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Economie

François-Paul Journe : « Si tu n’es pas propriétaire de ton cadran, tu n’es pas propriétaire de ton âme. »

mercredi, 26 septembre 2012
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Michel Jeannot
Journaliste spécialisé, BIPH

“L’éternité, c’est long, surtout vers la fin.”

Woody Allen

Michel Jeannot dirige, en Suisse, le Bureau d’information et de presse horlogère (BIPH), une équipe de journalistes collaborant avec une dizaine de médias dans le monde.

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5 min de lecture

Les Cadraniers de Genève et les Boîtiers de Genève viennent de prendre possession d’un nouveau site de production à Meyrin. François-Paul Journe se félicite de ces nouvelles facilités et de sa relation avec Vacheron Constantin, coactionnaire des Cadraniers de Genève.

« Si les groupes s’intéressent aux petits sous-traitants, c’est qu’en horlogerie il ne sert à rien d’acheter une usine et des machines. Il faut avant tout disposer de compétences, et les compétences sont humaines. Voilà pourquoi il ne suffit pas d’investir des montants considérables pour se doter d’un centre de compétences d’exception. » À l’initiative, il y a 12 ans, de la création des Cadraniers de Genève, François-Paul Journe défend avec vigueur les artisans et leurs savoir-faire réunis désormais dans le nouvel espace de production inauguré récemment à Meyrin.

François-Paul Journe, fondateur et CEO de F. P. Journe

C’est également cette recherche de compétences qui l’a conduit à travailler depuis 25 ans avec un fabricant de boîtes parisien fort réputé – qui œuvrait alors pour les plus grands noms –, au point d’en devenir le plus important client. F.P.Journe se porte alors acquéreur de la société installée à Clamart, près de Paris. Or, l’éloignement de Genève devenait complexe à gérer. L’opportunité de réunir cadranier et fabricant de boîtes sur un même site à Meyrin allait précipiter le déménagement de l’entreprise parisienne, désormais active sous la raison sociale « Boîtiers de Genève SA ». Des dix personnes occupées à Paris, cinq ont suivi François-Paul Journe à Genève.

Deux métiers essentiels

« Qu’il s’agisse des Cadraniers de Genève ou des Boîtiers de Genève, jamais je n’aurais tenté ces aventures sans les collaborateurs qui travaillent ici aujourd’hui », soutient François-Paul Journe. Et l’objectif à terme est de continuer à mettre en avant les compétences, de croître sereinement et de produire « la crème de la crème » en termes de cadrans et de boîtiers. « Ce sont deux métiers essentiels, résume François-Paul Journe. Le cadran est le visage et l’âme de la montre. Si tu n’es pas propriétaire de ton cadran, tu n’es pas propriétaire de ton âme. Idem pour le boîtier, qui est le cadre du tableau. Sans l’un ni l’autre, il manque des savoir-faire essentiels. »
Ayant pris l’an dernier une participation de 50 % dans les Cadraniers de Genève, en lieu et place de Harry Winston, Vacheron Constantin se félicite également de cette coentreprise. L’entrée de la marque dans la société a permis aux Cadraniers de Genève d’assurer un volume de production suffisant pour maintenir une production fluide, notamment par un doublement de chacun des postes dans cette activité comptant pas moins de 12 métiers.

Les Cadraniers de Genève occupent aujourd’hui 22 collaborateurs. Outre F.P.Journe et Vacheron Constantin, la société compte également Audemars Piguet et quelques plus petites marques au nombre de ses clients. La production est de l’ordre de 11 000 cadrans par an – dont une majorité dédiée à Vacheron Constantin – et devrait croître de quelque 30 % dans un avenir proche, avec l’objectif de doubler la production à un horizon de cinq ans. Les surfaces disponibles aujourd’hui à Meyrin permettent cette évolution, mais les deux coactionnaires ne montrent aucun empressement. « Lorsqu’une entreprise s’appuie sur deux marques sérieuses, c’est extrêmement confortable, se réjouit François-Paul Journe. Cela nous permet de nous développer dans une parfaite sérénité. Et pour ce faire, Vacheron Constantin est le partenaire idéal. »

« Ensemble, nous pouvons aller très loin »

« Ce sont les artisans et les collaborateurs qui sont, avec François-Paul Journe, à la pointe de cette aventure, reconnaît Juan Carlos Torres, CEO de Vacheron Constantin. Les compétences sont là. Ensemble, nous pouvons aller très loin. » Et d’insister sur la parfaite compréhension entre les marques et les équipes : « Avec F.P.Journe, nous avons les mêmes attentes et les mêmes exigences en termes de produit et de qualité. »

 

Juan-Carlos Torres, CEO de Vacheron Constantin

Pour Vacheron Constantin, non seulement cette participation dans les Cadraniers de Genève est une alliance en termes de philosophie « produit » portant sur des exigences communes, mais elle est aussi stratégique. De fait, si la production réalisée à Meyrin ne couvre qu’une part (environ 30 %) des besoins de Vacheron Constantin, elle permet en premier lieu d’absorber la croissance de production liée à la très forte demande pour les produits de la marque.

Quant à savoir si les Boîtiers de Genève produiront également pour d’autres marques, à commencer par Vacheron Constantin, François-Paul Journe y voit des opportunités à terme. Pour l’heure, il préfère consolider et stabiliser la production sur le nouveau site, histoire de rattraper le retard de production sur les produits F.P.Journe consécutif au déménagement. Juan Carlos Torres va dans le même sens : « Comme dans un mouvement horloger, il faut d’abord que les roues se rencontrent avant de s’emboîter et de mouvoir l’ensemble. Nous ne sommes pas pressés, mais l’opportunité est bien là. »

Article paru dans le BIPH

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