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Hugh Laurie – Le temps ? C’est grave, docteur ?
Histoires de montres

Hugh Laurie – Le temps ? C’est grave, docteur ?

Thursday, 18 February 2016
Par Frank Rousseau
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Frank Rousseau

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6 min de lecture

Ce sympathique « British » a joué pendant huit saisons Dr House, le toubib le plus désopilant et le plus névrosé de la télévision. Et force est de constater que ce n’était pas un effet placebo. Rencontre.

Quatre ans après l’arrêt de Dr House, Hugh Laurie va retrouver un univers qui lui est familier. Celui d’un hôpital dans la série Chance, où il incarnera un neuropsychiatre plongé dans un thriller médical. Pour l’heure, nous avons ausculté la star de la perfide Albion. Entre deux consultations, il nous parle de montres et de sa relation non pathologique avec le temps…

Je n’ai jamais aimé regarder l’heure sur un téléphone.
Hugh Laurie
Au poignet, je porte…

Je ne suis pas particulièrement un collectionneur de montres. J’en possède quelques-unes, mais pas de quoi ouvrir une bijouterie ! Cette montre que je porte aujourd’hui, c’est une IWC Schaffhausen. C’est une montre résistante. C’est important pour moi. Je fais de la moto et j’ai besoin d’une montre solide. Avec un cadran bien lisible, surtout, car je ne peux pas me permettre de quitter des yeux la route quand je suis au guidon de ma Triumph. Et puis n’oubliez pas que je suis anglais. Il m’a fallu un certain temps pour me familiariser avec la conduite à droite sur les autoroutes de Los Angeles. À part ça, je n’ai jamais aimé regarder l’heure sur un téléphone. À mes yeux, ce n’est pas la fonction première de cet objet.

Hugh Laurie
Réglons nos aiguilles

Quand je tourne, je pars de chez moi à moto, il est 6 heures du matin. Le soleil vient à peine de se lever. Dans mon quartier – du côté de Hollywood –, les arrosages automatiques fonctionnent à plein régime et dégagent une exquise odeur de gazon et de fleurs mélangées. Cela me met d’emblée de bonne humeur. Je rentre parfois très tard. Dans mon frigo, je trouve des spaghettis froids que je mange tels quels, car j’ai la flemme de les faire réchauffer. Quand j’ai encore suffisamment d’énergie, je joue du piano, puis je file me coucher avec des notes plein la tête et le tempo qui va avec !

Montre de Pilote IWC Mark XVII
Perte de temps

Objectivement, j’ai perdu le mien à Cambridge. J’étais feignant ! Après Eton, j’ai choisi la section « archéologie et anthropologie ». Deux matières « mortelles » et chronophages au possible. Le problème, je vais vous dire, c’est que chaque fois que j’auscultais des ossements de ces « patients » âgés de plusieurs millions d’années on ne me réglait pas pour mes consultations ! (rires) Comme ce n’était pas rentable, j’ai finalement rejoint la Cambridge Footlights, une troupe de théâtre. C’est à ce moment-là que j’ai compris que je voulais devenir acteur. De toute façon, c’était soit monter sur les planches et prendre des œufs pourris sur la tête, soit finir comme éleveur-tondeur de moutons comme mon frère aîné !

Mon père ne souhaitait pas que j’aie une tête de macrocéphale posée sur une carcasse de crevette chétive.
Hugh Laurie
Contre la montre

J’étais un rameur très actif dans mon équipe d’aviron. Mais c’est du passé ! Rien que d’en parler, j’ai des courbatures qui remontent à la surface ! Ok, j’étais un bon rameur, mais je n’ai jamais pu arriver à la cheville de mon père, Ran Laurie, qui lui a décroché en 1948 la médaille d’or aux Jeux olympiques dans cette spécialité. Mon père était un grand admirateur de Montaigne. Pour lui, il était inconcevable de ne pas avoir une tête bien faite dans un corps bien fait. Comme il ne souhaitait pas que j’aie une tête de macrocéphale posée sur une carcasse de crevette chétive, il m’a donc poussé à muscler mes bras sans occulter la partie cérébrale ! (Ndlr : en 1977, Hugh a tout de même remporté le titre national britannique lui permettant ainsi de se présenter pour les Championnats du monde Junior. En 1980, il termine deuxième avec son coéquipier lors de la course Boat Race. Il arrête l’aviron à la suite d’une mononucléose infectieuse.)

Retour dans le temps

J’étais en Namibie, en train de tourner Le Vol du phœnix avec Dennis Quaid lorsque j’ai reçu une télécopie, probablement sur le seul télécopieur du pays, me demandant si je souhaitais auditionner pour une série médicale, Dr House en l’occurrence. Quelques pages de script y étaient jointes. Je me suis donc installé dans la salle de bains de ma chambre d’hôtel, car c’était le seul endroit qui était suffisamment éclairé, puis j’ai pris une caméra et je me suis filmé. J’ai envoyé ensuite la cassette de mon auto-audition par courrier. Bien plus tard, j’ai appris que la production cherchait en réalité, et je cite, « un Américain ayant une gueule de bon Yankee ». Il faut croire qu’ils avaient mal lu mon CV parce qu’il y est clairement indiqué que je suis un citoyen britannique.

En Grande-Bretagne, nos scénaristes ne nous pondent que des antihéros.
Hugh Laurie
Décalage culturel

La Grande-Bretagne n’avait plus rien à m’offrir, voilà pourquoi j’ai fait le grand écart jusqu’aux États-Unis. À Hollywood, les scénaristes vouent une forme d’admiration à leurs créations. Même lorsqu’ils sont monstrueux, leurs personnages restent héroïques. Alors que, en Grande-Bretagne, nos scénaristes ne nous pondent que des antihéros, je dirais même des losers. À part James Bond et Harry Potter, objectivement, nous n’avons pratiquement plus de vrais héros modernes au Royaume-Uni. Je crois sincèrement que cela vient du fait que nos écrivains ou scénaristes actuels sont des frustrés, animés par un sentiment de revanche. Peut-être qu’à l’école nos zozos ont été ridiculisés par les institutions… Peut-être aussi qu’ils n’ont pas eu de succès avec les filles, qui préféraient flirter avec des garçons plus virils, plus entreprenants. Je ne sais pas. J’essaie de comprendre pourquoi les Américains inventent des personnages qu’ils admirent et pourquoi mes compatriotes se bornent à imaginer des personnages qu’ils exècrent ! Bref, le décalage entre la bannière étoilée et la patrie d’Obama n’est pas qu’une question d’horaires !

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