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En horlogerie, les patronymes font flores
Modes & Tendances

En horlogerie, les patronymes font flores

vendredi, 23 juillet 2010
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Quoi de plus naturel pour un maître horloger voulant lancer sa marque que de le faire sous son propre nom, gage de savoir-faire. D’autant que la plupart d’entre eux se sont « fait la main » en travaillant au service des grandes Maisons.

Christophe Claret vient de le dire haut et fort : la marque portant son propre nom est définitivement lancée. Ce que l’on prenait pour une initiative unique, à savoir le lancement de la Christophe Claret DualTow, pièce anniversaire commémorant les 20 ans de la manufacture, s’est finalement mué en une démarche à beaucoup plus long terme. Après avoir créé Jean Dunand avec Thierry Oulevay, le maître horloger n’envisageait toutefois pas pareille éventualité. « Le choix d’avoir été co-actionnaire de la société Jean Dunand avait comme objectif de réaliser des projets trop fous pour nos marques clientes et ainsi pouvoir réaliser des produits auxquels je tenais, expliquait-il récemment. Je me suis toujours refusé à lancer la marque Christophe Claret pour des questions de choix personnels car une telle décision aurait demandé que je passe au moins une semaine par mois dans le monde pour promouvoir mon nom, ce à quoi je me suis toujours refusé. D’autre part et en toute modestie, nous avons un tel pouvoir de créativité, qu’une seule marque ne pourrait absorber autant de produits différents. » Plus rien de tel aujourd’hui, trois nouveaux mouvements sont déjà en phase de développement sous l’égide de la nouvelle marque, soit un programme déjà agendé sur les quatre prochaines années.

Christophe Claret «Dualtow» © Christophe Claret
Christophe Claret «Dualtow» © Christophe Claret
Des noms qui font merveille

Cette montée en puissance, nombre d’horlogers l’ont faite ces dernières années, la plupart d’entre eux ayant choisi leur propre patronyme pour signer leurs garde-temps. Quoi de plus naturel en effet que de miser sur son nom et sur l’aura dont il dispose pour lancer sa marque. Car généralement, les professionnels qui tentent l’aventure ont à leur actif des réalisations d’exception exécutées pour le compte de tiers ou de longues années passées dans la restauration de pièces anciennes, voire les deux. Toute une génération de marques d’horloger a ainsi émergé depuis les années 90, à l’instar d’Alain Silberstein, Andreas Strehler, Antoine Preziuso, Beat Haldimann, François-Paul Journe, Greubel Forsey, Kari Voutilainen, Paul Gerber, Michel Parmigiani, Philippe Dufour, Richard Mille, Thomas Prescher ou Vianney Halter, entre autres, plusieurs d’entre eux ayant notamment passé par l’Académie horlogère des créateurs indépendants.

Ces exemples n’ont pas manqué de faire des émules au sein de la branche. On peut donc désormais compter, outre Christophe Claret, sur de nouvelles signatures comme celle de Peter Speake-Marin qui présentait sa Marine 1 cette année à Bâle, sur celle de Lionel Ladoire, de Maximilian Büsser & Friends, de Michael Bittel ou encore de Romain Gauthier. Rien d’étonnant finalement si l’on considère l’attrait qu’exercent les Maisons séculaires de la branche avec des montres qui évoquent immanquablement les génies horlogers du passé comme Audemars Piguet, Breguet, Chopard, Jaeger-LeCoultre, Lange & Söhne, Patek Philippe ou Vacheron Constantin, pour n’en citer que quelques uns.

Il faut un bon produit et une bonne histoire, l’un ne va pas sans l’autre.
Steven Holzman
Des nouvelles « stars »

A côté de ces légendes, le secteur dispose donc aujourd’hui de ses nouvelles « stars » passées maîtres dans l’exercice des complications, dans la mise en abîme des mouvements, sans oublier le soin apporté aux finitions qui font appel aux métiers d’art comme la gravure ou l’émaillage. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’on voit aujourd’hui naître des initiatives comme celle des Maîtres du Temps qui réalisent une véritable mise en scène autour des horlogers à la base des créations de la Maison, horlogers dont la réputation n’est bien évidemment plus à faire, à l’image de Christophe Claret, Roger Dubuis, Peter Speake-Marin et Daniel Roth qui ont tous œuvré aux Chapter One et Chapter Two. «Pour faire du bon business, l’équation est en fait très simple, explique Steven Holzman, fondateur de la société. Il faut un bon produit et une bonne histoire, l’un ne va pas sans l’autre. Nous avions les compétences pour réaliser de très bons produits, il ne restait plus qu’à raconter une jolie histoire…» Histoire notamment exposée sous la forme d’un court métrage réalisé par des cinéastes britanniques indépendants qui met en scène les créateurs de manière totalement cinématographique.

C’est Maximilian Büsser qui a fait œuvre de pionnier en la matière chez Harry Winston, faisant appel aux grands talents du moment pour lancer la gamme Opus de la Maison. Celle-ci rend ainsi hommage aux horlogers qui apparaissent au grand jour, contrairement à la coutume voulant que leur nom soit généralement tu au profit de la marque qui les a commandités. Avec sa nouvelle structure MB&F, il a poursuivi exactement dans la même voie pour ses Horlogical Machines dont le nom de toutes les personnes ayant contribué au projet sont dument répertoriés à chaque nouvelle aventure. «Je ne suis finalement qu’un générateur d’idées, commente-t-il. Seul, je n’aurais pas pu les concrétiser. Ainsi se crée un cercle vertueux : les artisans avec lesquels je travaille me permettent de réaliser mes rêves et je leur offre leur première plate-forme de communication.»

La Confrérie Horlogère, créé par Mathias Buttet du temps de BNB, rebaptisé Confrérie Horlogère Hublot depuis, relève de la même philosophie. Le but était de donner l’opportunité aux jeunes horlogers de lancer leur propre marque avec l’aide de l’entreprise. Pour Hublot, il s’agit aujourd’hui d’un département « hautement spécialisé dans la création de complications horlogères » qui a déjà produit la Liberty, réinterprétation de la montre de poche sous la forme d’une cartouche qui abrite un tourbillon. A n’en pas douter, le secteur horloger va perpétuer cette tradition qui associe souvent un garde-temps au nom de son ou ses concepteurs, question de personnaliser une production qui cultive les rapports de proximité.

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