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Dubois Dépraz investit massivement
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Dubois Dépraz investit massivement

mardi, 16 octobre 2018
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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6 min de lecture

Après les deux sites du Lieu et un troisième à Arch (BE), le spécialiste des mécanismes additionnels termine son installation dans une nouvelle unité aux Charbonnières, dans la vallée de Joux. Un agrandissement qui s’accompagne de l’achat d’équipements pour 4 millions de francs. En jeu : le marché des composants préassemblés.

« Nous avons investi 4 millions de francs en équipement ces 18 derniers mois. » Pierre Dubois est un homme d’habitude très discret. Installée dans la vallée de Joux depuis près de 120 ans, sa société Dubois Dépraz fournit en modules additionnels et en composants une bonne partie de l’industrie horlogère. Une position qui la soumet, bien sûr, à la plus stricte confidentialité. En ce jour de fin septembre cependant, le Directeur général de l’entreprise avait une bonne raison de convier la presse : après s’être développée au centre du village du Lieu pendant un siècle, après avoir construit une usine dans la zone industrielle attenante en 2002 et racheté une entreprise de décolletage à Arch (BE) en 2005, Dubois Dépraz a inauguré dernièrement sa nouvelle unité aux Charbonnières, toujours dans la vallée de Joux. « Pour nous, c’était l’occasion d’ouvrir nos portes, explique le patron. L’entreprise se développe, se modernise, et nous voulons le montrer. »

Acquis en 2015, les bâtiments des Charbonnières ont été entièrement transformés pour accueillir les départements Décoration, Préassemblage et Traitement de surface.
Acquis en 2015, les bâtiments des Charbonnières ont été entièrement transformés pour accueillir les départements Décoration, Préassemblage et Traitement de surface.

Fondée en 1901 par Marcel Dépraz, la société Dubois Dépraz a toujours été familiale et indépendante. Au fil du temps, enfants et cousins intègrent l’entreprise qui finit par adopter sa raison sociale actuelle en 1968. De nos jours, c’est la quatrième génération qui est aux commandes : Jean-Philippe Dubois comme Président du Conseil d’administration, Pierre Dubois en tant que Directeur général et Pascal Dubois comme Directeur général adjoint. Leurs cousins, Stéphane et Claude-Alain Berthoud, occupent également des postes à responsabilité. Sous leur direction, Dubois Dépraz va énormément se développer, comptant aujourd’hui une quarantaine de clients dans les trois domaines que sont les mécanismes à complications, les composants et le développement sur mesure.

Ses lettres de noblesse, la manufacture va les acquérir par le chronographe.
La montée en puissance des composants

Ses lettres de noblesse, la manufacture va les acquérir par le chronographe. En 1937, le calibre 48 est ainsi le premier module additionnel à proposer cette complication. Repris par de très nombreuses marques, il se vendra à 3,5 millions d’exemplaires jusque dans les années 1970. À cette époque intervient un événement majeur, véritable fait d’armes devenu légendaire, qui propulse Dubois Dépraz sur le devant de la scène horlogère : en 1969, pour le compte de Heuer, Breitling et Hamilton/Büren, réunies en pool, la société développe le célèbre calibre 11, premier chronographe à remontage automatique au monde. « Aujourd’hui nous pouvons le dire, c’est de notoriété publique », sourit Pierre Dubois. De conception modulaire également, doté d’un micro-rotor excentré, ce mouvement sera récompensé par une médaille de vermeil au Salon des Inventeurs de Bruxelles la même année, avant d’évoluer en calibre 12, puis 15. Mais la véritable révolution est à venir : définitivement acquise au concept de modularité, la manufacture présente en 1983 le calibre 2000, un chronographe qui s’adapte sur tous types de mouvement, mécaniques ou à quartz. Il ne faut pas attendre longtemps pour que toute l’industrie horlogère s’y intéresse. Avec 20millions de pièces vendues à ce jour, ce module est encore le produit phare de Dubois Dépraz.

Depuis quelques mois cependant, une autre activité a crû de manière exponentielle : la fabrication de composants.

Au fil du temps, d’autres complications sont venues s’ajouter à cette spécialité au rang desquelles second fuseau horaire, réveil, quantième perpétuel ou répétition minutes. Depuis quelques mois cependant, une autre activité a crû de manière exponentielle : la fabrication de composants. « Le préassemblage, limité à quelques éléments, a notamment pris beaucoup d’importance », souligne Pascal Dubois. Une évolution qui a nécessité de lourds investissements pour de nouveaux équipements, à commencer par plusieurs fraiseuses à commandes numériques ultra-modernes. L’une de ces CNC est équipée d’un bras de chargement robotisé, un instrument encore rare dans l’horlogerie. Ce parc machines a pris place à La Combe, une zone industrielle installée à l’entrée du village du Lieu. Emblématique de ces manufactures suisses plantées au milieu des pâturages sur fond de sapins, ce site abrite l’unité de production de composants, hormis les pièces de décolletage – pignons et roues – produites à Arch.

De la grande série pour la Haute Horlogerie

Achetée en 2015 à une société locale, puis entièrement transformée, l’antenne des Charbonnières vient juste d’accueillir les derniers ateliers Dubois Dépraz. Ceux-ci sont dédiés essentiellement à la décoration main des mouvements de Haute Horlogerie, aux traitements de surface et au prémontage. C’est dans ce dernier département qu’est venu prendre place, tout récemment, un petit bijou de technologie. De loin, le cube vitré ne paie pas de mine. En approchant, on découvre toutefois qu’il protège un bras à reconnaissance optique, capable de saisir et assembler jusqu’à cinq composants différents. « Avec cette machine, nous sommes à même de réaliser des séries de 500’000 mobiles d’une qualité exceptionnelle, précise Pascal Dubois. Avant, la seule solution consistait à souffler les pièces pour les chasser. Mais cela laissait des marques sur les composants. Avec cette méthode, nous travaillons pour des marques haut de gamme. » Coût de cette avancée technique : 700’000 francs.

Ce cube abrite un bras à reconnaissance optique capable de saisir et assembler jusqu’à cinq composants différents.
Ce cube abrite un bras à reconnaissance optique capable de saisir et assembler jusqu’à cinq composants différents.

Répartie sur quatre sites, Dubois Dépraz emploie aujourd’hui quelque 350 personnes. Un éclatement « qui a le charme d’une usine grandissant par étapes, mais qui est parfois difficile à gérer », admet Pierre Dubois. Une situation qui traduit assurément le profond attachement de la manufacture pour sa Vallée, berceau des horlogers-paysans et site d’implantation de marques aussi prestigieuses qu’Audemars Piguet, Jaeger-LeCoultre, Breguet ou Blancpain.

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