant de nous sortir du trou dans lequel nous, en tant que genre humain, nous sommes mis par notre façon de vivre et notre atteinte à l’environnement. Songez seulement que si l’on devait enfermer l’humanité tout entière dans une boîte de sardines, celle-ci ne ferait pas plus d’un kilomètre cube. Et pourtant, regardez nos modes de vie. Nous avons utilisé ou plutôt abusé de 70 % des ressources naturelles de la planète. Et nous continuons d’agir comme si le changement climatique était une farce. Nous jetons du plastique partout et maintenant la nature se venge. Alors il est peut-être temps pour nous de faire une pause et de réfléchir. »

À l’écoute de la « Gen Z »

Cette réflexion a déjà partiellement porté ses fruits si l’on en croit le dernier rapport Richemont sur le développement durable présenté le 17 juillet dernier. Plus question en effet de se contenter de minimiser les risques en matière d’approvisionnement et d’environnement dans une perspective à long terme, comme la compagnie s’était contentée de le faire depuis 2006. Avec comme leitmotiv pour l’industrie du luxe de « créer des avantages pour tout le monde », Richemont s’est engagé dans une démarche nettement plus proactive avec comme cibles prioritaires les gens, les communautés, la chaîne d’approvisionnement et l’environnement. « Cette année est un tournant pour Richemont, explique Matthew Kilgarriff, directeur Responsabilité sociale. Plus question de raconter des histoires sur le contrôle des risques. Ce que nous avons montré dans ce rapport, ce sont nos objectifs à court, moyen et long termes, ce que nous avons fait jusqu’à présent et comment, et avec qui, nous élaborons les stratégies pour les atteindre. »

Les questions touchant le réchauffement climatique, la biodiversité et le bien-être animal, comme l’économie circulaire ont gagné en importance dans la stratégie Richemont.

Autre fait nouveau, Richemont s’est penché sur la génération Z afin d’inclure dans sa démarche les préoccupations de ces jeunes de moins de 25 ans. « A priori, on pourrait croire que la Gen Z n’est pas un groupe cible pour Richemont, note la Compagnie. Et pourtant, ces personnes sont des employés de nos Maisons, et pour certains déjà une clientèle croissante, notamment dans la région Asie-Pacifique. Dans les années à venir, cette génération va prendre de l’importance, et la perception qu’elle a aujourd’hui de Richemont et de ses produits de luxe influencera probablement nos relations futures. » En conséquence, les questions touchant le réchauffement climatique, la biodiversité et le bien-être animal, comme l’économie circulaire, autant de thèmes chers à cette génération, ont été réévalués dans la stratégie Richemont sur le développement durable, qui fait l’objet de ce rapport détaillé sur une centaine de pages. On y découvre notamment l’engagement d’utiliser 100 % d’électricité renouvelable d’ici 2025, l’objectif d’une traçabilité complète de son or pour la même date et d’une certification RJC (Responsible Jewellery Council) à 100 % de ses partenaires actifs dans les diamants et pierres de couleur. Sans oublier une intensification de ses efforts visant à réduire son empreinte carbone hors compensations, comme Richemont avait l’habitude de le faire. Également au menu, une stratégie « globale » visant zéro déchets destinés aux décharges et des efforts nettement plus soutenus en matière sociale, notamment pour ce qui est de l’égalité des sexes, de l’inclusion des femmes aux postes de management, de la diversité sur le lieu de travail et de la garde des enfants. Le rapport note également des dons à hauteur de € 34 millions (2,8 % de son bénéfice avant impôt) à des organisations caritatives.

Un détour par la Louisiane

Richemont prend aussi la peine de détailler son organisation en matière de développement durable. Si l’impulsion vient des quartiers généraux en termes d’objectifs, de formation et de création des structures adéquates, intranet compris, les Maisons jouissent d’une large autonomie pour y répondre. En conséquence, les études de cas émaillent le discours de la Compagnie afin d’illustrer les efforts entrepris et les résultats déjà acquis. IWC est ainsi cité en exemple comme un leader en la matière, tout comme Panerai et son Ecotitanium utilisé dans sa récente Submersible dédiée à Mike Horn. En matière énergétique, c’est Yoox Net-à-Porter qui bénéficie d’un coup de projecteur pour être parvenu, cette année déjà, à utiliser une énergie renouvelable à 100 %.

Le développement durable ne recouvre pas forcément une approche intuitive…

Le mot de la fin revient à Matthew Kilgarriff, qui, quelques semaines avant la publication du rapport, prenait position au World Wildlife Day 2020 de Genève, sur la question des alligators de Louisiane, que l’on retrouve sous forme de bracelets de montre. « Laissez-moi vous emmener dans les marécages de Louisiane, disait-il. Là-bas, les alligators ne font que pondre leurs œufs dans la nature sauvage. Les fermiers les récoltent, les font éclore, en remettent une partie à l’état sauvage et élèvent les autres pour leur grande valeur économique. De plus, les fermes sont certifiées selon des normes qui placent le bien-être des animaux au premier plan. Comme les alligators ne font que pondre leurs œufs dans les marécages, cela permet de les garder tels quels et de préserver ces biotopes dont dépendent 8’000 espèces, parmi lesquels les alligators. Autrement, les propriétaires terriens auraient vite fait de les drainer. » Le développement durable ne recouvre pas forcément une approche intuitive…

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