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Enchères genevoises : Phillips frappe très fort
Culture

Enchères genevoises : Phillips frappe très fort

vendredi, 22 mai 2015
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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5 min de lecture

Pour la vente inaugurale du nouveau département Montres de Phillips, Aurel Bacs, de retour aux affaires sous les couleurs de cette maison anglo-américaine, a purement et simplement écrasé ses concurrents.

Tout le monde l’attendait au tournant. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas déçu. Ancienne star mondiale de Christie’s, disparu – ou presque – des écrans radars depuis 18 mois, Aurel Bacs est réapparu chez Phillips, où il a inauguré les 9 et 10 mai dernier à Genève le tout nouveau département Montres de la maison anglo-américaine. Un retour aux affaires (lire ci-dessous) marqué par un résultat extraordinaire de près de CHF 30 millions, loin devant la concurrence (CHF 6,5 millions pour Antiquorum, CHF 9 pour Sotheby’s et CHF 15,5 pour Christie’s), que l’on hésiterait presque à reléguer au rang de faire-valoir. Ce démarrage fulgurant du nouveau venu Phillips dans le domaine des enchères horlogères a constitué le véritable événement de cette session genevoise de printemps. Jamais auparavant les rapports de force n’avaient été autant contrastés, révélant clairement, à la lumière d’une stratégie implacable, les faiblesses des uns, voire le déclin des autres.

Puissance hégémonique

Une seule comparaison pour illustrer ce propos : sur toute cette session genevoise, 1 434 lots ont été éparpillés pour la somme de CHF 60,7 millions, soit une moyenne par objets de quelque CHF 42 000. Par Maisons, cette moyenne s’établit à CHF 19’500 chez Antiquorum, CHF 38’700 chez Sotheby’s, CHF 52 200 chez Christie’s et… CHF 103’000 chez Phillips. Avec presque deux fois moins de lots que la première nommée, la dernière a réalisé un chiffre d’affaires cinq fois plus élevé. Autre signe qui ne trompe pas : les invendus. Le taux a atteint 33 % chez Antiquorum (168 pièces sur 504), 30 % chez Sotheby’s (99 sur 332), 5 % chez Christie’s (17 sur 314) et seulement 2,5 % chez Phillips (7 sur 284).

Un prix qui en fait la montre en acier la plus chère jamais vendue aux enchères

Ces quelques données statistiques mettent en évidence la logique commerciale extrêmement agressive et efficace mise en place par Phillips. Le nombre de lots d’abord : Aurel Bacs n’a jamais caché son agacement face à la multiplication des objets proposés à l’encan. À l’inverse de certains concurrents, il a préféré réduire le nombre de pièces, passant même sous la barre des 300. Corollaire : la qualité est très élevée, à l’image de la sévérité de la sélection. Troisième ingrédient du succès : l’assortiment. Autant le dire tout de suite, les pièces historiques de musée ne sont pas la spécialité de Phillips ! Alors que la marque Rolex représente ailleurs entre 15 et 28 % des modèles, le taux monte ici à… 69 % ! Avec, en sus, 16 % de Patek Philippe, cela donne 85 % de lots produits par les deux blockbusters des enchères horlogères mondiales. Quatrième clé : la dramaturgie. Deux vacations crépusculaires, de courte durée, ont rythmé cette vente dont l’une, thématique, fut dédiée à 60 Rolex Day-Date. Une dynamique tout à fait particulière, propice à maintenir une intensité élevée des échanges. Enfin, détail qui n’en est pas un : les deux catalogues de Phillips réservent une double page à chaque montre avec de multiples gros plans, alors que d’autres en mettent trois par page. La plus belle présentation que l’on ait vue depuis longtemps, a-t-on pu entendre.

Quatre lots à plus d’un million

Et cette machine de guerre fonctionne à merveille : la pièce la mieux adjugée de cette session de printemps l’a été chez Phillips naturellement, pour CHF 4,645 millions. Il s’agit de l’un des deux exemplaires connus (l’autre est au Patek Philippe Museum) d’une montre de médecin en acier Patek Philippe datée de 1927 avec chronographe mono-poussoir et pulsomètre (lot 123, est. CHF 1-2 mio). Un prix qui en fait la montre en acier la plus chère jamais vendue aux enchères. Trois autres pièces ont dépassé le million de francs chez Phillips : une Patek Philippe de 1948 en or rose réf. 1518 proposant les fonctions calendrier perpétuel, chronographe et phases de lune, cédée pour CHF 1,445 million (lot 165, est. CHF 800’000-1,4 mio) ; un chronographe Rolex Cosmograph « Albino » de 1971 en acier ayant appartenu à Eric Clapton, arrachée à CHF 1,325 million, record toutes catégories pour une Rolex (lot 214, est. CHF 500’000-1 mio) ; et un très rare triple calendrier et phase de lune en or rose de 1953 signé Rolex, parti pour CHF 1,001 million (lot 118, est. CHF 250’000-450’000). Ailleurs, seule Christie’s parvient à dépasser ce fameux million avec une Patek Philippe Sky Moon Tourbillon réf. 5002P de 2006 en platine dotée de 12 complications, adjugée à CHF 1,085 million (lot 136, est. CHF 800’000-1,3 mio).

Rolex Day-Date « Big Kahuna » de 1958 en platine, cédée chez Phillips pour CHF 473'000 francs, record mondial pour une Day-Date

Même feu d’artifice pour la vacation thématique « Glamorous Day-Date » : en un peu plus de deux heures et dans une ambiance survoltée, les 60 Rolex ont été dispersées pour CHF 6,2 millions, soit une moyenne de CHF 103 000 par lot. Le plus haut prix obtenu concerne un modèle de 1958 connu sous le nom de « Big Kahuna », l’un des deux seuls exemplaires réalisés en platine, cédé CHF 473 000, record mondial pour une pièce de cette collection (lot 43, est. CHF 100’000-200’000).

En face, les joutes ont paru bien ternes : salles à moitié vides chez Antiquorum et Sotheby’s, très peu d’enchères au-dessus de l’estimation chez Christie’s. À noter tout de même, ici, l’acquisition par le musée Audemars Piguet d’une très rare référence 5528 de 1951, une répétition minutes en or jaune, pour la somme importante de CHF 605’000 (lot 204, est. CHF 150’000-250’000). De manière générale, force est de constater que les ventes horlogères, si ce n’est dans le monde, du moins à Genève, ont adopté des vitesses de croisière différentes : de la vente de montres d’occasion au plus offrant à la surenchère portant sur des raretés pour collectionneurs fortunés, il y en a désormais pour tous les publics… et pour toutes les bourses.

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