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Favre-Leuba, une histoire vieille de 291 ans
Histoire & Pièces d'exception

Favre-Leuba, une histoire vieille de 291 ans

lundi, 23 février 2009
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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5 min de lecture

Les dirigeants de la Maison rachetée en 2003 et relancée trois ans plus tard, ont découvert un manuscrit datant de 1718 stipulant qu’à partir de cette date, Abraham Favre, ancien homme d’église, s’initie aux arcanes horlogers. L’enregistrement de la manufacture sera réalisé en 1737.

« A n’en pas douter Favre-Leuba est un grand nom de l’horlogerie suisse que nous repositionnons aujourd’hui avec une production inférieure à 2’000 pièces par an destinées aux passionnés, expose Clément Brunet-Moret, CEO de la marque. Nous privilégions donc la qualité et l’innovation au sein de collections restreintes et exclusives. » Au menu de cette année : des « instruments de sport », la Bathy V2 dotée d’un profondimètre mécanique et indications des temps de plongée et la Bathy Chrono Triple Time Zone. Autre nouveauté : une Angélus Chrono Datolux, qui sera réalisée sur commande car dotée de mouvements Angelus (chronographe à roue à colonnes, jour/date, et phases de lune) datant de 1948 que la Maison a pu récupérer en pièces détachées au nombre d’une cinquantaine, des mouvements qui, à l’époque, avaient également été livrés à Patek Philippe.

Angelus Chrono Datoluxe, mouvement mécanique à remontage manuel, calibre 252 sur base Angelus manufacturé en 1948, boîtier en or gris 18K © Favre-Leuba
Angelus Chrono Datoluxe, mouvement mécanique à remontage manuel, calibre 252 sur base Angelus manufacturé en 1948, boîtier en or gris 18K © Favre-Leuba

Cette démarche exclusive à l’intention des collectionneurs, Favre-Leuba l’a initiée l’an dernier avec son A. Schild édition limitée à 100 pièces. Celles-ci ont été réalisées sur la base d’un calibre de manufacture Schild de 1967, le premier mouvement à battre à 36’000 alternances/heure développé conjointement avec Girard-Perregaux et Favre-Leuba qui a pu retracer ces mouvements « vintage » dans son patrimoine. Troisième pilier de la marque : sa collection Mercury, inspirée de l’éclipse de Mercure par Vénus en 1737, année clé pour la manufacture correspondant à la date officielle de son enregistrement. Une collection déclinée sur trois modèles : Chronographe, Grande Date et Réserve de marche.

Un mouvement de manufacture prévu pour 2011

Mais si, pour ses collections non limitées, Favre-Leuba s’est jusqu’ici fournie chez Dubois-Dépraz en calibres développés en exclusivité, la Maison entend maintenant renouer avec son passé en réalisant son propre mouvement : « un calibre de manufacture développé à l’interne qui bat à 36’000 alternances, en référence aux mouvements historiques de la marque, également à double barillet, autonomie de 8 jours, avec spiral Nivarox, précise Clément Brunet-Moret. Nous sommes en phase de développement 1 pour une première commercialisation prévue fin 2010, début 2011. »

Ce passé, Favre-Leuba le brandit aujourd’hui comme sa propre légitimité. D’autant qu’en été dernier, les nouveaux dirigeants de la Maison découvraient un manuscrit d’époque stipulant qu’Abraham Favre, « père de l’actuelle manufacture » et ancien homme d’église, a commencé à s’initier à la complexité de l’art horloger dès 1718, sous l’œil avisé du Maître Gagnebin. En huit générations de Favre, la manufacture, qui date donc officiellement de 1737, va connaître un succès grandissant, notamment en collaborant avec Jacques-Frédéric Hourriet (1743-1830), père de la chronométrie suisse, puis en s’associant avec les Leuba, une autre famille d’horlogers, dès le début du XIXe siècle. Cette ère qui s’ouvre sera celle de l’expansion commerciale et de la conquête des marchés lointains : Etats-Unis, Chili, Liban, Bahreïn, Singapour, Inde…Succéderont des décennies marquées par plusieurs innovations techniques, notamment entre 1940 et 1970, avec la pcth (1962), une montre dotée d’un altimètre et d’un baromètre anéroïde que l’on retrouve au poignet de Paul-Emile Victor lors de ses expéditions ou de Walter Bonatti, avec également la Bathy (1966) équipée du premier profondimètre mécanique et indicateur des temps de plongée.

L’âge d’or des années 60

« A cette époque, Favre-Leuba explose, précise Clément Brunet-Moret et fait preuve de créativité et de savoir-faire en produisant quelque 650’000 pièces par an dans toutes les gammes de prix, de la montre à quelques francs pour le marché indien au très haut de gamme. Avec trois manufactures en Suisses, des contrats de production sous licence, pour Christian Dior notamment, et des partenariats avec Schild et Girard-Perregaux pour le développement du fameux calibre à 36’000 alternances, Favre-Leuba vit son âge d’or. » Las, l’entreprise familiale va être victime de la bataille des grands groupes durant les dernière décennies du siècle passé. La famille Favre, dans un premier temps, cède la marque au groupe Saphir qui la fusionne avec Jaeger-LeCoultre. Pas pour longtemps : Saphir va successivement revendre les deux Maisons.

De cessions en rachats, Favre-Leuba passe finalement dans le giron de LVMH. Pendant vingt ans, le géant du luxe gardera la Maison au sein du groupe, uniquement intéressé par ses capacités de production pour les Montres Dior, sans lui donner les moyens de relancer la marque. Une fois la licence échue, Favre-Leuba est à nouveau revendue, en 2003, à une famille de passionnés d’horlogerie possédant d’autres marques et des sous-traitants de la branche. Une ultime revente pour un repositionnement entamé dès 2006 est censée redonner à Favre-Leuba tout son lustre d’antan.

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