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Estoppey-Addor SA à Bienne : la cinquième génération au pouvoir

jeudi, 05 septembre 2013
Par Janine Vuilleumier
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Janine Vuilleumier

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6 min de lecture

133 ans d’activité ininterrompue marque la force de cette entreprise de galvanoplastie familiale et indépendante qui voit s’installer à sa tête deux jeunes dirigeants.

Fondée par Louis Estoppey en 1880, Estoppey-Addor SA est la plus ancienne entreprise de galvanoplastie de Suisse. A sa création, l’atelier s’occupait de dorage de mouvements et de roues pour l’horlogerie. En 1908, Louis décède et c’est sa veuve Lina, née Addor, qui reprend l’entreprise, secondée plus tard par l’aîné de ses quatre enfants, Paul-Henri. Au fil des ans, l’entreprise s’agrandit et Henri, petit-fils du fondateur, prend les rennes de la maison en 1947. Son fils Olivier – quatrième génération – lui succédera en 1987. Durant les années 70 à 80, la crise horlogère oblige la diversification. Les secteurs de l’électronique, de la chirurgie, de la connectique ou encore de la micromécanique étoffent le carnet des commandes et permettent ainsi à la maison de sortir de cette mauvaise passe. En 1996, Olivier décède à l’âge de 40 ans et la direction est confiée à son beau-frère, Jean Hirt qui assurera le relai dans l’attente de la nouvelle génération. Il y a un an, le poste de directrice générale a été confié à Sandrine et celui de directeur technique et des ventes à Cyril, tous deux enfants d’Olivier. Fier de transmettre le flambeau à la nouvelle génération, Jean Hirt occupe encore pour une phase transitoire le poste de directeur adjoint, de chef des finances et de président du conseil d’administration.

Art vieux de plus de 3000 ans, la galvanoplastie – technique qui consiste à déposer une matière sur un objet grâce au procédé de l’électrolyse – a été utilisée en tout premier lieu par les Egyptiens pour orner des objets d’art de cuivre rouge. Il semblerait que c’est en Suisse que le dorage, l’argentage et le nickelage galvaniques ont été appliqués pour la première fois à des articles d’horlogerie. En plus d’un siècle d’existence, cette méthode a énormément évolué tant au niveau des bains, de qualités toujours plus performantes, que des matières déposées qui confèrent aux métaux classiques une grande dureté et un aspect esthétique attrayant. Que ce soit pour des traitements décoratifs – dépôt d’or, de palladium-nickel, de rhodium ou d’argent – ou pour des traitements techniques – augmenter la résistance à l’usure et à la corrosion -, Estoppey-Addor fait preuve d’un grand professionnalisme. La firme propose d’ailleurs plusieurs traitements novateurs et exclusifs, tels que le Hardalloy ou le Trigold (dépôt or-cuivre-indium, un intéressant substitut au traditionnel cadmium).

Forte de 25 employés, dont trois apprentis électroplastes, Estoppey-Addor travaille à ce jour à 60% environ pour l’horlogerie et la bijouterie. Elle couvre encore les domaines du décolletage, de la mécanique de précision, du médical, du dentaire, de l’aéronautique ou encore de l’électronique. Ses clients sont principalement des sous-traitants et pour eux, la maison biennoise relève chaque jour de grands défis. Les traitements galvaniques s’échelonnant en effet au bout de la chaîne de traitement des pièces, les délais d’exécution des commandes sont donc très courts (3 à 4 jours). L’entreprise doit faire preuve d’une grande flexibilité au niveau de son planning de travail et être très réactive. Elle a également développé d’étroits contacts avec ses clients afin de mieux comprendre leurs désirs et ainsi les servir au plus près de leurs attentes. En parallèle de la galvanoplastie, Estoppey-Addor dispose également d’un atelier de sablage et de microbillage.

Parce que la galvanoplastie exige une parfaite maîtrise de la qualité des eaux de rinçage utilisées et qu’elle nécessite une grande rigueur au niveau de la gestion des déchets, les dirigeants ont tout mis en œuvre afin de rendre la maison la plus écologique possible. Déjà certifiée ISO 9001 en 1996, puis ISO 14001 en 2008, Estoppey-Addor a été équipée de sa propre station de traitement des eaux (STEP). Dans ses sous-sols sont notamment traitées les eaux de rinçage qui, une fois épurées, reprennent le chemin des bains aux étages supérieurs. Les résidus de métaux lourds sont concentrés dans des boues monométalliques qui sont ensuite séchées et acheminées vers des firmes spécialisées dans ce genre de recyclage. Depuis l’instauration de cette nouvelle installation ultramoderne, les besoins en eau de l’entreprise ont été divisés par six.

Aujourd’hui et plus que jamais au cours de sa longue histoire, Estoppey-Addor SA -qu’on ne doit pas confondre avec une entreprise concurrente homonyme située Aegerten – est fière d’affirmer sa différence: de par sa taille, elle peut offrir à ses clients des services très personnalisés – de la pièce unique aux grandes quantités – et se sentir proche d’eux.

Trois questions à la nouvelle génération

Sandrine Estoppey, économiste d’entreprise a de tout temps côtoyé les ateliers de galvano. Lorsqu’elle était encore écolière, elle effectuait des petits jobs de vacances dans l’entreprise familiale. Cyril, son frère, a lui appris le métier d’électroplaste en vue de reprendre la direction technique de la firme.

Etait-ce une évidence pour vous, cinquième génération, de reprendre un jour le flambeau de la direction ?

Sandrine et Cyril: les choses n’ont jamais été imposées, mais sont venues d’elles-mêmes, comme une certitude.

Comment voyez-vous l'avenir d'Estoppey-Addor ?

Sandrine et Cyril: l’entreprise est saine et nous allons tout faire, chacun dans nos domaines respectifs, pour la pérenniser. Nous avons encore des possibilités de développer nos activités et réfléchissons constamment à proposer de nouveaux traitements et solutions pour nos clients.

Comment vous sentez-vous dans vos nouvelles fonctions de dirigeants ?

Sandrine et Cyril: compte tenu de notre âge, c’est évidemment un sacré challenge. Mais nous nous sentons très à l’aise et confiants. Nous entretenons une très bonne relation avec Jean Hirt, notre oncle, et ce passage de témoin se fait donc dans la douceur et la continuité. Nous pouvons également compter sur le précieux soutien de Jan Boesch, membre de la direction en charge des Ressources humaines et du Système de management, qui travaille chez Estoppey-Addor depuis 17 ans.

Article paru dans la Revue FH

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