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Formation, la FHH à l’offensive
Economie

Formation, la FHH à l’offensive

vendredi, 26 juin 2015
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Pierre Maillard
Rédacteur en chef d’Europa Star et cinéaste

“L’horlogerie, à la confluence de l’industrie et de l’artisanat, est un parfait miroir de son époque.”

Né à Genève en 1954, Pierre Maillard mène une double activité de journaliste horloger et de cinéaste.

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5 min de lecture

Rencontre avec Aurélie Streit, qui détaille les actions ambitieuses de la FHH dans le domaine clé de la formation des « intermédiaires ».

Quand, il y a dix ans, sous l’impulsion décisive de Franco Cologni, le groupe Richemont, Audemars Piguet et Girard Perregaux ont créé ensemble la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH), les objectifs affichés étaient au nombre de trois : informer et transmettre la passion, la culture et le savoir-faire de la Haute Horlogerie ; jouer le rôle de think tank de l’industrie ; et, enfin, contribuer activement à la formation des professionnels de la Haute Horlogerie.

Aujourd’hui, alors que la FHH regroupe désormais 26 marques partenaires, elle a décidé d’amplifier ses efforts dans le domaine de la formation des « intermédiaires ».

Le manque de formation des intermédiaires au niveau mondial est criant.

Aurélie Streit, une jeune ingénieure en logistique et supply chain passée par la gestion des fournitures, la distribution, le marketing et le service client pour successivement le groupe Sowind, Audemars Piguet puis Piaget, a récemment été nommée directrice de la formation au sein de la FHH. De ce poste clé, elle coordonne désormais d’ambitieux projets. En effet, le manque de formation des intermédiaires au niveau mondial est criant. Les anecdotes abondent qui recensent les réponses les plus farfelues aux questions de clients de mieux en mieux informés et dont les compétences dépassent souvent celles du vendeur censé leur vanter les qualités d’un produit. Et le problème n’est pas confiné aux « marchés émergents ». Il peut surgir jusqu’au cœur de la Haute Horlogerie, à Genève, où, dans la boutique d’une très grande marque, un client potentiel s’est récemment vu répondre « Mais, Monsieur, dans cette montre tout est en silicium » quand il demandait poliment si l’organe réglant était dans ce matériau. Une montre tout en silicium ? À notre connaissance, nous n’avons jamais vu ça.

« Ouvrir les yeux, améliorer le niveau général, faire monter en compétence les intermédiaires », tels sont les buts premiers de cette vaste offensive que mène la FHH sur le terrain de la formation. Car, comme le souligne Aurélie Streit, « auparavant, en dehors des formations spécifiques à chaque marque, il n’existait rien au niveau mondial qui s’adressât au personnel non technique, aux conseillers à la vente ou aux employés de la marque dans ses divisions financières, légales, etc. Mais, au-delà de notre mission proprement “culturelle”, si nous tenons à délivrer les clés de la compréhension horlogère globale, c’est aussi in fine pour soutenir les marques et améliorer leurs performances commerciales ».

Plusieurs programmes ont donc été lancés qui doivent monter en puissance au cours des prochains mois et des prochaines années.

Première action, la mise en place d’une « académie » dont le but de cette « académie » est de « délivrer les clés de compréhension des techniques horlogères, de transmettre les connaissances de base afin d’améliorer la compétence et la confiance des vendeurs dans l’exercice de leur métier ».

Ces cours ont connu d’emblée un vif succès.

Trois types de cours ont été conçus en collaboration avec des spécialistes de la vente en boutique, des horlogers et des pédagogues. « Et, en écho au monde du luxe dans lequel ces intermédiaires travaillent, nous avons particulièrement soigné ces présentations, créé un bel univers PowerPoint, rendu l’approche attractive en jouant de l’interactivité, en passant par des jeux de rôle, en ponctuant les cours d’anecdotes », tient à préciser Aurélie Streit. Délivrés dans la plupart des langues européennes et asiatiques par 14 formateurs répartis à travers le monde (ils sont basés en Suisse, France, Italie, Allemagne, États-Unis, Amérique latine, Chine, Hong Kong, Japon), ces cours ont connu d’emblée un vif succès. Lancés en août 2014, plus de 200 cours ont déjà été délivrés.

« Watch Essential », le module de base, se déroule sur un jour et demi à deux jours. Il s’agit d’un cours très structuré qui initie aux bases de la connaissance horlogère et cherche à stimuler l’« élève » pour lui donner envie d’aller plus loin dans sa connaissance. Il est complété par un cours pratique d’horlogerie sur la base de mouvements Unitas (qui sont souvent le premier mouvement sur lequel s’exercent les horlogers du monde entier). « Le problème de la formation, surtout si elle se déploie dans le monde entier, est le coût de la logistique. Pour le pallier, nous avons mis au point des “établis-kits” fabriqués sur mesure, qui contiennent tous les outils nécessaires – loupes et éclairage – et qui tiennent chacun dans de très pratiques fly-case. »

Nous fournissons des arguments de vente, en ouvrant les yeux sur les innombrables détails qui constituent l’essence de l’horlogerie mécanique.
Aurélie Streit

Passé ce premier cours de base, des modules thématiques sont proposés, d’une durée d’un jour : Chrono Class, Tourbillon Class, Calendar Class, Timezone Class.
Chacune de ces classes spécialisées se focalise sur une complication particulière, en dépeint l’historique, en décrit les différentes technologies, présente les modèles historiques les plus emblématiques et les nouveautés de l’année dans la catégorie. « Ces cours ne sont pas hors-sol, commente Aurélie Streit, ils sont en lien avec l’actualité du secteur et l’état réel de la situation. Grâce à cette formation, nous fournissons des arguments de vente, en ouvrant les yeux sur les innombrables détails qui constituent l’essence de l’horlogerie mécanique. »

*Article paru dans Europa Star Première

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