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Formation : le système helvétique répond aux besoins de la...
Economie

Formation : le système helvétique répond aux besoins de la branche

mardi, 11 novembre 2014
Par Thierry Brandt
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Thierry Brandt

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5 min de lecture

Depuis 2010, l’horlogerie suisse forme chaque année un nombre record d’apprentis. En 2013, ils ont été 385 à obtenir ou un CFC (Certificat fédéral de capacité), ou une AFP (Attestation fédérale de formation professionnelle). Dix ans plus tôt, ces derniers n’étaient encore que 206.

Il existe trois filières de formation. La principale, c’est bien sûr celle des écoles d’horlogerie. Elles sont au nombre de six. Viennent ensuite les entreprises qui disposent de leurs propres structures d’enseignement. Enfin, il faut mentionner la formule modulaire mise au point par la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse (CP), proposée aux adultes désireux de se perfectionner, de se reconvertir ou de se réinsérer professionnellement. De l’avis général, le système fonctionne bien et permet de répondre aux attentes du secteur.

La définition de Nicolas Hayek

Nicolas Hayek n’était pas professeur. Mais le gourou de l’horlogerie suisse avait une idée juste des qualités nécessaires à un bon artisan du secteur : « Les horlogers doivent trouver le juste équilibre entre les traditions horlogères consacrées au temps et la technologie d’avant-garde de nos jours. Les qualités d’un horloger incluent, entre autres, l’imagination, le talent artistique, la noblesse de l’artisanat, l’ingénierie et la micromécanique », comme on peut le lire sur le site web du groupe Swatch. Qualités importantes qui ne sont pas données à tout le monde et qui ne peuvent s’acquérir que dans le cadre d’un modèle de formation exigeant. Les différentes filières proposées en Suisse sont-elles à la hauteur des attentes en question ? Oui, de toute évidence, aussi bien qualitativement que quantitativement.

De manière générale, la Suisse défend avec fierté son système d’apprentissage. Dans le secteur horloger, ce dernier est l’héritier d’une tradition qui remonte à bientôt 200 ans. C’est en effet au milieu du XIXe siècle, et même juste avant, que les premières écoles d’horlogerie ont été fondées, afin de répondre à une demande des fabricants. Genève a ouvert le bal en 1824. À l’heure actuelle, on en dénombre six, dispersées comme il se doit dans tout l’Arc jurassien. Outre celle de Genève, elles se répartissent entre les cantons de Vaud (ETVJ, École technique de la Vallée de Joux), de Neuchâtel (École technique du Cifom, implantée principalement au Locle), de Berne (CFP/BBZ, à Bienne), de Soleure (ZeitZentrum Uhrmacherschule, à Granges) et du Jura (EHMP, à Porrentruy). Elles sont régies par une réglementation fédérale qui est remise à jour tous les cinq ans, histoire d’adapter les exigences techniques et pédagogiques. Le prochain règlement entrera d’ailleurs en vigueur dans quelques semaines, le 1er janvier 2015. Il concernera les élèves qui entameront leur cursus en août de la même année.

On milite en tout cas activement pour la formation duale.
Deux voies principales

Il en va de la formation horlogère comme de celle des autres branches. Elle propose deux voies principales aux jeunes ayant terminé leur école obligatoire : l’apprentissage à plein temps en école et l’apprentissage dual, autrement dit en partage entre école et entreprise. Actuellement, si l’on regarde les statistiques, la première voie est majoritaire. Mais on s’achemine lentement vers la parité. Du côté de la Convention patronale, on milite en tout cas activement pour la formation duale, qui place d’emblée les apprentis face aux réalités du travail en entreprise.
Quels sont les métiers que l’on peut apprendre dans ce cadre ? Ils sont au nombre de huit. Et quels sont ceux qui sont le plus prisés ? Les derniers résultats publiés (2013) déterminent l’ordre d’importance suivant :
• horloger praticien (CFC, 154 diplômés)
• horloger dans le domaine du rhabillage (CFC, 74 diplômés)
• micromécanicien (CFC, 45 diplômés)
• opérateurs en horlogerie (AFP, 36 diplômés)
• dessinateur/constructeur en microtechnique (CFC, 33 diplômés)
• horloger dans le domaine de l’industrie (CFC, 24 diplômés)
• termineur en habillage horloger (CFC, 12 diplômés)
• polisseur (CFC, 7 diplômés)
Quant à la durée de ces différentes formations, elle est de trois ou quatre ans selon le métier choisi.

On encourage les entreprises à faire encore davantage d’efforts en faveur de la formation des apprentis.
Revalorisation des métiers horlogers

À ces filières classiques s’ajoutent les formations modulaires, qui regroupent les participants sur sept sites : Delémont, Genève, La Chaux-de-Fonds, Le Locle, Morges, Tramelan et Morteau (France). Pilotées par la Convention patronale, elles existent depuis maintenant 20 ans. Dispensées essentiellement sous la forme de cours du soir, elles s’adressent aux adultes peu ou pas qualifiés souhaitant se perfectionner, mais également à tous ceux qui visent une reconversion ou une réinsertion professionnelle. De 1994 à aujourd’hui, la formation modulaire a vu passer plus de 1’900 personnes et délivré plus de 300 titres fédéraux (CFC + AFP).
Peut-on dès lors parler d’engouement pour les métiers de l’horlogerie ? C’est sans doute exagéré. Mais il est indéniable que ces professions ont bénéficié d’une revalorisation importante depuis 20 ans, en relation évidemment avec le développement presque continu du secteur et à l’excellente image dont bénéficient les marques. Les quelque 2’000 apprentis qui sont aujourd’hui en formation devraient donc pouvoir compenser les départs prévus ces prochaines années. Cela dit, du côté de la Convention patronale comme des syndicats, on encourage les entreprises à faire encore davantage d’efforts en faveur de la formation des apprentis, notamment dans les PME.

> Lire également – Suisse: comment se former à l’horlogerie

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