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Points de vue

Georges-Henri Meylan serait-il le nouveau Saint-Bernard de la Haute Horlogerie?

lundi, 28 janvier 2013
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Ancien CEO d’Audemars Piguet, Georges-Henri Meylan est la figure tutélaire de Hautlence et H. Moser & Cie. Rencontre avec le patron de MELB Holding.

Il a fait merveille chez Audemars Piguet et se lance aujourd’hui aux côtés de Hautlence et H. Moser & Cie, deux marques en difficulté lors de leur récent rachat. Georges-Henri Meylan, saint-bernard de la Haute Horlogerie ? Entretien au Geneva Time Exhibition, où les deux Maisons sont présentes.

Quelle est la stratégie derrière la reprise de Hautlence et H. Moser & Cie ?

Georges-Henri Meylan : Nous sommes un groupe d’amis, dont plusieurs anciens collaborateurs d’Audemars Piguet, sans oublier mes deux fils, qui sont également dans la profession. Alors nous nous sommes dit : « Pourquoi ne pas refaire quelque chose ensemble ? » Chez Hautlence, les actionnaires d’origine, hors Guillaume Tetu, qui reste directeur de la marque, avaient abandonné le navire avant le dépôt de bilan. Il s’agissait là d’une opportunité intéressante. Mais pour que notre démarche ait véritablement du sens, il nous fallait constituer un groupe fort de deux à trois marques nous permettant de cultiver les synergies afin de diminuer les coûts et rétablir les marges.

D’où l’acquisition de H. Moser & Cie…

En effet. Parallèlement à la reprise de Hautlence, j’ai été contacté par Thomas Straumann, qui voulait que je réalise un audit à propos de la Maison H. Moser & Cie pour savoir comment redresser cette entreprise qui lui appartenait. Ce que j’ai fait. Quand il a fallu l’appliquer, je me suis toutefois montré d’accord, à la seule condition de pouvoir prendre les commandes. Ce qui explique le rachat de Moser il y a deux mois. Cela explique également que nous n’avons pas encore eu le temps de faire grand-chose dans cette société. Nos premières mesures ont été de réduire le nombre de collaborateurs de 75 à 50. Il s’agit maintenant de redévelopper le marché avec de nouveaux produits et, surtout, d’exploiter la formidable saga de cette marque née en Russie au début du XIXe siècle avec un ancrage historique fort aussi bien au Locle qu’à Schaffhouse.

Vos choix se sont portés sur des entreprises en difficulté. N’est-ce pas un peu dangereux ?

L’alternative aurait été de racheter des Maisons profitables, mais à quel prix ? Avec Moser et Hautlence, nous redémarrons à la base avec un petit côté « coup de poker ». Cela dit, je suis confiant et je dois dire que j’apprécie ce nouveau rôle que je joue en tant que coordinateur des deux marques. Cela représente plus de travail que je ne l’aurais pensé, mais je me vois mal passer ma « retraite » à regarder la télévision.

Quels sont les enjeux pour les deux marques ?

Avec Moser, nous pouvons tabler sur un certain nombre de mouvements, que l’on doit certes simplifier, voire stabiliser. Cela nous évite toutefois la construction de calibres au prix fort et nous laisse espérer un abaissement des coûts. Pour ce qui est de l’outil industriel, la marque fait un peu d’usinage et de l’assemblage mais peut compter sur un vaste réseau de sous-traitants. Et puis il y a Precision Engineering, qui réalise des échappements que l’on veut également remettre sur pied dans la mesure où nous avons d’ores et déjà des demandes soutenues, notamment pour des livraisons de spiraux. À terme, nous voulons faire passer la production actuelle de quelque 1 000 pièces à un volume annuel compris entre 2 000 et 3 000 montres.
Pour ce qui est de Hautlence, où nous sommes intervenus plus tôt et où nous pouvons compter sur Guillaume Tetu, homme de produits s’il en est, nous présentons aujourd’hui déjà les premiers développements qui doivent permettre d’élargir le cercle et la diffusion de la marque. En ce sens, nous sommes en train de mettre sur pied une société à Hong Kong qui assurera la représentation de Moser, Hautlence mais également De Bethune, pour Hong Kong évidement mais aussi pour la Grande Chine.

Avez-vous d’autres projets d’acquisition en vue ?

Nous sommes effectivement sur un autre dossier. Mais il est encore trop tôt pour en parler. Cela dit, nous envisageons également d’étendre le cercle d’actionnaires pour une plate-forme d’investissement élargie. Mais chaque chose en son temps. Nous devons d’abord mettre les choses en place au sein de Hautlence et Moser.

Est-ce que ce sont des erreurs stratégiques qui sont à la base des difficultés de ces deux marques ?

Je pense que cela tient surtout au fait que les actionnaires d’origine de ces deux entités n’avaient jamais mis les pieds dans l’horlogerie. Ce qu’a d’ailleurs volontiers reconnu Thomas Straumann. En ce qui nous concerne, nous visons l’équilibre financier pour les deux Maisons en 2015, dépendamment de la conjoncture économique, cela va de soi !

Hautlence repense son positionnement

Après huit ans d’existence, Hautlence changeait de mains, repris par MELB Holding, société d’investissement liée à l’ancien patron d’Audemars Piguet Georges-Henri Meylan. « On peut voir deux niveaux de lecture dans ce rachat intervenu en 2012, commente Guillaume Tetu, le seul actionnaire d’origine qui est resté dans l’entreprise et en assure toujours la direction. Le premier tient à la pérennité de l’entreprise, qui dispose désormais en Georges-Henri Meylan d’un actionnaire dont la réputation n’est plus à faire et qui est à même de nous ouvrir des portes. En ce sens, on pourrait presque dire qu’une nouvelle marque est née. Le second tient au positionnement de Hautlence, qui reposait sur une offre produits presque unique malgré le nombre de références, soit des montres à CHF 60 000. La première chose a donc été de repenser les collections pour assurer un nouveau départ. »

Il en a résulté une forte simplification des gammes et, surtout, une ouverture de la marque vers des montres plus accessibles. « L’esprit de Hautlence est clairement identifié avec les concepts d’architecture et de design, poursuit Guillaume Tetu. Nous avons donc organisé nos produits selon deux lignes distinctes : Origine, qui comprend, comme son nom l’indique, les pièces “historiquesˮ de la Maison, et Avant-Garde, où nous présentons désormais des garde-temps nettement plus abordables, à partir de CHF 30 000. Nous avons toujours nos montres concepts qui, elles, culminent autour de CHF 200 000, comme la HL2.2, mais pour faire contrepoids nous allons présenter cette année encore des produits qui seront vendus en dessous de CHF 20 000. Quant au nombre de références, il est passé de 50 à 16. » Avec ce nouvel élan imprimé à la marque, Hautlence, qui écoulait encore 300 pièces en 2008, pour ensuite progressivement décliner, entend relever la barre à un volume de 250 montres cette année avec un objectif à terme de 500 garde-temps.

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