>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2019 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Et pour quelques pépites vintage de plus
Baselworld

Et pour quelques pépites vintage de plus

jeudi, 28 mars 2019
fermer
Editor Image
Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

Lire plus

CLOSE
7 min de lecture

Lorsque l’inspiration fait défaut ou que l’environnement manque singulièrement d’allant, quoi de plus salutaire que de se replonger dans les vieux grimoires ? Il en sortira peut-être de quoi raviver la flamme. En horlogerie, la formule fonctionne encore.

Tout ou presque a déjà été dit sur le vintage, qui, pour certaines Maisons horlogères, est devenu une véritable « raison de vivre ». Du nouveau système de valeurs des milléniaux aux exagérations du consumérisme, de l’exubérance outrancière des années débridées à l’obsolescence programmée de nos outils du quotidien, les explications ne manquent pas pour mettre des mots sur cette passion croissante pour les objets du passé et tous ceux qui s’en revendiquent. En matière horlogère, deux phénomènes jouent un rôle de premier plan dans cette « nostalgia mania ». Le premier relève essentiellement du discours. Dans l’univers du luxe, les histoires qui « racontent » le produit sont aujourd’hui d’une importance cruciale. Non seulement pour renforcer son capital séduction mais également pour offrir ces indispensables repères chronologiques qui lui offrent la profondeur de champs nécessaire. Or plus la temporalité s’étoffe et plus le produit gagne en consistance.

L’art de la narration

Quant au second, il tient essentiellement au fait que les garde-temps du passé ont été « construits » principalement autour d’une fonction, l’addition des fonctions répondant alors à une nécessité pratique. Comme l’univers horloger tend aujourd’hui à se polariser entre les montres (compliquées) pour collectionneurs – un « club » certes en forte croissance – et celles destinées au commun des amateurs, éclairés ou non, il est évident que les pièces qui vont à l’essentiel, porteuses de l’aura et de la patine de l’âge, partent avec une longueur d’avance. Reste bien évidemment à faire comprendre que la patine en question n’est en rien usurpée et que, pour passer le message, autant considérer la narration comme un art.

À Baselworld, on trouvera des produits "vrais", sans artifices, avec lesquels la magie vintage opère instantanément.

Comme on a pu s’en rendre compte dans les travées de Baselworld 2019, le pari n’est pas gagné. Soit le produit dispose de toute la légitimité voulue mais manque cruellement de mise en abyme, soit il croule littéralement sous un monceau de vertus superfétatoires sans soutenir le premier regard critique. Entre les deux, on trouvera néanmoins des produits « vrais », sans artifices, avec lesquels la magie opère instantanément. La montre Heritage Bicompax Annual de Carl F. Bucherer en fait clairement partie. Avec elle, c’est l’univers des années 1950 que fait revivre la manufacture avec intelligence, une décennie où, précisément, elle présentait un chronographe au design avancé pour l’époque. Dans un registre plus sportif, la Race Edition 2019 de la Mille Milia est un modèle du genre présenté par Chopard. Inutile de rappeler l’engagement de la Maison genevoise et celui de son coprésident Karl-Friedrich Scheufele en faveur de ce rallye italien pour voitures classiques. Le partenariat qui les relie depuis 31 ans est magnifiquement incarné par cette pièce aux accents vintage qui véhicule l’esprit de la course dans un style « oldtimer » inimitable. Question style, la Black Bay Chrono S&G ne cède pas sa place. Ici, Tudor renvoie les aficionados à son premier chronographe Oysterdate des années 1970 intimement lié aux sports mécaniques, non sans quelques références esthétiques aux plongeuses qui ont fait son succès depuis 1954. La Maison ose ainsi le mariage entre son héritage aquatique représenté par la famille Black Bay et la fonction reine des circuits pour un résultat au charme d’antan indéniable.

Black Bay Chrono S&G © Tudor
Black Bay Chrono S&G © Tudor
Hommage aux montres instruments

À vouloir célébrer l’âge d’or horloger du xxe siècle, on rend immanquablement hommage aux montres instruments. Et parmi elles, les modèles « pilote » occupent une place de choix. Dans ce registre, Breitling ne cède pas sa place pour présenter cette année toute une série de Navitimer clairement positionnées dans l’échelle du temps. Cela commence par la première collection capsule de la marque, soit une gamme thématique alimentée par des modèles édités en séries limitées. Cette première ligne Navitimer 1 Airline Editions « dénote l’esprit d’une époque mémorable pour l’aviation commerciale et fait renaître le style décontracté et évocateur des années 1960 et 1970, explique Breitling. Les trois Navitimer 1 B01 Chronograph 43 Airline Editions rendent un chaleureux hommage aux pionniers de l’aviation civile et saluent les trois compagnies aériennes les plus emblématiques de l’époque : Pan Am, TWA et Swissair. » Les moins convaincus pourront toujours se reporter sur la nouvelle Navitimer 1 Automatique 41, qui puise ses références dans le modèle mythique de la marque dévoilé pour la première fois en 1952 mais avec ce zeste d’élégance qui échappait aux premières versions à trois aiguilles de cette montre outil. Quant aux plus endurcis, ils seront ravis par la Navitimer réf. 806 1959 Re-Edition, un chronographe qui célèbre l’un des premiers designs les plus emblématiques de la Navitimer lancée il y a exactement 60 ans.

Chez Patek Philippe, dans un registre plus abordable et plus "old school", on retiendra la Calatrava Semainier réf. 5212A-001 en acier.

Chez Zenith, on retrouve ce même souci de vérité aéronautique avec sa collection Pilot Type 20. Celle-ci s’enrichit cette année d’un modèle Adventure décliné en un chronographe et une version trois aiguilles qui portent haut les couleurs du vintage avec leurs cadrans verts sur boîtier bronze. Dignes héritières des instruments de bord développés par Zenith pour les pionniers de la conquête des airs, ces deux montres transpirent l’huile de moteur pour premiers biplans pilotés par ces « fous volants » épris de liberté. Le style Pilot est également à l’honneur chez Patek Philippe cette année avec l’une de ses deux nouveautés majeures de Baselworld 2019, soit son Alarm Travel Time réf. 5520P-001 qui allie son système d’affichage d’un second fuseau horaire Travel Time à un mécanisme d’alarme sur 24 heures avec marteau frappant sur un timbre classique. Le modèle, fruit de cinq ans de développement, est équipé d’un tout nouveau mouvement intégré qui a fait l’objet de quatre dépôts de brevet pour l’alarme. Dans un registre plus abordable et plus « old school », on retiendra la deuxième nouveauté de la marque, à savoir la Calatrava Semainier réf. 5212A-001 en acier qui introduit une nouvelle fonction calendaire : le numéro de la semaine en plus du jour et de la date. Directement inspirée d’une pièce unique de 1955, la réf. 2512 conservée au Patek Philippe Museum, l’esthétique de cette pièce a été travaillée dans les moindres détails. Pour preuve, la Maison a spécialement créé une typographie qui reproduit une vraie écriture manuscrite, avec des lettres et des chiffres tous différents et uniques, clin d’œil aux notes inscrites dans les agendas papier. Et réminiscence émue d’une époque où les téléphones intelligents n’existaient pas et où la montre remplissait encore sa fonction première de « dire » l’heure.

Calatrava Semainier Réf. 5212A © Patek Philippe
Calatrava Semainier Réf. 5212A © Patek Philippe
Haut de page