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Genève, une immense Fabrique de montres
Histoire & Pièces d'exception

Genève, une immense Fabrique de montres

mercredi, 20 mai 2009
Par Gian Pozzy
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Gian Pozzy

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3 min de lecture

« La fabrique qui fleurit le plus à Genève est celle de l’horlogerie ; elle occupe plus de 5’000 personnes, c’est-à-dire plus de la cinquième partie des citoyens », explique en 1757 l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert dans le long article qu’elle consacre à Genève. Le mot fabrique était en l’occurrence écrit sans majuscule mais on parle bien de cette multitude d’horlogers, orfèvres, bijoutiers et artisans de tous les métiers annexes dont les « cabinets » fleurissaient sur la rive droite du Rhône au XVIIIe siècle, concourant tous ensemble à la fabrication de montres et de bijoux.

Genève était alors un immense atelier où des personnes, des techniques et des commerces voués à la mesure du temps, à la bijouterie et à la décoration d’objets d’art fonctionnent en réseau sur la base de relations interpersonnelles. La ville dispose d’une main-d’œuvre hautement qualifiée, composée d’artisans entourés de leurs apprentis et compagnons.

Mais on n’en est pas encore là. Au XVIe siècle, quand Calvin s’installe à Genève, il entreprend rapidement de bannir ces manifestations de luxe que sont bijoux et objets ornementaux, forçant les orfèvres à se tourner vers l’horlogerie. Ce qu’ils font d’autant plus aisément que, dès 1550, on voit affluer de plus en plus de huguenots français passés maîtres dans l’art horloger. Vers 1560, une quarantaine de maîtrises sont créées et c’est en 1601 que les horlogers quittent la corporation des orfèvres pour constituer la première corporation d’horlogers du monde, la Maîtrise des horlogers de Genève. Les « Ordonnances et Reiglement sur l’Estat des Orlogiers », explique Estelle Fallet, conservatrice du Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie, détaillent l’organisation de la profession, l’apprentissage, le compagnonnage, l’admission à la maîtrise et les règles de bienfacture. Après cinq ans d’apprentissage au moins, le candidat à la maîtrise doit réaliser « un petit reloge à réveille-matin à porter au col et une horloge carré à tenir sur la table ».

Au fil des ans, au sein de la Fabrique genevoise, la division du travail s’accentue et de nouvelles maîtrises sont créées : celle de monteurs de boîte en 1698, celle des graveurs en 1716. Tous ces métiers resteront interdits aux femmes jusqu’en 1785 ; elles se contentent de fabriquer les chaînettes et c’est à ce titre qu’elles rejoignent la maîtrise des horlogers en 1690.

Un siècle plus tard, en 1790, Genève exporte déjà plus de 60’000 montres. Le succès du savoir-faire de la Fabrique est tel que la corporation des horlogers genevois ne peut empêcher des ateliers d’essaimer sur la rive nord du lac Léman et dans tout l’Arc jurassien.

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