>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2019 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Exportations horlogères : l’exception française
Economie

Exportations horlogères : l’exception française

jeudi, 22 octobre 2009
fermer
Editor Image
Marie Le Berre
Rédactrice indépendante

“Comment le temps fait-il pour tourner rond dans des horloges carrées ?”

Quino

« Porter à la connaissance du plus grand nombre des informations qui relèvent d’un secteur par trop méconnu. Vulgariser, au sens propre du terme. »

Lire plus

CLOSE
6 min de lecture

A regarder de près les résultats des exportations horlogères suisses pays par pays, on constate que le marché français est des plus dynamiques depuis 2006. Il se distingue notamment des autres pays qui occupent avec lui les places du top 5. Point de vue de Laurent Picciotto, propriétaire de Chronopassion à Paris.

Les résultats des exportations horlogères suisses à destination de la France font apparaître des progressions importantes de 2006 à 2008. On enregistre, en valeur, +21,3% en 2006, +20,9% en 2007 et +15,1% en 2008, année où le marché est passé du 5ème au 4ème rang mondial. Il est surprenant de constater que ces performances sont nettement supérieures à celles des Etats-Unis, de Hong Kong, du Japon ou de l’Italie qui occupent avec la France les cinq premières places du classement. En 2009, au regard du cumul enregistré de janvier à août, certes la tendance s’inverse (-11,8% par rapport à la même période en 2008) mais le recul est parmi les plus faibles : dans le top 5, la France est la seule à progresser en comparaison à 2007 (+6,7% sur la même période). Il apparaît même qu’elle gagne le 3ème rang mondial, à la place du Japon relégué en 6ème position. Cependant, comme de coutume en matière d’exportations horlogères suisses, c’est le haut de gamme qui mène le jeu.

Un facteur tourisme important

Pour Laurent Picciotto, détaillant renommé, propriétaire de Chronopassion à Paris et Ambassadeur de la Haute Horlogerie nommé par la Fondation du même nom, le phénomène est réellement sensible bien qu’il soit difficile de l’expliquer de manière tout à fait rationnelle. On peut cependant faire valoir le fait que la France compte un nombre impressionnant de points de vente, tout au moins à Paris et sur la Côte d’Azur, qu’il s’agisse de boutiques mono ou multi marques. A titre de comparaison, sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis, ne sont répertoriés que six points de vente réellement horlogers, capables de défendre les valeurs de la Haute Horlogerie. La profusion française est d’autant plus à prendre en compte qu’elle est relativement récente.

Chez Chronopassion, nous réalisons régulièrement 70% de notre chiffre d’affaires, voire 80%, avec des étrangers.
Laurent Picciotto

« Cela ne fait guère plus d’une dizaine d’années que les affaires ont commencé à se multiplier. Le marché français a longtemps été sous-estimé. J’ai pu le constater quand j’avais les plus grandes difficultés à obtenir des pièces qui m’intéressaient. Cela dit, il faut bien reconnaître que notre clientèle n’est que faiblement française. Chez Chronopassion, nous réalisons régulièrement 70% de notre chiffre d’affaires, voire 80%, avec des étrangers et je crois pouvoir affirmer que, pour la plupart de mes confrères, le ratio se situe entre 60 et 80%. Il me paraît évident qu’en France, particulièrement à Paris et sur la Côte d’Azur, le tourisme est un facteur déterminant, ce qui n’est par exemple pas le cas en Italie où la clientèle est majoritairement locale. »

« Je ne saurais ralentir mes achats »

En ce qui concerne plus particulièrement Chronopassion, l’offre joue un rôle déterminant, non seulement parce qu’elle est atypique mais aussi parce qu’elle est soutenue en dépit des circonstances. Laurent Picciotto, qui a ouvert ses portes il y a une vingtaine d’années, à une époque où la clientèle ne recouvrait qu’une poignée d’amateurs, a toujours fait des choix originaux. « Je privilégie les objets pour leurs qualités techniques, esthétiques ou novatrices bien plus que pour leurs marques et je préfère les productions limitées à ce que je considère comme le luxe industriel, sans bien entendu remettre en cause la valeur des produits concernés. Au début, j’étais quasiment le seul à faire une offre exclusivement horlogère avec certes quelques classiques mais aussi des complications alors très rares et des créations très confidentielles, pour la plupart issues des membres de l’AHCI (Académie Horlogère des Créateurs Indépendants, ndlr). »

Et Laurent Picciotto de poursuivre : « Ainsi, j’ai tout naturellement intéressé les amateurs et je pense que, fondamentalement, rien n’a changé, hormis l’extension de la cible suite à l’intérêt survenu de toutes parts, à l’éclairage médiatique et à la démocratisation que l’on connaît. Aujourd’hui comme hier, l’amateur est sensible à une vitrine et il repère très vite ce qui est digne d’intérêt pour lui. Pour moi, il est fondamental d’exposer une offre riche et fraîche, autrement dit des produits diversifiés et récents. Nous profitons bien sûr de la notoriété acquise en 20 ans mais il y a toujours des gens qui rentrent dans la boutique parce qu’ils sont épatés par la vitrine. C’est pourquoi, crise ou pas, je ne saurais ralentir mes achats. Le tassement actuel dû à une réduction de la clientèle volatile ou à des actes d’achat plus réfléchis ne me paraît pas alarmant. »

Vitrine Chronopassion équipée du nouveau système « Carroussel ». Animation, interactivité et sécurité caractérisent cette innovation développée par Dietlin en collaboration avec Chronopassion (Paris) et L'Heure AscH (Suisse) DR
Vitrine Chronopassion équipée du nouveau système « Carroussel ». Animation, interactivité et sécurité caractérisent cette innovation développée par Dietlin en collaboration avec Chronopassion (Paris) et L'Heure AscH (Suisse) DR
Chronopassion, un cas particulier

Le cas particulier de Chronopassion est évidemment difficile à extrapoler. Peut-être peut-on estimer quand même que la forte concentration de boutiques différentes, dans des périmètres restreints comme à Paris, constitue une offre propre à favoriser les ventes. Laurent Picciotto émet également l’idée que, dans la mesure où la France a tardé à convaincre les grandes marques de son potentiel, un certain nombre de challengers en ont profité pour se profiler et venir enrichir cette offre. On peut encore évoquer la proximité avec la Suisse, proximité géographique qui facilite les implantations et une certaine proximité culturelle en forme de raccourci, susceptible d’agir hors du vieux continent. Enfin, il n’est pas à exclure que la réputation du luxe français participe à la crédibilité des détaillants de l’hexagone.

Haut de page