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Hommage au mérite
Points de vue

Hommage au mérite

jeudi, 26 mars 2015
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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3 min de lecture

Quelques jours après la disparition de Jacques Duchêne, j’ai cherché dans divers journaux papier ou en ligne une notice à propos de cette personnalité vraiment hors du commun dans le monde de l’horlogerie suisse. Hélas, je n’ai pas trouvé grand-chose : comme si sa carrière de plusieurs décennies était une histoire écrite sur le sable alors même que nous lui sommes redevables des pages indélébiles, gravées dans le marbre d’une époque. Je souhaite donc l’évoquer brièvement ici.

Il peut sembler curieux que ce soit moi qui le fasse vu le parallélisme de nos parcours, du fait également que nous ne nous sommes jamais vraiment connus au-delà de quelques poignées de main. Mais le rôle joué par Jacques Duchêne dans l’histoire de l’horlogerie impose autre chose qu’une évocation hâtive afin de rendre hommage à son mérite. Ou plutôt à ses mérites : la constance, l’intégrité, la vision. Dès le début de sa vie professionnelle, à l’âge de 21 ans, Jacques Duchêne a été ce que j’appellerais en recourant au vocabulaire politique un grand serviteur éclairé de l’État. En réalité de trois « États » : Rolex, le salon Baselworld et la Fédération de l’industrie horlogère suisse.

En tant que responsable de la communication de Rolex, toujours sensible à son héritage vrai et profond, il a fait en sorte que cette marque demeure ce qu’elle est, une turris eburnea, une tour d’ivoire à l’identité forte et parfois même distante, voire isolationniste, en tout état de cause à l’intégrité sans faille. Rolex n’a jamais voulu se mêler au monde du luxe et de la Haute Horlogerie, quand bien même la marque en fait partie. « Rolex, c’est Rolex », disait Jacques Duchêne pour établir son périmètre et sa vision. Je crois que même après avoir achevé sa carrière professionnelle, en 1999, il est resté un grand artisan de sa stratégie.

Il en a fait le point de ralliement de l’horlogerie suisse et internationale.

Baselworld, maintenant. Jacques Duchêne en a toujours été un partisan convaincu, dans le sens le plus littéral du terme. En 1996, il est devenu président du Comité des exposants et, du haut de sa position, il a montré assez de courage et d’obstination pour donner au salon un statut allant bien au-delà du simple rendez-vous professionnel. Il en a fait le point de ralliement de l’horlogerie suisse et internationale. De courage, il n’en a donc pas manqué pour montrer que l’excellence helvétique ne craint pas la comparaison, y compris sur les rives du Rhin. Personnellement, je ne me suis jamais trouvé face à des tours d’ivoire, mais plutôt au milieu d’un village fait de magnifiques hôtels particuliers qu’il a fallu harmoniser pour les constituer en une communauté. Une communauté porteuse d’une certaine vision de la Haute Horlogerie qui, en magnifiant le sommet de la pyramide, illuminerait le reste.

La Fédération de l’industrie horlogère suisse, enfin, dont il fut le vice-président. Là, il fut le paladin du renforcement du « Swiss made », convaincu qu’il ne s’agissait pas d’une simple étiquette mais bien d’un statut d’authenticité pour la Confédération. Jacques Duchêne fut une personnalité d’une rigueur intellectuelle irréprochable faisant de lui un homme qui s’est distingué dans l’histoire de l’horlogerie suisse des 50 dernières années. Honneur à son mérite.

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