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Du besoin de créer son propre mouvement
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Du besoin de créer son propre mouvement

vendredi, 19 septembre 2008
Par Florence Noël
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Florence Noël

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5 min de lecture

En plein renouveau, la célèbre marque Universal commercialisera en octobre prochain Microtor, son calibre maison. Une étape devenue indispensable dans la vie d’une société horlogère.

« Il s’en est fallu de peu pour que l’on retarde une nouvelle fois la sortie du Microtor ». A Genève, Vincent Lapaire, jeune patron de la célèbre marque Universal – aujourd’hui propriété d’un conglomérat asiatique – n’est pas peu fier de présenter Microtor UG 101, son nouveau calibre maison. Il faut dire qu’avec la pénurie croissante des livraisons de composants et mouvements horlogers, la fabrication d’un calibre « maison » est devenue un véritable chemin de croix. « Elle est pourtant indispensable, remarque Vincent Lapaire. En particulier pour une maison horlogère de tradition comme Universal. »

Etape nécessaire dans l’évolution d’une société horlogère, la création d’un mouvement exclusif s’affiche désormais comme une question de survie. Dès 2010, Swatch Group, principal fournisseur en composants de l’industrie horlogère suisse, stoppera ses approvisionnements. « Mieux vaut être bien préparé pour affronter cette échéance. Nous ne pourrons pas sous-traiter indéfiniment», remarque le patron d’Universal.

Très appréciée des collectionneurs, la marque crée jusque dans les années 70 des modèles audacieux faisant régulièrement évoluer l’industrie horlogère.
Riche passé

Accusant près de 18 mois de retard, le calibre Microtor équipant la montre réversible Cabriolet – inspirée d’un modèle phare d’Universal conçu en 1928 – sortira donc sur le marché en octobre prochain. Objectif : répondre à un besoin de la clientèle et redonner à la marque ses lettres de noblesse. Créée en 1894 au Locle, Universal, jadis égérie de Jean Cocteau, n’a pas su traverser la terrible crise du quartz. La société jouit pourtant d’un passé horloger des plus enrichissants. Très appréciée des collectionneurs, la marque crée jusque dans les années 70 des modèles audacieux faisant régulièrement évoluer l’industrie horlogère : en 1934, les concepteurs d’Universal révolutionnent le chronographe en introduisant un second bouton-poussoir et un compteur des heures chronographe. Vingt ans plus tard, c’est au tour du mouvement à remontage automatique d’être amélioré grâce à une masse oscillant sur 360°. Breveté, ce système mènera en 1966 à la création du mouvement automatique le plus plat du monde (2,5 mm) que la marque commercialisera dans sa collection Golden Shadow.

Difficile, dès lors, d’imaginer une marque bénéficiant d’un tel savoir-faire tomber si brutalement dans l’oubli. Et pourtant, dépassée par la crise, la société peine dans les années 80 à surmonter les obstacles. Il faudra attendre l’aube du XXIe siècle pour que la marque, forte d’une injection de capitaux étrangers, amorce son réveil.

La chose est aujourd’hui sur les rails, affirme le patron d’Universal depuis 2004. Après avoir assaini puis redessiné son réseau, la marque s’étoffe progressivement sur l’Asie, l’Europe et le Proche Orient, des marchés clés pour l’horlogerie. De nouvelles collections sont présentées dès 2005, permettant à Universal de renouer avec son public. Une évolution favorable pour les nouveaux propriétaires de la société, désormais disposés à investir davantage dans leur fleuron horloger.

Asymétrie

« La conception du calibre Microtor s’inscrit dans cette seconde étape de la relance de notre entreprise, note Vincent Lapaire. Développer un calibre exclusif s’avère très long et extrêmement coûteux. Mais le jeu en vaut la chandelle », assure-t-il.

Et le résultat est là : au bénéfice de plusieurs années de recherches et de tests, le calibre Microtor UG 101 s’inscrit dans l’esprit audacieux qu’Universal affichait dans les années 50. Le remontage automatique est entraîné par une micro-masse excentrée et bénéficie d’un échappement de qualité supérieure chronomètre. Un mouvement difficile à mettre au point et qui s’intègre dans un modèle à l’architecture très complexe. Clin d’œil au modèle original du Cabriolet, le boîtier de la Microtor Cabriolet est équipé d’un système à bascule lui permettant de se retourner complètement pour ne laisser visible que le fond. « Universal a inventé ce système dans les années 20 afin de protéger les glaces de ses montres qui, à l’époque, étaient en verre et s’adressaient à une bourgeoisie active », explique le patron de la marque.

 

Le boîtier est équipé d'un système à bascule lui permettant de se retourner pour ne laisser visible que le fond © Universal Genève
Le boîtier est équipé d'un système à bascule lui permettant de se retourner pour ne laisser visible que le fond © Universal Genève

Dessinée selon une asymétrie travaillée (ndlr. proportions irrégulières), la boîte est montée sur un axe de rotation comportant deux cliquets à billes qui la positionnent correctement après avoir tournée de 180° sur elle-même. Un mécanisme ingénieux qui évite les rayures et les chocs tout en laissant apparaître le micro rotor et l’échappement au travers d’une ouverture en forme du symbole infini.

Misant sa relance sur ce modèle technologiquement abouti, Universal espère d’ici quelques années revenir sur les devants de la scène horlogère. « Nous avons déjà de nombreuses commandes enregistrées. Mais nous souhaitons procéder pas à pas, sans brûler les étapes. L’objectif est un développement contrôlé. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire », reconnaît enfin Vincent Lapaire. Prochaine étape : la renaissance d’une véritable manufacture horlogère, afin de maîtriser à nouveau la conception globale des garde-temps Universal.

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