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Dimier 1738, une perle manufacturière
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Dimier 1738, une perle manufacturière

jeudi, 02 mars 2017
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

En faisant l’acquisition en 2006 de Dimier 1738 à Tramelan, dans le Jura, Pascal Raffy, déjà propriétaire de Bovet depuis 2001, a mis la main sur une manufacture de mouvements capable de répondre à ses exigences extrêmes. Visite.

Tout amateur de garde-temps qui n’aurait pas une connaissance intime du vocabulaire technique mais avoue une grande soif d’apprendre peut toujours s’annoncer auprès de Dimier 1738. En quelques heures, ses lacunes seront comblées. Et pour une raison bien simple : cette manufacture située à Tramelan, dans la partie jurassienne du canton de Berne, réunit sous son toit l’ensemble des métiers horlogers et donc des interventions faites sur la matière pour réaliser les composants nécessaires à la construction d’un calibre de manufacture, décoration comprise. C’est simple, en dehors des rubis et des ressorts de barillet, tout est fait sur place, y compris les fameux spiraux que seule une poignée d’entreprises au monde est capable de produire. On entre ainsi de plain-pied dans le jargon professionnel avec les ateliers de décolletage, d’ébavurage, d’étampage ou encore de roulage des pivots, pour tomber ensuite dans le colimaçonage, l’étirage, le perlage, le berçage ou l’anglage des pièces, soit autant de techniques de décoration.

Bovet
Gravure réalisée à la main dans les ateliers de Dimier 1738 © Bovet
Rare savoir-faire

Inutile de dire que la liste est loin d’être exhaustive. Ce petit échantillonnage donne toutefois un bon aperçu de ce qui se fait sur ce site qui occupe une soixantaine de personnes. « Comme il ne n’agit pas d’une grosse unité de production, nous cherchons avant tout à développer les compétences et la polyvalence de nos collaborateurs, explique Christophe Persoz, Project Manager chez Bovet. L’objectif est d’obtenir toute la souplesse voulue dans les processus de fabrication. »

Bovet Récital 20 Astérium
Bovet Récital 20 Astérium

Et Christophe Persoz de prendre l’exemple du modèle Récital 20 Astérium, dont l’aiguille qui surplombe le ciel étoilé positionné en relief sur le cadran est d’une complexité parfaitement conforme au modèle lui-même qui se présente comme un tourbillon volant 10 jours avec voûte céleste, calendrier annuel et fonctions astronomiques. Après avoir consulté les fabricants avec lesquels Bovet a l’habitude de travailler et essuyé un refus catégorique devant l’incongruité de la tâche, les spécialistes de Dimier se sont résolus à la faire eux-mêmes. Après quelques tâtonnements, ils ont réussi à usiner la pièce sur les robots à fil de la Maison. On n’est finalement jamais mieux servi que par soi-même…

Bovet
Découpe des dentures de rouage © Bovet

Ce n’est pas le spécialiste des spiraux maison qui prétendra le contraire, lui qui œuvre à l’une des activités stratégiques de la manufacture Dimier. La production de ce petit ressort qui, couplé au balancier également produit sur place, forme l’organe névralgique de régulation du mouvement, est en effet capitale dans l’univers de la montre mécanique. D’autant plus capitale que les rares entreprises à maîtriser le processus sont toutes rattachées à des groupes horlogers et que l’on trouve les fonderies à même de livrer le précieux alliage d’acier uniquement en Allemagne et en Chine. Si l’on songe que, pour obtenir 500 kilos de cet acier destiné à façonner des spiraux, il faut partir d’un bloc sept fois plus important en termes de volume, c’est dire la difficulté qui se propage tout au long de la chaîne de production. Inutile toutefois de vouloir en connaître les détails. L’omerta horlogère ne relève pas du mythe lorsqu’il s’agit de parler « spiral ». Au-delà des opérations de tréfilage et de laminage caractéristiques du métal, de la fixation du ressort par virole et piton sur la courbe terminale, soit autant d’interventions génériques, le silence n’est pas d’acier mais d’or. Chez Dimier, la production des spiraux remonte à 2001. C’est un ancien de Nivarox (Swatch Group) qui a mis en place l’atelier et formé l’actuel spécialiste pour être ensuite happé par Rolex. Un tout petit monde !

Pascal Raffy, propriétaire de Bovet 1822
Pascal Raffy, propriétaire de Bovet 1822 © Bovet
De nouveaux jalons pour le XXIe siècle

Avec un tel outil de production dans son escarcelle, acquis par Pascal Raffy en 2006 après avoir repris Bovet en 2001, la Maison pouvait allègrement nourrir les aspirations de son propriétaire pour une horlogerie d’art et de précision. D’autant que Bovet 1822 compte également à Genève une Manufacture de cadrans et de sertissage qui perpétue notamment le métier, historique chez Bovet, de peinture miniature sur émail, sans oublier la participation détenue dans Queloz SA – Habillement horloger haut de gamme à Saignelégier, partenaire de la marque pour ce qui est des boîtiers. Le panorama ne serait pas complet sans citer le château de Môtier, ensemble architectural du XIVe siècle occupé en son temps par la famille Bovet, qui a retrouvé son lustre d’antan pour abriter aujourd’hui des services administratifs de la Maison, ses activités d’emboîtage, une partie de son service après-vente et de décoration.

Bovet
Les ateliers du Château de Môtiers © Bovet

La montée en puissance de Bovet, qui produit quelque 2 500 pièces par an, était ainsi programmée. De plus, Dimier, spécialiste des grandes complications qui ne réalisait que des mouvements avec échappement à tourbillon lors de son rachat, est aujourd’hui nettement plus diversifié avec l’arrivée du calibre Virtuoso II, mouvement développé en interne et conçu pour recevoir de nombreuses déclinaisons de fonctions.

19Thirty Dimier Bovet
La montre 19Thirty Dimier doté d'un calibre maison à remontage manuel © Bovet

L’extension de gamme que représente la collection 19Thirty en acier, dotée elle aussi d’un calibre développé chez Dimier, le tracteur maison à remontage manuel doté d’une petite seconde et d’une réserve de marche de 7 jours pour un seul barillet, complète la donne. À l’heure actuelle, Bovet est ainsi à même d’équiper près de 80 % de sa production avec des mouvements sortant de ses propres ateliers, preuve d’une verticalisation réalisée avec succès. D’autant qu’au sommet de la pyramide Bovet elle alimente des garde-temps aussi typés esthétiquement que complexes mécaniquement.

Braveheart Tourbillon volant 22 jours aiguillage inversé protégé par six brevets
Braveheart Tourbillon volant 22 jours aiguillage inversé protégé par six brevets

Avec l’Amadeo Fleurier BraveHeart en 2015, la Récital 18 Shooting Star en 2016 et la Récital 20 Astérium de cette année, la Maison a présenté un florilège de Haute Horlogerie qui a d’emblée enflammé la communauté des collectionneurs. Histoire de poser de nouveaux jalons pour cette Maisons fondée il y aura bientôt deux siècles et qui n’hésite pas à bousculer les a priori en flirtant avec le célèbre designer italien Pininfarina. Encore un « job » pour Dimier 1738 !

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