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Histoires de quantièmes chez Vacheron Constantin
Histoires de montres

Histoires de quantièmes chez Vacheron Constantin

mercredi, 29 mai 2019
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

L’actualité rattrapée par l’histoire devient vite fascinante. C’est ce qu’a vécu Vacheron Constantin, dont la présentation de sa dernière Patrimony quantième perpétuel ultra-plat trouvait un magnifique éclairage via la vente aux enchères de la Don Pancho, montre exceptionnelle de la Maison réalisée dans les années 1930. Explications.

Cela devait être une visite de manufacture, somme toute assez classique, prévue pour la présentation de la toute dernière Vacheron Constantin Patrimony quantième perpétuel ultra-plat au cadran bleu, soit une animation de gamme plus ou moins prévisible étant donné que la ligne Patrimony se pare de bleu dans ses différentes variantes depuis quelques mois. L’actualité en a voulu autrement. Il se trouve en effet que la fin de semaine précédant le rendez-vous pris chez Vacheron Constantin était précisément dédiée à la session des ventes aux enchères genevoises de printemps. Une session qui, chez Phillips, proposait en guise de « star américaine » la mise à l’encan de la « Don Pancho », une montre réalisée par Vacheron Constantin durant les années 1930 qui passe aux yeux des collectionneurs pour une réalisation d’exception. Avec un passé qui remonte à 1755, inutile de dire que ces plongeons dans l’histoire de Vacheron Constantin apportent toujours un éclairage des plus fascinants sur son approche contemporaine de la mesure du temps. Quantième perpétuel compris.

Trois raretés

Or, cette Don Pancho, il en a très longtemps été question par le seul truchement d’une photographie anodine figurant dans un catalogue Vacheron Constantin que seuls les esprits éclairés pouvaient distinguer. D’autant que pendant plus de 60 ans elle avait complètement disparu des radars, laissant douter de son existence même. Pour la petite histoire, c’est en décembre 1935 que Vacheron Constantin reçoit de la part de son revendeur espagnol Brooking une commande pour une pièce unique à complication. En raison des difficultés de communication au moment du deuxième conflit mondial, en raison également de la guerre d’Espagne qui avait fait fuir le commanditaire Francisco Martinez Llano au Chili, il faudra pas moins de quatre ans pour la réaliser. En 1940, Vacheron n’en livre pas moins la Référence 3620, connue aujourd’hui comme la « Don Pancho », surnom de son premier propriétaire, soit une montre-bracelet tout à fait singulière avec son boîtier tonneau en or jaune, couronne à 12 h, répétition minutes aux tonalités basses, indication des jours de la semaine sur le compteur de la petite seconde et quantième par aiguille centrale rétrograde. Pour concrétiser la commande, Vacheron Constantin travaillera avec des horlogers reconnus de la « Vallée » : Paul Nicole pour l’ébauche et Victorin Piguet pour le module de calendrier perpétuel, « bridé » en l’occurrence en quantième simple pour ne pas surcharger l’affichage du cadran.

En 1940, la Don Pancho a été facturée 3'500 francs suisses.

Au final, pour les initiés, cette Référence 3620 est l’une des trois seules montres de poignet connues et produites avant 1940 réunissant une répétition minutes et des indications calendaires. Facturée à l’époque 3’500 francs suisses, cette Don Pancho est partie sous le marteau d’Aurel Bacs pour 600’000 francs suisses hors commissions, la deuxième meilleure performance jamais réalisée pour une montre-bracelet Vacheron Constantin. Vue sous cet angle, cette incursion de la Maison dans la réalisation d’un quantième de poignet prend un relief singulier dans la mesure où elle a très longtemps privilégié une approche vraiment classique des complications horlogères. Si les archives de Vacheron Constantin font état d’un premier quantième perpétuel en 1884, intégré dans une pièce de poche double face en or jaune, il faudra attendre exactement 100 ans pour qu’apparaisse cette complication en montre-bracelet, proposée en l’occurrence en version automatique extra-plate. Durant tout un siècle, la Maison va ainsi développer son expertise du quantième et plus largement des grandes complications dans le contexte de la montre gousset avec un âge d’or dans les années 1920 et 1930. C’est en effet à cette époque que Vacheron Constantin réalise par exemple le garde-temps magistral offert en 1929 au roi Fouad Ier d’Égypte associant un chronographe, un quantième perpétuel, une répétition minutes, petite et grande sonneries.

Des quantièmes à foison

Cette dichotomie entre montre de poche et montre de poignet n’est certainement pas totalement étrangère au fait qu’entre les années 1938 et 1965 Vacheron Constantin est intégré dans la Société anonyme de produits industriels et commerciaux (Sapic) aux côtés de Jaeger-LeCoultre, qui en détient la majorité du capital. Vacheron Constantin, qui y perd une grande partie de son autonomie industrielle, travaille dès lors sur la base de calibres livrés par son partenaire. Parmi ceux-ci figure le calibre 1120 de 1967, extra-plat avec ses 2,45 mm de hauteur, qui servira précisément de mouvement de base avec module additionnel pour la réalisation du premier quantième perpétuel de poignet présenté en 1984. « Depuis, le quantième perpétuel fait partie des collections Patrimony, Traditionnelle et Overseas de la Maison, quand il n’est pas intégré dans des mécanismes à grande complication, une tradition immuable chez Vacheron Constantin, précise la Maison. Ces dernières années, la manufacture s’est ainsi largement distinguée par des montres dont la complexité est devenue un art à part entière. »

On l’aura compris, la présentation de la nouvelle Patrimony à quantième perpétuel était un beau prétexte.

Plus question en effet de dépendre de tiers. Depuis que Vacheron Constantin est passé dans le giron du groupe Richemont en 1996, la Maison a clairement les moyens de ses ambitions, disposant désormais d’un outil industriel de pointe à proximité de Genève, son implantation historique. Et avec l’outil industriel va le développement de produits, notamment au sein de l’atelier des Cabinotiers, qui fait merveille. On se souvient de la Tour de l’île et ses 16 complications horlogères et astronomiques, dont un quantième perpétuel, réalisée pour les 250 ans de la Maison en 2005. La même année, la Saint-Gervais voyait le jour, équipée du nouveau calibre 2250 réunissant un quantième perpétuel, un tourbillon et une réserve de marche de 10 jours, autre première mondiale. Plus proche de nous, on notera encore l’incontournable Référence 5720 et ses 57 complications, un véritable jalon dans l’histoire horlogère, ou encore la Celestia Astronomical Grande Complication 3600, nouvelle prouesse pour réunir un affichage combiné des temps civil, solaire et sidéral, agrémenté comme il se doit d’un quantième perpétuel. Pour boucler la boucle, il ne manquait plus qu’une montre de série, autre affirmation des savoir-faire horlogers. Avec la Traditionnelle Twin Beat, première pièce Vacheron Constantin à quantième perpétuel intégré, dotée de deux oscillateurs différemment cadencés pour une autonomie qui grimpe à 65 jours en mode basse fréquence sur la base de deux barillets, c’est désormais chose faite. On l’aura compris, la présentation de la nouvelle Patrimony était un beau prétexte. D’autant plus qu’on y retrouve un certain calibre 1120 QP…

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