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Hublot vole de record en record
Economie

Hublot vole de record en record

lundi, 10 février 2014
Par Quentin Simonet
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Quentin Simonet

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5 min de lecture

La marque horlogère vaudoise a progressé de 12 % l’an dernier. Son président, Jean-Claude Biver, devient le patron du pôle horloger de LVMH.

Hublot tourne à plein régime. La Maison de Haute Horlogerie, dans les mains du géant du luxe LVMH depuis 2008, ne cesse d’affoler les compteurs année après année. Sur son exercice 2013, elle vient une nouvelle fois tutoyer tous les superlatifs. La marque dirigée par Ricardo Guadalupe, connue notamment pour ses modèles Big Bang et King Power, veut clairement démontrer que son succès repose sur une substance horlogère parfaitement assumée et non sur une pure démarche marketing. Ainsi, Hublot a réalisé l’an dernier des ventes record avec une progression de 12 % à taux de change constant. Une performance remarquable pour la société sise à Nyon, sur les bords du lac Léman, qui a récemment présenté ses nouveautés en marge du Salon international de la Haute Horlogerie. Surtout si on la compare aux exportations horlogères helvétiques en quasi-stagnation l’an dernier.

Ricardo Guadalupe, CEO de Hublot

Ricardo Guadalupe s’est ainsi félicité d’avoir gagné des parts de marché face à de nombreux concurrents dans le principal segment de la marque, soit des garde-temps allant de CHF 5 000 à CHF 15 000. In fine, la maison a dépassé la barre symbolique des 40 000 montres en 2013. C’est qu’Hublot ne cesse de déployer ses ailes. À ce jour, elle dispose de 70 boutiques à travers le monde. Et ce n’est pas fini. D’autres projets verront le jour sous peu. Il faut dire que la progression est impressionnante en sachant que la marque était parfaitement inconnue à l’arrivée de Jean-Claude Biver en 2004. En d’autres termes, Hublot avance au rythme d’une dizaine de nouvelles boutiques par an, soit près d’une par mois. Houston, Munich, Bratislava, Lucerne, Mexico et trois nouvelles boutiques en Chine (Shenyang, Changchun et Chengdu) permettront bientôt d’élargir le réseau.

Investissements lourds dans la production

L’aspect industriel n’en a pas souffert. Hublot a produit l’an dernier 7 000 montres dotées de son propre mouvement Unico. D’ici à cinq ans, Hublot veut équiper 75 % de ses garde-temps avec ses calibres maison. Une montée en puissance qui nécessite aujourd’hui l’extension de son usine de production de Nyon. Les travaux ont déjà commencé. Investissement : quelque CHF 20 millions. Ce nouveau bâtiment lui permettra de poursuivre son intégration des savoir-faire et de rapatrier ses activités situées à un jet de pierre, sur un autre site sis à Gland. Une augmentation des capacités qui passera inévitablement par un accroissement des effectifs. La marque prévoit d’embaucher 150 personnes supplémentaires d’ici à cinq ans, soit une hausse de 50 % par rapport aux 300 collaborateurs actuels employés en Suisse, auxquels s’ajoute une centaine de personnes à l’international.

Pour l’année en cours, Hublot mise sur des ventes de 7 à 8 %. Un exercice à marquer d’une pierre blanche, selon Ricardo Guadalupe. Surtout grâce à la Coupe du monde de football, qui aura lieu en juin au Brésil et dont Hublot est le chronométreur officiel. La marque va d’ailleurs ouvrir d’ici peu une boutique à Rio de Janeiro avec comme objectif de propulser les ventes dans un pays présenté comme la petite Chine au niveau des achats horlogers.

En ce début 2014, la marque a présenté deux nouveautés dans des segments où on ne l’attendait pas forcément. En janvier, elle lançait ainsi une « montre tonneau », boîtier inédit au sein de la Maison. Tous les codes des précédentes montres sont néanmoins conservés, à l’instar des six vis en forme de « H » sur la lunette. Particularité supplémentaire : sa « motorisation » a comme base un mouvement El Primero de Zenith (aussi dans les mains de LVMH), entièrement revu et adapté pour les spécificités de la marque. En sus, Hublot poursuit le lancement de ses produits dérivés. Après les vélos, les skis ou encore les luges, c’est au tour des lunettes de soleil en titane. Ce produit, proposé dans une série limitée à 1 000 pièces (CHF 2 900 la paire), a été développé en partenariat avec la société valaisanne Marcus Marienfeld, à Ried-Brig. Les verres sont signés Zeiss, spécialiste mondial en la matière.

Optimisme prudent

Pour souligner l’approche exclusive de ses produits, Hublot vient également de présenter une montre disponible uniquement dans le nouvel hôtel de la marque Cheval Blanc sur l’atoll Noonu aux Maldives, un établissement aux mains de LVMH qui vient d’ouvrir ses portes. Ses clients pourront y acheter l’Oceanographic 4000 Cheval Blanc Randheli série spéciale. Faite de titane, avec des touches du jaune Randheli, cette montre résiste à des pressions correspondant à une profondeur de 4 000 mètres. Il aura fallu 18 mois de recherche, de développement et de tests pour la fiabiliser.

 

Là, tout fonctionne.
Jean-Claude Biver

Dans un registre plus stratégique, Jean-Claude Biver, président de la marque, vient d’être nommé patron du pôle horloger de LVMH, qui comprend aussi les marques TAG Heuer et Zenith. Dans plusieurs interviews, il a clarifié son rôle : « Je n’ai pas été placé là pour réorienter ou réorganiser l’activité. La situation est très différente de celle d’Hublot ou Blancpain quand j’en ai repris la direction et où il a fallu tout réinventer. Là, tout fonctionne : Hublot enregistre toujours une croissance à deux chiffres, Zenith a achevé sa restructuration avec Jean-Frédéric Dufour et TAG Heuer est en ligne avec ses objectifs. » La figure emblématique de l’horlogerie suisse précisait également qu’il ne devrait pas y avoir de grands chantiers au sein de cette division, seulement des aménagements homéopathiques.

Et de se lancer dans le difficile exercice des prédictions pour l’horlogerie suisse pour 2014 : « Je suis plutôt prudent, mais j’ai tout de même l’impression que l’exercice va être encore meilleur qu’en 2013. Même s’il ne s’agit que d’une hausse de 3 % ou 5 %. Après une année record, c’est encore une superbe performance. »

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