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Fin d’agitation du sismographe horloger
Economie

Fin d’agitation du sismographe horloger

mardi, 23 mai 2017
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Les résultats des grandes compagnies du luxe ont enregistré une forte progression au premier trimestre de l’année. Dans le secteur horloger, la reprise se dessine, augurant une année 2017 légèrement positive.

Les ténors de l’industrie du luxe ont une chance que nombre de secteurs économiques sont parfaitement en droit de leur envier. La simple évocation de la crise provoque chez eux une amnésie communicative qui pourrait volontiers faire croire à une contagion. En tout état de cause, la lecture des résultats de ce début d’année semble bel et bien conforter l’idée selon laquelle le terme même est banni de leur vocabulaire. Les dernières semaines ont ainsi toutes été émaillées d’annonces à ce point positives qu’elles ont pris de court la communauté financière. Que l’on en juge ! Sur les trois premiers mois de l’année, LVMH a vu ses ventes progresser de 15 % à € 9,8 milliards avec un pôle Montres & Joaillerie qui enregistre un même élan de 14 % à 879 millions. Kering, porté par Gucci, fait mieux avec un chiffre d’affaires trimestriel qui bondit de 27 % à € 3,75 milliards, voire encore de 13 % au sein de ses Maisons d’horlogerie et de joaillerie. Même constat en ce qui concerne Hermès, qui enregistre une hausse de ses ventes de 13,5 % à € 1,35 milliard entre janvier et mars de cette année.

Cartier et Van Cleef & Arpels, qui représentent près de 60 % du chiffre d’affaires de Richemont, ont pu tirer leur épingle du jeu.
L’heure n’est pas encore au champagne

Et l’horlogerie, dans ce nouveau microclimat euphorique ? Force est de constater qu’après deux ans de traversée du désert, synonyme d’une baisse des exportations helvétiques de la branche de 3 % en 2015 puis de 10 % en 2016, l’heure n’est pas encore au champagne. Les récents licenciements intervenus auprès de plusieurs Maisons restent encore de douloureuses réminiscences des problèmes de surproduction. Et si les grands groupes affichent de tels taux de croissance dans leur division concernée, cela tient essentiellement à la bonne tenue des Maisons joaillières : Boucheron et Pomellato chez Kering, Bulgari et Chaumet chez LVMH. Hermès relève de son côté que ses activités horlogères, en baisse de 6 % sur le premier trimestre 2017, restent en effet « pénalisées par un marché toujours difficile ».

Le quartier général du groupe Richemont à Bellevue © Richemont

La récente publication des résultats de Richemont pour son exercice annuel clos à fin mars 2017 est venue apporter sa confirmation. Alors que les horlogers du Groupe ont subi un recul marqué de 11 % de leurs ventes, celles des joailliers Cartier et Van Cleef & Arpels, qui représentent près de 60 % du chiffre d’affaires de Richemont, ont pu tirer leur épingle du jeu, limitant à 2 % la baisse, celle-ci étant encore une fois redevable essentiellement aux départements horlogers des deux Maisons. Au total, Richemont termine ainsi son année sur un repli de 4 % de ses ventes à € 10,6 milliards.

« Les affaires reprennent », ce que la Bourse a déjà largement anticipé avec une cotation de l’action Richemont, qui a pris 51 % depuis l’été 2016 !

En ce qui concerne les résultats de Richemont, on aurait toutefois largement tort de se focaliser sur le plongeon de 46 % du bénéfice net. D’autant que la comparaison est biaisée par le gain extraordinaire de € 540 millions enregistré sur l’exercice précédent à la suite de la fusion entre Net-A-Porter et Yoox. Avec un résultat opérationnel qui s’inscrit en baisse de seulement 14 % à € 1,7 milliard, en grande partie imputable à des charges non récurrentes de l’ordre de 300 millions destinées à des rachats de stocks, à la fermeture d’une trentaine de points de vente et à l’optimisation de l’outil de production, Richemont s’en sort même relativement bien – un grand merci à Cartier ! – et peut envisager son année en cours sur une base largement assainie. Sans parler de ses capacités à maintenir un cash-flow qui alimente une trésorerie nette des plus reluisantes à € 5,7 milliards (+ 8,5 %). Mieux, un comparatif de ses résultats trimestriels montre clairement que la compagnie est sur la pente ascendante. Le recul des ventes de Richemont, de 13 % au semestre, a ainsi pu être progressivement compensé durant la deuxième partie de son exercice fiscal, à – 7 % après neuf mois et – 4 % sur l’année. Autrement dit, « les affaires reprennent », ce que la Bourse a déjà largement anticipé avec une cotation de l’action Richemont, qui a pris 51 % depuis l’été 2016 !

Les États-Unis connaîtront un rebond plus marqué, alors que l’Europe restera en retrait et soumise à la diminution du sentiment d’insécurité.

La Fédération de l’industrie horlogère suisse ne dit pas autre chose dans son analyse portant sur le premier trimestre 2017, marqué par une légère baisse des exportations de montres de 2,6 % à CHF 4,3 milliards : « Le redressement s’est amorcé, mais de manière progressive. Il devrait se muer en croissance modérée au cours du second semestre et esquisser un léger mieux au début de 2018. Toutes les régions ne seront pas concernées dans la même ampleur. Les États-Unis connaîtront un rebond plus marqué, alors que l’Europe restera en retrait et soumise à la diminution du sentiment d’insécurité. Quant à l’Asie, elle aura fort à faire pour compenser le trou creusé par Hong Kong et la baisse de revenus pétroliers notamment. » Du côté asiatique, deux excellentes nouvelles toutefois : la progression de 18 % des exportations vers Hong Kong au mois de mars, progression qui vient mettre un terme à 25 mois consécutifs de baisse, et l’excellente tenue de Chine avec un bond des expéditions horlogères de 16,5 % sur les trois premiers mois de l’année qui vient confirmer une reprise amorcée il y a huit mois déjà. Inutile d’insister sur l’importance de ces deux marchés pour l’horlogerie suisse ces cinq dernières années en termes de « grandeur et décadence ». Reste à espérer que l’on aura suffisamment appris de la phase 2 pour renouer avec la phase 1.

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