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Economie

Exportations horlogères suisses : un nouveau record en 2008

lundi, 23 février 2009
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Avec CHF 17 milliards, l’horlogerie suisse a établi un nouveau record à l’exportation en 2008. Le net ralentissement dû à la conjoncture économique enregistré depuis octobre s’est toutefois poursuivi en décembre mais de manière moins prononcée qu’attendu.

Ces chiffres était attendus comme le Messie. Allait-on jouer la scène de « Jean qui rit » ou de Jean qui pleure » ? Finalement, les horlogers suisses peuvent arborer un sourire en demi-teinte dans la mesure où l’année 2008 se solde sur un nouvel exercice record en termes d’exportations, dans la mesure également où le mois de décembre aura été nettement moins catastrophique qu’attendu. Certes, comme d’habitude avec ce type de statistiques, les précautions d’usage sont de mise. Les exportations ne signifient en effet par la vente de produits aux consommateurs finaux et ne reflètent surtout pas ce qui aboutit sur les marchés parallèles quand les réseaux de distribution sont complètement engorgés de stocks. Il n’en reste pas moins que faute de données plus précises, force est de se rabattre sur celles disponibles (comme le HH Magazine l’a fait dans ses estimations publiées dans le No 23).

© Fédération de l'industrie horlogère suisse FH
© Fédération de l'industrie horlogère suisse FH
L’Asie, principal moteur de croissance

Comme le rapporte la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), avec CHF 17 milliards réalisés à l’exportation, soit une hausse de 6,7% ou CHF 1 milliard, l’année 2008 représente ainsi un nouveau record pour la profession. Même constat du côté des ventes de montres-bracelets à l’étranger qui enregistrent une progression de 7,2% à CHF 15,9 milliards sur douze mois. En nombre de pièces, l’évolution est moins positive avec un léger mieux de 0,8% à 26,1 millions de pièces exportées sur l’année. Il en ressort une hausse de 6,4% du prix moyen des garde-temps à CHF 608 (prix ex usine), hausse plus marquée encore (+10,7%) dans le segment des montres mécaniques. Toutes les matières ont contribué à cette évolution note la FH : « l’or 18 carats a connu une progression important pour le bilan général. Les métaux précieux dans leur ensemble, ainsi que les garde-temps plaqués, ont affiché les plus forts taux de variation annuelle. Les montres bimétalliques sont restées dans la moyenne, tandis que les produits en acier ont réalisé la hausse la plus modérée avec +1,9% ».

© Fédération de l'industrie horlogère suisse FH
© Fédération de l'industrie horlogère suisse FH

En ce qui concerne les segments de prix, relève encore la FH, l’évolution est restée différenciée. Les montres de moins de CHF 200 (prix ex usine) restent dans la zone verte avec des volumes supplémentaires importants, contrairement aux gammes comprises entre CHF 200 et 3’000 franc. Seul secteur à tirer son épingle du jeu, la Haute Horlogerie, qui entre désormais pour environ 60% dans le total des exportations de la branche et affiche une croissance en valeur de l’ordre de 20% sur l’année, le seul également à être resté dans les chiffres noirs au dernier trimestre 2008. Du côté des destinations, Hong Kong (+10,9%) s’affirme encore davantage comme premier pays d’exportation pour les horlogers suisses, devant les Etats-Unis et le Japon qui, eux, affichent une baisse de 3% et 4,5% respectivement sur 2008. La Chine (+43,1%) gagne deux rangs dans le classement pour occuper désormais la septième place devant Singapour (+16,8%) et les Emirats arabes unis (+27,6%). Avec un essor de 13,2%, l’Asie a ainsi constitué le principal moteur de croissance pour les horlogers suisses en 2008, loin devant l’Europe qui, dans son ensemble, a ralenti son rythme pour terminer sur une progression annuelle de 3,6% ».

La lecture de décembre

Le mois décembre vient toutefois tempérer ce bilan annuel. Si le recul est moins prononcé qu’en novembre (-15,4%), il affiche tout de même une baisse de 7,6% à CHF 1,3 milliard. La valeur des garde-temps exportés a diminué dans une même proportion. Encore une fois, seules les montres-bracelets de plus de CHF 3’000 (prix ex usine) sont restées en croissance (+3,1%) même si le nombre de pièces vendues sur les marchés étrangers a reculé de 9,5%. Tous les autres segments sont en recul de l’entrée de gamme (-10% en volume) au moyen de gamme (CHF 200-500 prix ex usine : -20% en valeur) en passant par l’horlogerie de prestige, de loin la plus touchée (CHF 500-3’000 prix ex usine : -30% en valeur). Quelques pays ont contrecarré la morosité ambiante à l’instar de la France (+7,2%), de l’Italie (16,1%) ou de l’Allemagne (+6,7%).

© Fédération de l'industrie horlogère suisse FH
© Fédération de l'industrie horlogère suisse FH

Ces résultats, qui ne laissent présager rien de vraiment enthousiasmant pour les mois à venir, n’arrivent toutefois pas à déstabiliser l’ensemble du secteur. Pour preuve : « le climat économique est morose, le moral des ménages en berne, les courbes de la Bourse ressemblent à la déclivité des pentes les plus abruptes. Au royaume de la Haute Horlogerie, d’aucuns sonnent le glas des années euphoriques connues par le passé. Le mirage va-t-il donc prendre fin ? Plus de rêve, plus de coups de cœur, la grande aiguille arrive-t-elle sur l’heure de la remise des comptes ? Loin de se laisser gagner par ce vent de panique, la Manufacture Audemars Piguet garde tout son optimisme et sa détermination. » A l’issue du dernier SIHH, elle fêtait ainsi dignement et avec ses partenaires commerciaux ce début d’année de tous les dangers.

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