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Et pourtant elle tourne !
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Et pourtant elle tourne !

mardi, 23 février 2016
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Carol Besler
Journaliste

“Les montres sont un art fonctionnel.”

Carol Besler assure une couverture mondiale de l’horlogerie et la joaillerie.

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7 min de lecture

Dans les remontoirs automatiques, le rotor ou masse oscillante, est resté assez semblable, des années 1960 date à laquelle il devient d’usage courant, jusqu’à il y a seulement quelques années. Il est en général constitué d’un disque plein semi-circulaire pivotant autour d’un axe central, le plus souvent orné d’un motif Côtes de Genève. Aujourd’hui, il se déplace, arbore un nouveau design, devenant ainsi l’une des pièces les plus intéressantes d’une montre mécanique.

Le rotor est un poids excentré qui pivote sur un axe central sous l’effet de chacun des mouvements du bras du porteur. Le rotor est relié au rochet qui entraîne un train d’engrenages permettant finalement l’armage automatique du ressort de barillet. Bien que les premières versions de mouvements automatiques aient été développées bien avant l’ère de la montre-bracelet, celui-ci n’a pas fait ses preuves car il était utilisé dans les montres de poche, peu soumises au mouvement. Rolex et Breguet ont amélioré le concept au fil des années et le mouvement automatique à rotor central a finalement été commercialisé dès les années 1960.

De nouvelles versions ont fait leur apparition une décennie après la révolution qui s’opère dans la fabrication des montres mécaniques au cours des années 1990, et ce principalement pour des raisons esthétiques. Les mouvements sont décorés avec de plus en plus de sophistication et les horlogers veulent les mettre à l’honneur en remplaçant les fonds de boîtes par un verre saphir.

Le problème, c’est que le rotor couvre alors la moitié du mouvement en permanence, masquant les finitions des plus habiles artisans-horlogers. Quelques-uns ont ainsi ajouré le rotor en en découpant certaines portions – un peu à la façon d’un squelette – ce qui laisse découvrir une plus grande partie du mouvement. Le nouveau Calibre 770 de Jaeger-Lecoultre dans la Geophysic True Second en fournit un exemple récent.

Roger Dubuis Hommage Répétition Minutes, Tourbillon volant Calibre RD104 avec double micro-rotor. © Roger Dubuis
Un avantage certain

Le micro-rotor fournit encore une meilleure solution au problème et y ajoute des avantages techniques. Comme son nom l’indique, le micro-rotor est une version réduite de la masse oscillante centrale. Contrairement au rotor standard, qui est placé sur le mouvement, le micro-rotor quant à lui est intégré dans la structure même du mouvement et généralement décentré. L’ensemble du mouvement gagne ainsi en finesse. Ce qui lui permet, quand il est animé d’un micro-rotor, souvent joliment décoré, d’être entièrement exposé. Autre avantage : le mouvement étant plus fin, la montre est plus plate. La mode étant aux montres habillées extra-plates, un calibre muni d’un micro-rotor présente un avantage décisif.

La Manufacture Roger Dubuis fabrique des calibres avec micro-rotor simple et double comme dans le mouvement RD 104 du modèle Hommage Répétition Minutes à Tourbillon volant. Chef de produit chez Roger Dubuis, Gregory Bruttin justifie ce choix principalement par des raisons esthétiques : « En principe, le micro-rotor est utilisé pour la fabrication de montres ayant un diamètre plus grand mais un mouvement plus fin. Cependant notre démarche vise à principalement montrer toute la beauté de la complication et tout particulièrement des finitions Poinçon de Genève. (Pour Roger Dupuis, il n’est pas cohérent de masquer une complication par un rotor). Nous l’avons utilisé pour la première fois dans notre Répétition Minutes à Tourbillon volant. »

Patek Philippe Ref.5140
Patek Philippe Ref.5140, Calibre 240 avec micro-rotor. © Patek Philippe

Parce qu’il est plus petit, le micro-rotor doit être constitué d’un métal plus lourd afin de générer le même pouvoir de remontage qu’une masse oscillante classique. Cette notion d’utiliser des matériaux à forte densité pour une meilleure inertie est d’ailleurs considérée comme un avantage pour tous types de rotors. Un or de haute qualité est donc souvent privilégié, entre 18k et 22k. Patek Philippe intègre ainsi le micro-rotor dans plusieurs de ses mouvements, notamment l’exemplaire Calibre 240 du quantième perpétuel Ref. 5140. Selon Jasmina Steele, directrice de la communication chez Patek : « Un brevet suisse a été attribué au mouvement automatique Calibre 240 en 1977. Ce mouvement dispose d’un rotor radicalement plus petit intégré à la platine du mouvement. Ceci évite d’épaissir le mouvement et le calibre, ainsi réduit à une extrême finesse, ne mesure plus que 2,53mm d’épaisseur. Pour permettre au dit micro-rotor de fournir malgré tout et de façon fiable le pouvoir de remontage suffisant, il a été conçu en or 22k. C’est encore à ce jour le mouvement automatique le plus fin conçu par Patek Philippe, sa fiabilité et sa précision sont légendaires. »

Calibre « Dior Inversé » avec rotor central du mouvement côté cadran. © Dior
Economie d’espace

L’esthétique est également ce qui motive le choix d’un rotor inversé. Dans ce cas, le rotor central classique est positionné à l’avant et non à l’arrière du mouvement et il apparaît donc côté cadran, décoré de gravures ou serti de pierres précieuses. Le calibre Dior Inversé en est un remarquable exemple. Il a été mis au point en collaboration avec la manufacture suisse Soprod, exclusivement pour Dior. Le principe en est le suivant : la marque décore le rotor de façon à évoquer le tournoiement d’une robe de bal, sa signature haute-couture. La masse oscillante du calibre Dior Inversé, lancé en 2011, se pare alors de diamants, de perles, de laque, de nacre, de broderies de soie et même d’authentiques plumes. Cartier et de Grisogono ont également utilisé des rotors inversés pour des raisons esthétiques, mais cette technique n’est pas réservé aux montres pour femmes. Perrelet positionne également le rotor côté cadran lui donnant des allures de turbine munie de 12 pales en titane.

La Jaeger-LeCoultre Master Ultra Thin Minute Repeater Flying Tourbillon avec rotor périphérique visible sous les fines ouvertures du cadran. © Jaeger-LeCoultre

Le rotor périphérique est une autre option permettant de libérer de l’espace. Jaeger-LeCoultre en utilise un dans son modèle Hybris Mechanica Ultra Thin Minute Repeater Flying Tourbillon qui, avec une épaisseur de seulement 7.9mm, s’impose dans l’univers des grandes complications comme la répétition minutes la plus plate.  « Personne ne sait comment nous parvenons à insérer un mouvement de 4,8mm de hauteur dans une boîte de 7,9mm. », dit Stéphane Belmont, directeur marketing et de la création chez Jaeger-LeCoultre. En principe, dit-il, la boîte d’un mouvement de 4,8mm devrait faire au moins 9,5 ou 10mm d’épaisseur. « Nous y sommes parvenus en remettant en question la façon dont les différentes pièces d’une montre sont assemblées et en les réorganisant ».  À commencer par le rotor.  En général, la masse oscillante d’un mouvement est placée au centre et à l’arrière du mouvement, mais le modèle Hybris Mechanica intègre un tout nouveau rotor périphérique placé côté cadran et qui tourne grâce à un roulement à billes en céramique, ce qui permet de réduire l’épaisseur. » Le segment de la masse oscillante est visible sous les fines ouvertures du cadran qui longent tout le tour de sa lunette interne. Bien que seule la seule la rotation dans le sens horaire permette de remonter la montre, le rotor peut tourner dans les deux sens.

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