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Hermès en apesanteur
Economie

Hermès en apesanteur

mercredi, 12 juillet 2017
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Les mois passent sans qu’un seul nuage vienne assombrir les perspectives de croissance d’Hermès. Après une progression de 7,5 % en 2016, la Maison parisienne a encore enregistré une hausse de 13,5 % au premier trimestre. L’horlogerie reste toutefois à la peine.

Chez Hermès, les mois passent et se ressemblent, avec une croissance à ce point ancrée dans le modèle d’affaires de la Maison qu’elle ne souffre d’aucune anicroche. La communauté financière ne s’y est pas trompée pour couver les actions Hermès de regards attendris. Déjà que les compagnies du luxe ont la cote auprès des investisseurs, mais pour ce qui est d’Hermès le stade du flirt est largement dépassé. Pour preuve, en avril dernier, les titres Hermès atteignaient un plus haut historique à € 461 pour un ratio prix/bénéfices véritablement affolant de plus de 40x. Alors, certes, Hermès est huit fois plus petit que LVMH et ne « pèse » que la moitié de Richemont en termes de chiffre d’affaires, mais sa rentabilité est de celles qui font pâlir tout directeur financier qui se respecte. Sur des ventes de € 5,2 milliards en 2016, en hausse de 7,5 % sur un an, la Maison a dégagé un bénéfice opérationnel de 1,6 milliard, soit une marge de 32 % ! Qui dit mieux ? En comparaison, sur son exercice annuel clos à fin mars dernier, Richemont a dégagé une marge opérationnelle de 16,6 % sur un chiffre d’affaires de € 10,6 milliards, LVMH de 18,7 % en 2016 et le Swatch Group de 10,7 %.

Pour Isabelle Chaboud, le succès d’Hermès tient à quelques facteurs clés. En tout premier, à une « vraie identité française » forgée sur des créations de haute qualité.

Une conclusion s’impose : « La Maison familiale surpasse chaque année ses concurrents en matière de rentabilité et de performance », comme l’explique Isabelle Chaboud, professeur associé d’analyse financière à l’École de management de Grenoble, dans une longue étude publiée par The Conversation. L’exercice 2017 ne devrait d’ailleurs pas faire exception à la règle. Après un premier trimestre marqué par une solide progression de 13,5 % de ses ventes, les dirigeants du Groupe sont confiants de pouvoir maintenir ce cap sur l’ensemble de l’année. En d’autres termes, dans un contexte économique où nombre de multinationales sont à la peine, Hermès tire parfaitement son épingle du jeu et, de surcroît, sur la base d’un bilan parfaitement sain, quasi sans endettement et avec une trésorerie nette de quelque € 2,3 milliards. Seule petite ombre au tableau, l’horlogerie Hermès, qui pèse 3 % des ventes du Groupe, a enregistré une baisse de 3,2 % l’an dernier à € 158 millions. Elle semble toutefois progressivement revenir à meilleure fortune. Le recul, de 10,5 % entre octobre et décembre 2016, n’était plus que de 3,5 % au premier trimestre de l’année.

Hermès
La Montre Hermès © Hermès

Pour Isabelle Chaboud, le succès d’Hermès tient à quelques facteurs clés. En tout premier, à une « vraie identité française » forgée sur des créations de haute qualité en lien avec le monde équin. Si la Maison a entamé une vraie stratégie de diversification à partir des années 1950 et une internationalisation de ses réseaux de vente, dont 307 magasins exclusifs dans le monde, elle n’en a pas moins privilégié la France comme site de production pour la plupart de ses produits, hormis quelques exceptions dont, évidemment, l’horlogerie en raison du Swiss Made. Au total, sur ses 50 sites de production, le groupe Hermès en dispose de 38 en France, qui occupent 4 300 artisans, dont 2 900 maroquiniers-selliers formés sur des générations. « Préserver la fabrication dans le pays d’origine pour la plupart de ses produits est un des éléments clés de la stratégie d’Hermès », relève Isabelle Chaboud. Tout comme ses capacités à « réaliser des produits d’exception, à créer de nouveaux objets, articles avec toujours une priorité absolue pour le beau, une qualité exceptionnelle et un raffinement extrême ». Et de citer, évidemment, le sac Kelly, le Birkin, l’Eau d’Hermès ou les fameux carrés de soie avec toujours cette même attention accordée aux traditions, aux savoir-faire des artisans et à la qualité des matières premières. C’est notamment le cas au niveau des peaux, qui ont incité la Maison à racheter trois fermes d’élevage de crocodiles en Australie.

Le Groupe qui rayonne à l’international a préservé son identité et incarne le luxe à la française.
Isabelle Chaboud

Le sens de l’innovation fait également partie des atouts Hermès, qui lançait en 2010 « Petit h » sous la férule de Pascale Mussard, un « concept store » qui présente des pièces uniques à partir d’objets et de matériaux de récupération issus des ateliers Hermès. Autre exemple : la collaboration avec Apple pour les bracelets de sa montre connectée qui a débouché sur la présentation d’un nouveau modèle avec la Manchette Double Boucle en veau Swift ou Epson. Dernier facteur et non des moindres : la présence de la famille, au niveau tant de la direction que de l’actionnariat du Groupe. Même Bernard Arnault, de LVMH, qui est allé jusqu’à accaparer 23 % du Groupe, a dû faire machine arrière, preuve des liens familiaux indéfectibles qui unissent les descendants de Thierry Hermès, eux qui contrôlent aujourd’hui 70 % du Groupe. Pas de doute, pour Isabelle Chaboud, « le Groupe qui rayonne à l’international a préservé son identité et incarne le luxe à la française ».

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