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Culture

Enchères genevoises : l’inexorable montée en puissance de Rolex

mercredi, 08 mai 2013
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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11 min de lecture

La cote de la marque genevoise n’en finit pas de monter. Une situation induite par les sommets déjà atteints par Patek Philippe. Entre la Sky Moon Tourbillon de Patek Philippe proposée par Antiquorum (estimée entre CHF 1 et 1,5 million) et le chronographe à rattrapante réf. 4113 de Rolex présenté par Christie’s (estimé entre CHF 700’000 et 1,2 million), les cœurs balancent. Les amateurs d’horlogerie ancienne, quant à eux, devront faire le voyage vers Francfort chez Auctioneers Dr. Crott.

Un grand et beau choix de pièces de collection modernes et de montres vintage : c’est ainsi que se résume la session de printemps des ventes aux enchères horlogères genevoises qui débute le 11 mai. Un peu trop commercial, se plaindront les amateurs de garde-temps anciens, qui devront, pour trouver leur bonheur, se rendre plutôt à Francfort, à la vente organisée par Auctioneers Dr. Crott. Il n’empêche que les trois Maisons actives dans la cité de Calvin sont parvenues à réunir une impressionnante sélection de montres-bracelets avec, notamment, la plus grande série de Rolex vintage jamais offerte à l’encan chez Christie’s, une Patek Philippe Sky Moon Tourbillon réf. 5002 chez Antiquorum (estimation CHF 1 à 1,5 million) ou encore un très bel ensemble d’Ingenieur IWC chez Sotheby’s. En trois jours, ce sont près de 1’300 lots qui seront proposés.

Sotheby’s first

Après avoir changé plusieurs fois de jour ces dernières années, c’est finalement pour la première fois que Sotheby’s a choisi un samedi. La Maison propose quelque 400 lots, en majorité et à l’instar de ses concurrentes des montres vintage et modernes. « C’est un marché très porteur, analyse Arnaud Tellier, ancien directeur du Patek Philippe Museum, fondateur du cabinet d’expertise genevois Tellier Fine Arts et grand expert des ventes aux enchères. Les collectionneurs ont changé de profil depuis quelques années. Ils veulent aujourd’hui investir dans des pièces qu’ils peuvent porter. C’est la raison pour laquelle, d’une part, les prix des montres-bracelets non étanches ont chuté de moitié et, d’autre part, les objets anciens sont devenus plutôt rares ou confinés à des ventes relativement spécialisées. »

Outre une jolie sélection de Rolex Oyster, parmi lesquelles une série parée de cadrans colorés à nouveau très à la mode, Sotheby’s fait également la part belle à la star des enchères, la marque Patek Philippe. À l’exemple de ce chronographe, le premier à résister à l’eau réalisé par la manufacture genevoise, une pièce rare en acier réf. 1463 datant de 1958 dont le cadran à deux tons ne manquera pas d’intéresser les collectionneurs (lot 363, est. CHF 200’000-300’000). Mais le modèle le plus intéressant de cette vente est certainement la réf. 5029P, une répétition minutes parée d’un boîtier d’officier en platine, lancée en 1997 pour l’inauguration du nouveau siège de la marque à Plan-les-Ouates. « Cette montre fait partie d’une série limitée de 10 exemplaires, précise Arnaud Tellier. On va sans doute se l’arracher ! » Portant le numéro de lot 182, elle est estimée entre CHF 350’000 et 450’000. À noter au passage, deux pièces ayant appartenu à l’écrivain belge Georges Simenon : une montre-bracelet réf. 2591 en or jaune de 1961 (lot 78, est. CHF 3’000-5’000) et une grande montre rectangulaire réf. 3603 en or blanc avec seconde au centre de 1975 (lot 79, est. CHF 7’000-10’000).

Toujours dans le registre des montres-bracelets contemporaines, Sotheby’s propose une intéressante série de 15 exemplaires de l’IWC Ingenieur. Sorti pour la première fois en 1955, ce modèle était conçu pour résister notamment aux champs magnétiques. Une première version fut commercialisée dans les années 1960, suivie d’une seconde génération dans les années 1970. En 1976, c’est le designer Gérald Gent, qui avait déjà provoqué un petit séisme quatre ans plus tôt en dessinant l’emblématique Royal Oak d’Audemars Piguet, qui lui donne une deuxième jeunesse en lui offrant des lignes nettement plus sportives. Le lot 240 (est. CHF 8’000-10’000), une grande Ingenieur SL réf. 1832 en acier, en est d’ailleurs le résultat.

Enfin, la pièce la plus intéressante au chapitre de l’horlogerie ancienne chez Sotheby’s est certainement cette montre de poche antique octogonale en or, pierres semi-précieuses et perles, réalisée pour le marché chinois vers 1880 et signée William Ilbery. « La Maison Ilbery, de Londres, a fait produire à Fleurier, pour le marché chinois, un petit nombre de montres de formes diverses, explique Arnaud Tellier. Le décor sur le boîtier était réalisé avec des plaques de pierre dure, comme la cornaline ou, comme c’est le cas ici, l’agate herborisée qui révèle un végétal pris dans le minéral. Moins de 12 montres de ce genre sont à ce jour connues. » Son estimation est comprise entre CHF 120’000 et 180’000.

Sotheby’s, lot 312. Ilbery N° 5983. Montre de poche antique octogonale en or, pierres semi-précieuses et perles, réalisée pour le marché chinois vers 1880, est. CHF 120'000-180’000 © Sotheby’s
Antiquorum for main course

Dimanche est le jour d’Antiquorum. Bien que réunissant le plus grand nombre de lots, 518 au total, la sélection laisse les connaisseurs perplexes. La Maison a cependant quelques arguments de poids. Elle présente en effet la plus importante série de Rolex du week-end, soit 120 pièces, dont une belle section de Daytona pour le cinquantenaire du modèle. Elle possède surtout l’objet sur lequel vont certainement se porter tous les regards durant le week-end : la Patek Philippe Sky Moon Tourbillon réf. 5002, une pièce unique en or rose. Montre-bracelet la plus complexe jamais produite par la manufacture, pièce de collection par excellence, elle propose pas moins de 12 complications sur deux cadrans : quantième perpétuel avec aiguille de date rétrograde, indication du jour, du mois, de l’année bissextile et du cycle de la lune, répétition minutes, tourbillon, carte de la voûte céleste, heure sidérale, phases et mouvement angulaire de la lune. Portant le numéro de lot 225, elle est estimée entre CHF 1 et 1,5 million.

Sweet Christie’s

Christie’s, qui aura le privilège de refermer cette session de printemps, présente sans doute le choix le plus intéressant de Patek Philippe (100 pièces) et de Rolex (115 pièces) du week-end, lesquelles représentent 60 % des 360 lots mis à l’encan. Ainsi, cette Patek Philippe très recherchée, un calendrier perpétuel avec phase de lune en or blanc réf. 3448 de 1981. « Sa particularité est qu’elle indique l’année bissextile dans un petit guichet entre 3 heures et 4 heures, souligne Arnaud Tellier. Or, les premiers calendriers perpétuels incluant cette fonction ne datent, chez Patek, que de 1982 et portent la référence 3450. Cette pièce doit certainement être un modèle de transition. » Une petite subtilité qui porte son estimation entre CHF 800’000 et 1,4 million.

Rolex n’est pas en reste : Christie’s insiste même sur sa sélection vintage, « la plus précieuse et historiquement la plus importante qu’elle n’ait jamais eu à présenter ». Exemple le plus significatif : ce chronographe à rattrapante réf. 4113 de 1942. Première montre-bracelet « split-seconds chronograph » de l’histoire, existant à 12 exemplaires seulement, elle est considérée par les collectionneurs comme la plus rare du genre. C’est avec ce même modèle que Christie’s avait dépassé pour la première fois le seuil du million de dollars pour une Rolex en mai 2011. La pièce en question, lot 88, est estimée entre CHF 700’000 et 1,2 million. « Les Patek Philippe ayant atteint des sommets en termes de prix, la cote des Rolex monte de plus en plus, prévient Arnaud Tellier. Vu le nombre de pièces produites par cette Maison chaque année, il s’agit de faire attention à ne pas tomber dans le piège de la bulle spéculative. »

Enfin, Christie’s propose également quelques beaux spécimens de montres de poche parmi lesquelles cette répétition des quarts extra-plate en or jaune avec date, jours, phase de lune et indication de la réserve de marche sur un cadran de type régulateur. Signée Hunt & Roskell, Londres, cette pièce possède l’inscription « Cole » gravée sous le cadran. « James Ferguson Cole (ndlr : 1799-1880) était l’un des horlogers anglais les plus doués de son époque, raconte Arnaud Tellier. La notice explique qu’il était très ami avec Sylvain Mairet, fameux horloger neuchâtelois, apprenti et continuateur de Jacques-Frédéric Houriet. Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est que le mouvement de ce garde-temps est un calibre réalisé par Mairet, à qui Cole faisait régulièrement appel. » Ce lot, estimé entre CHF 25’000 et 35’000, avait déjà été présenté il y a quelques mois à New York à un prix nettement supérieur.

Christie’s, lot 88. Rolex réf. 4113 de 1942, première montre-bracelet « split-seconds chronograph » de l’histoire, est. CHF 700’000-1,2 million © Christie’s
Dr. Crott for passion

Habituellement distante d’une semaine, la vente d’Auctioneers Dr. Crott fait cette année les frais du déplacement inopiné de la session genevoise, à l’origine prévu le week-end suivant. Les passionnés devront ainsi choisir entre Francfort et la cité de Calvin. Loin de rivaliser avec ses concurrentes en ce qui concerne les montres-bracelets, la Maison allemande propose cependant un choix de grande qualité dans le registre des montres de poche et des émaux. « Elle est parmi les rares à avoir de réelles compétences dans ces domaines, souligne Arnaud Tellier. » S’il ne fallait retenir que deux pièces parmi les quelque 600 proposées, ce serait d’abord cette montre à gousset, boîtier or, parée d’émail miniature recto verso signée Jean Fazy & Fils, Genève. Réalisée vers 1810, elle représente le portrait d’une femme dont le chapeau en plumes est rehaussé d’une parure en or et pierres précieuses. Une pression sur le poussoir fait pivoter cette parure, laissant alors apparaître un guichet indiquant les heures. Ce garde-temps, « digne d’un musée », selon Arnaud Tellier, faisait partie de la collection du roi Farouk I d’Égypte. Estimation : EUR 66’000 à 80’000.

Une extraordinaire et très drôle tabatière en or rose et jaune pour finir, dont le couvercle en émail genevois représente une scène cocasse de six angelots nus occupés à forger les flèches de l’amour. Datée de la première moitié du XIXe siècle, elle porte l’inscription « Profitons du temps ». Une pièce très rare et de toute beauté, estimée entre EUR 60’000 et 70’000.

Cet article a été réalisé avec le concours d’Arnaud Tellier, fondateur de Tellier Fine Arts.

Sotheby’s
Samedi 11 mai, 10 h et 14 h
Hôtel Beau-Rivage
Quai du Mont-Blanc 13, 1201 Genève
> www.sothebys.com

Antiquorum
Dimanche 12 mai, 10 h
Mandarin Oriental
Quai Turrettini 1, 1201 Genève
> www.antiquorum.com

Christie’s
Lundi 13 mai, 10 h et 14 h 30
Four Seasons Hôtel des Bergues
Quai des Bergues 33, 1201 Genève
> www.christie’s.com

Auctioneers Dr. Crott
Samedi 11 mai, 12 h
Sheraton Frankfurt Hotel & Towers
Hugo-Eckener-Ring 15, Frankfurt am Main
> www.uhren-muser.de

Article paru dans le WtheJournal.com

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