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Culture

Enchères de novembre : 1’275 garde-temps passeront sous le marteau à Genève

mercredi, 3 novembre 2010
Par Danièle Chambas
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Danièle Chambas

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11 min de lecture

Trois jours de vente pour trois maisons en lice : Christie’s, Sotheby’s et Antiquorum, qui, deux fois par an, permettent à Genève de conserver sa place de leader mondial des ventes aux enchères de Haute Horlogerie. Le record de mai 2010 – CHF 42 millions au total – sera-t-il battu ? Réponse le 15 novembre.

C’est désormais une tradition ! En mai et en novembre, les salons de trois palaces genevois, tels de luxueux écrins, accueillent trois maisons de vente aux enchères mondialement connues. Les 13, 14 et 15 novembre, des collectionneurs, marchands et enchérisseurs venus des cinq continents feront le voyage à Genève, même si les enchères par téléphone ou en ligne seront particulièrement actives. Ils aiment vivre in situ cette ambiance si particulière, à la fois feutrée et bon enfant, rythmée de temps à autre par des applaudissements lorsqu’un lot ayant fait l’objet d’une bataille féroce est adjugé au plus motivé ou au plus argenté. Bataille soutenue d’ailleurs par le « show » et les encouragements du commissaire-priseur, dont la mission consiste à faire monter l’enchère le plus haut possible avant de laisser retomber son marteau.

Patrizzi & Co suspend ses activités en Europe et aux États-Unis

À noter que, pour cette vente automnale, Osvaldo Patrizzi, la dernière venue et quatrième maison, a suspendu ses activités en Europe et aux États-Unis pour se refaire une santé financière et se consacrer au marché chinois. En effet, si autrefois les acheteurs étaient presque tous européens, américains et moyen-orientaux, l’Asie et surtout la Chine sont désormais l’eldorado de la Haute Horlogerie. Les collectionneurs de l’Empire du Milieu, de plus en plus nombreux et toujours plus riches, sont prêts à payer des fortunes pour des pièces exceptionnelles, voire uniques, et d’une qualité irréprochable. Les préférences des Européens et des Américains, toujours bien présents, vont vers les montres à grandes complications et les pièces dites « historiques » ayant appartenu à des personnes connues telles que des membres de familles royales, des sportifs de haut niveau, des magnats de l’industrie, des musiciens, des acteurs, des chanteurs… Cerise sur le gâteau : si la pièce est restée dans la même famille, voire oubliée dans un coffre avec son écrin et son certificat d’origine, sa valeur en est décuplée.

Pouvoir mettre un tel trésor dans son catalogue, tel est le rêve, parfois réalisé, de tout commissaire-priseur qui, l’année durant, parcourt le monde à l’affût de ces montres d’exception qui flirteront avec les millions. Un métier passionnant qui, en plus des qualités d’expert, requiert du flair, un réseau relationnel très dense et un talent d’acteur certain pour mener les enchères. Côté marques, depuis plus d’une décennie, Patek Philippe caracole en tête des records de vente, suivi par Rolex et quelques autres dont Breguet, Vacheron Constantin, Cartier, Audemars Piguet, Jeager-LeCoultre, IWC et Longines. Si, durant le printemps 2009, un ralentissement s’est fait nettement sentir, avec des collectionneurs qui hésitaient à vendre et donc à acheter, dès l’automne la reprise a pointé le bout de son nez. Les ventes genevoises de mai 2010, soit CHF 42 millions de francs, dont 45 % réalisés par Christie’s, ont démontré que la confiance était de retour dans ce secteur si particulier.

Aurel Bacs, le coprésident international du département montres de Christie’s qui, en mai 2010, a conduit seul les enchères pour un total de 23 millions et 95,9 % des lots adjugés, propose une très belle sélection de 388 lots. Avec une estimation globale extrêmement raisonnable de CHF 13,2 à 17 millions, toutes ces pièces dûment contrôlées passeront sous le marteau en une journée. Il s’agit essentiellement de montres-bracelets, parmi lesquelles 60 Patek Philippe, la « spécialité » de Christie’s, 33 Rolex et 12 Cartier, ainsi qu’une soixantaine de montres de poche, dont certaines de très belle facture, émaillées, fabriquées en Europe pour les marchés chinois et ottoman au XIXe siècle.

La star de la vente sera la très attendue et exceptionnelle Patek Philippe réf. 2523, World Time Heures universelles en or rose de 1953, équipée d’un cadran avec disque émaillé signé « Gobbi Milano » (lot 114). Oubliée pendant 50 ans, c’est la première fois qu’elle réapparaît sur le marché. Estimée entre CHF 1,5 et 2,5 millions, elle pourrait bien battre un record, mais certainement pas celui de la Patek Philippe réf. 1527 de 1940 adjugée en mai dernier pour CHF 6,2 millions ! Le troisième volet de la collection milanaise « A connoisseur’s Vision » propose 10 magnifiques Patek Philippe, dont la réf. 1563, un chrono en or jaune de 1943 avec échelle de pulsation (lot 328, estimation : CHF 600’000-1 million). Cette pièce n’a pas été vue sur le marché depuis 20 ans. Un modèle très original dont il existe seulement deux autres exemplaires, l’un d’entre eux ayant appartenu à Duke Ellington.

 

Christie’s lot 328: Patek Philippe ref. 1563, chrono or jaune, 1943, cadran deux tons avec échelle de pulsation. (Est. CHF 600'000 - 1'000'000) © Christie’s
Christie’s lot 328: Patek Philippe ref. 1563, chrono or jaune, 1943, cadran deux tons avec échelle de pulsation. (Est. CHF 600'000 - 1'000'000) © Christie’s

Toujours dans la même collection, la réf. 591 en or rose de 1941, équipée d’un chronographe à échelle télémétrique (lot 232), un modèle unique estimé CHF 150’000-250’000, ainsi que la réf. 2499, 1954, arborant un superbe cadran laqué noir avec chiffres Breguet (lot 355), estimée CHF 500’000-800’000. À ne pas rater également, cet étrange Rolex « Chimère » au cadran en émail cloisonné polychrome et « sans heure » (lot 380), réf. 8651, 1952, estimée CHF 60’000-80’000, tout comme cette Cartier, une pièce unique (lot 275, estimation : CHF 50’000-70’000), avec un mouvement squelette et une lunette octogonale sertie de 18 rubis.

Vente : lundi 15 novembre à 9 h 30 et 14 h 30, Four Seasons Hôtel des Bergues
Exposition sur place :

Vendredi 12 novembre de 14 h à 19 h
Samedi 13 et dimanche 14 novembre de 10 h à 19 h
Exposition Shanghai : Four Seasons les 27 et 28 octobre
Exposition Hong Kong chez Christie’s : du 30 octobre au 2 novembre

Fidèle depuis trois ans à son « Evening Sale » du dimanche, Geoffroy Ader, président du département européen de Haute Horlogerie de Sotheby’s, met à l’encan 244 lots estimés à plus de CHF 5,5 millions. Spécialisé dans l’horlogerie ancienne et tout particulièrement dans les montres de poche émaillées, Geoffroy Ader qualifie sa sélection d’« exotique », car elle présente toutes les facettes de l’horlogerie. Avec une thématique qui lui tient à cœur : les pièces fabriquées en Europe pour les marchés chinois et turc.
Concernant le marché chinois, le lot phare (lot 138) est un exceptionnel automate réalisé vers 1800 et attribué à Henri Maillard, l’inventeur de l’automate à ressort activé. Il présente une incroyable chenille qui bouge en ondulant, en or et émail, sertie de pierres et de perles (estimation : CHF 350’000-450’000), que Geoffroy Ader avoue n’avoir jamais vue auparavant. Mis à l’encan juste avant et toujours fabriqués pour le marché chinois (lots 136 et 137) : une montre à lorgnette musicale en or et émail sertie de diamants et de perles des Genevois Piguet et Meylan (vers 1800), qui devrait partir pour CHF 150’000-200’000, ainsi qu’un couteau, musical lui aussi, en or et émail, serti de perles (estimation : CHF 125’000-175’000). À ne pas perdre de vue également, le lot 135 : une paire de montres à secondes au centre en or, en émail et pierres dures, de William Ilbery (Londres, 1800), estimée CHF 80 000-120 000.

À surveiller de près, une vingtaine de montres de poche émaillées au décor raffiné créées pour le marché turc, dont le lot 140, fabriqué par Auguste Courvoisier (La Chaux-de-Fonds), représentant le cimetière d’Eyüp, à Istanbul (estimation : CHF 15’000-20’000). Autre originalité : une montre de carrosse de Gautrin, en argent avec réveil, ornée d’une représentation de Chronos, le dieu du Temps (lot 145, estimation : CHF 60’000-80’000).

Parmi la centaine de montres-bracelets qui passeront sous le marteau dans la soirée, deux chronos Patek Philippe avec calendrier et phases de lune retiennent l’attention. Il s’agit du lot 243 en or blanc de forme « coussin », réf. 5020, 1994 (estimation : CHF 120’000-150’000), ainsi que le lot 228, réf. 2499, 1973, qui devrait partir pour CHF 200’000-250’000.

Vente : dimanche 14 novembre à 20 h, Hôtel Beau-Rivage
Exposition sur place :

Vendredi 12 novembre de 15 h à 18 h
Samedi 13 et dimanche 14 novembre de 10 h à 18 h

Par rapport aux 350 lots de septembre, Antiquorum a presque doublé son offre, en atteignant 643 lots en octobre, juste avant le bouclage du catalogue ! Tous seront proposés durant deux après-midi et comprennent, en plus des montres-bracelets, environ 50 pendules de table et pendulettes, une soixantaine de montres de poche et un certain nombre d’outils horlogers, parmi lesquels quelques établis. Quasiment toutes les marques sont au rendez-vous, et pour la très grande majorité à des prix d’estimation extrêmement accessibles. En tête, Rolex, avec 80 lots, suivi par les 68 lots Omega, Patek Philippe (44  lots), Vacheron Constantin (27 lots), Cartier (15 lots), IWC (11 lots) et Panerai (8 lots). Disons qu’il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses (même une Swatch, édition limitée, lot 572, estimée CHF 750-1’200). Pour mettre l’eau à la bouche des amateurs, la vente débute avec 53 modèles Omega en guise d’apéritif.

La cerise sur le gâteau sera le lot star, le 643e et dernier : une rarissime Patek Philippe réf. 2499 en or rose, 1971, 3e série, calendrier perpétuel et phases de lune, estimée CHF 800’000-1,2 million. Antiquorum joue aussi sur la fibre historique en proposant cinq modèles Rolex Oyster Perpetual (lots 616-620) ayant appartenu à sir Edmund Hillary, le vainqueur de l’Everest, vendus par sa veuve. Le modèle de 1953, année de l’expédition, lui avait été offert par Rolex Bosecks à Calcutta juste après son ascension (lot 620, est. CHF 10’000-20’000). Dans la même veine, la famille d’Alfred Gregory, photographe de l’expédition, met en vente la Rolex réf. 6098, acier avec fond gravé, qu’il a portée jusqu’à… 350 mètres du sommet (lot 621, est. CHF 20’000-30’000), accompagnée d’un piolet de l’expédition ainsi que de cinq photos inédites. Autre bijou de cette vente, une montre-bague offerte à Napoléon Ier, forme navette, un des deux seuls exemplaires connus, datant de 1810 avec répétition des quarts sur cloche des frères Gounouilhou à Genève. À noter aussi, une montre de poche chrono Audemars Piguet en platine (lot 623), calendrier perpétuel, phases de lune, estimée CHF 250’000-350’000.

Antiquorum lot 620: Rolex Oyster ref. 6084, 1953, offerte par Rolex Bosecks Calcutta à Sir Edmund Hillary le vainqueur de l'Everest après son exploit et vendu par sa veuve. (Est. CHF 10'000-20'000) © Antiquorum
Antiquorum lot 620: Rolex Oyster ref. 6084, 1953, offerte par Rolex Bosecks Calcutta à Sir Edmund Hillary le vainqueur de l'Everest après son exploit et vendu par sa veuve. (Est. CHF 10'000-20'000) © Antiquorum

Ventes : samedi 13 novembre à 14 h et dimanche 14 novembre à 14 h, Mandarin Oriental Hôtel du Rhône
Exposition : 2, rue du Mont-Blanc, Genève
Du mercredi 10 au vendredi 12 novembre de 10 h à 19 h
Samedi 13 novembre de 10 h à 18 h
Dimanche 14 novembre de 10 h à 12 h
Expositions : Shanghai le 2 novembre, Hong Kong le 4 novembre et Zhuhai le 6 novembre

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