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Extravagance, adieu !
SIHH

Extravagance, adieu !

mardi, 02 février 2016
Par Dominique Fléchon, Grégory Gardinetti, Christophe Roulet
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Dominique Fléchon

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Grégory Gardinetti
Expert et historien en horlogerie

“Il y a la même différence entre les savants et les ignorants qu’entre les vivants et les morts.”

Aristote

Entres expositions thématiques menées à Mexico, Moscou ou Tokyo, conférences autour du globe et articles thématiques, le temps prend toute sa mesure.

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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

Succès du vintage, hégémonie de l’acier, réduction des tailles, prédominance des complications utiles, affirmation des gammes emblématiques, le Salon International de la Haute Horlogerie a tourné le dos aux exubérances de ce début de millénaire. Les seules poches de résistance se trouvaient au Carré des horlogers.

L’an dernier, l’abandon du taux plancher appliqué au franc suisse tombait comme un couperet à la veille du Salon International de la Haute Horlogerie (SIHH). C’est année, ce sont les résultats 2015 de la profession qui ont engendré des froncements de sourcils. Selon les chiffres des douanes relayés par la FH (Fédération de l’industrie horlogère), les exportations horlogères suisses ont enregistré un recul de 3,3 % l’an dernier à CHF 21,5 milliards, soit un niveau quasi identique à celui de 2012. Comme le montrent ces statistiques, l’environnement n’a cessé de se dégrader au fil des saisons : alors que le premier semestre s’est encore soldé par un résultat positif (+ 0,5 %), le plongeon n’a été que plus brutal lors des six derniers mois de l’année 2015 (– 6,8 %).

Globalement, les marques de tradition ont essentiellement cherché à consolider les acquis.

Replacées dans ce contexte, les tendances du SIHH n’en prennent que plus de sens. Globalement, les marques de tradition ont essentiellement cherché à consolider les acquis en capitalisant sur leurs gammes et modèles dont les succès passés appellent certainement ceux à venir. Ainsi voit-on Jaeger-LeCoultre réaménager de fond en comble sa légendaire Reverso à l’occasion de son 85e anniversaire ou Roger Dubuis dérouler le tapis rouge devant ses Velvet qui ont d’ores et déjà conquis le cœur des femmes. En un mot, les Maisons exposantes sont en pleine phase de rééquilibrage. L’époque où les représentants des médias se précipitaient dans les allées de la manifestation, téléphone au point, afin d’épingler les dizaines de nouveautés à leur tableau de chasse est bel et bien révolue. Les vraies nouveautés se font plus parcimonieuses ; la complication s’oriente vers des fonctions utiles et non plus vers une débauche de technicité ; l’inspiration est plus personnelle et intimiste, voire poétique.

Place au « luxe pour soi »

Dans la mesure où la course à l’ostentatoire observée au tournant du millénaire a cédé la place à un « luxe pour soi », le consommateur est orienté vers les vertus du classicisme, voire de la discrétion. Il fallait donc prendre le chemin du Carré des horlogers pour admirer des montres qui décoiffent, à l’instar d’une Vortex Primary dessinée par Éric Cantona pour Hautlence, d’un H2 Tradition de HYT, d’une UR105-TRex de Urwerk ou encore du robot Sherman de MB&F. Fidèles à leurs démarches de créateurs indépendants qui s’expriment, pour certains d’entre eux, par des mécaniques hors normes, ces professionnels ont toutefois comme raison d’être d’offrir une « autre » horlogerie. Il n’en reste pas moins que des marques comme Laurent Ferrier, H. Moser & Cie ou Kari Voutilainen, voire De Bethune et Christophe Claret, également réunies au sein du « Carré », font vibrer à leur manière la fibre horlogère traditionnelle. Celle-là même qui est à la base de l’engouement sans précédent pour la montre « vintage », autre grande tendance du moment.

L’acier faisait son grand retour sur le devant de la scène.

Dans ce registre, c’est Audemars Piguet qui a créé la surprise. Alors que l’acier faisait son grand retour sur le devant de la scène, question de positionnement de produits dans des gammes plus accessibles, la Maison offrait toute une ligne de Royal Oak en or jaune, dont un Quantième Perpétuel, non sans rappeler qu’il s’agit là du plus intemporel des métaux dans lequel ont été forgés les grands classiques de l’histoire horlogère. Si l’on se souvient que la Royal Oak originale avait été présentée en 1972 comme la première montre de luxe en… acier, l’évolution ne manque pas de piquant. Ce même piquant, on le retrouve avec les métiers d’art, désormais parfaitement intégrés dans l’environnement de la Haute Horlogerie, notamment chez Piaget avec le sertissage de son Altiplano 900D, chez Cartier, qui inaugure la granulation d’émail sur une Ballon Bleu, ou encore chez Roger Dubuis et ses fleurs sculptées en émail Grand Feu, sans oublier l’incontournable Van Cleef & Arpels, dont la Lady Arpels Jour Nuit Fée Ondine offre un jeu de transparence en émail plique-à-jour exceptionnel. Pour indispensables qu’ils soient devenus, les métiers d’art ne semblent pas moins rentrer dans le rang par souci d’équilibre.

Les Maisons cèdent à leur envie de légèreté

Ce même principe s’exprime également par une réduction des tailles devenues tout à coup raisonnables, notamment chez Baume & Mercier avec sa Petite Promesse (22 mm), chez IWC, qui ose une Montre d’Aviateur Automatic (36 mm), ou encore chez Vacheron Constantin, dont l’Overseas se fraie un chemin vers les poignets féminins (37 mm). Comme on le voit, les Maisons cèdent à leur envie de légèreté. Et celle-ci s’exprime par des modèles extra-plats au sein des deux manufactures passées maîtres en la matière, soit Piaget et Vacheron Constantin, mais aussi de manière nettement plus étonnante chez Richard Mille (RM67-01 Extra Flat de 7,75 mm d’épaisseur) et Panerai (Radiomir 1940 3 Days Automatic Acciaio de 10,93 mm d’épaisseur). Légèreté toujours dans les mouvements squelette dont sont équipées notamment les Jules Audemars Tourbillon Openworked, Clé Squelette Automatic de Cartier, RM 50-02 ACJ de Richard Mille ou Lo Scienziato Luminor 1950 Tourbillon GMT Titanio de Panerai. Légèreté, encore, dans le thème du voyage particulièrement mis en exergue par Montblanc, qui célèbre ses 110 ans avec sa gamme 4810 dédiée aux épopées transatlantiques des paquebots du début du XXe siècle, mais également par Vacheron Constantin, qui donne des ailes à ses Overseas, sans oublier IWC, dont l’exercice est entièrement dédié à ses montres d’aviateur.

On l’aura compris, l’heure n’est pas à la complication extrême. Ce sont les fonctions utiles, chronographe et GMT en tête, qui ont les faveurs des horlogers, tout comme l’évocation poétique des phases de lune, le tout pimenté d’échappements à tourbillon, notamment chez Jaeger-LeCoultre avec son Gyrotourbillon et Montblanc avec son ExoTourbillon. Pour ce qui est des exceptions à la règle, on notera l’Astromystérieux de Cartier, la Royal Oak Concept Supersonnerie d’Audemars Piguet et la Datograph Perpetual Tourbillon d’A. Lange & Söhne. En point d’orgue, la Référence 57260, présentée en fin d’année dernière par Vacheron Constantin et qui est la montre mécanique la plus compliquée jamais produite à ce jour.

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