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Hymnes à la joie à Watches and Wonders
Watches and Wonders

Hymnes à la joie à Watches and Wonders

vendredi, 16 avril 2021
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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8 min de lecture

Pour faire oublier les contraintes casanières, les Maisons exposantes à Watches and Wonders proposent un festival de couleurs, mâtiné de complications taillées pour le voyage et la découverte.

On avait déjà eu un avant-goût de ce qu’un salon horloger virtuel peut être avec l’édition 2020 de Watches and Wonders. Cette année, la formule a véritablement pris son envol, pendant que tout le monde restait chez soi. C’est probablement pour conjurer le sort, en espérant des jours meilleurs et une liberté de mouvement retrouvée, que les Maisons horlogères ont présenté des nouveautés susceptibles d’apporter du baume au cœur et de la joie dans les chaumières. Des pièces remplies de couleurs, des montres « feel good », des modèles enchanteurs. Rarement salon avait autant cédé à cette envie primitive d’embrasser les teintes du printemps et du renouveau. Et cette inclination se manifeste dans tous les segments.

Tank Must de Cartier
Tank Must de Cartier

On ne parle évidemment plus du bleu qui fait désormais partie de la palette chromatique de base pour les horlogers. Actuellement, c’est le vert qui s’impose comme une alternative privilégiée, notamment dans le segment sportif où nombre de modèles sont également proposés avec des cadrans d’un vert vivifiant, comme chez TAG Heuer et sa nouvelle Aquaracer, chez IWC avec son chrono désormais décliné en 41 mm dans la gamme des Montres Pilot ou encore avec la plongeuse Black Bay Fifty-Eight 18K de Tudor. Le vert se marie également avec des modèles plus complexes. Il prend des aspects menthe à l’eau chez Speake-Marin avec sa Dual Time, une couleur tourmaline chez Chronoswiss avec son Open Gear ReSec ou encore des reflets forestiers chez Piaget et son Altiplano Ultimate Concept. Même les grands classiques horlogers s’y mettent, à l’instar de la Nautilus de Patek Philippe, la Tank Must de Cartier ou la Reverso de Jaeger-LeCoultre.

Big Bang Unico Yellow Magic © Hublot
Big Bang Unico Yellow Magic © Hublot

Le vert est toutefois bien l’arbre qui cache la forêt. Au sein de ce véritable festival de couleurs, l’orange fait une apparition remarquée chez Rolex, Ulysse Nardin ou Nomos, le rose chez Corum et Oris, le bleu glacier chez Purnell, le jaune pétant chez Hublot, le brun tabac chez Montblanc, le rouge vif chez Rebellion. Chez Chanel ou Roger Dubuis, c’est le sertissage qui prend des teintes arc-en-ciel, ou alors c’est à travers le choix de pierres dures pour les cadrans que la magie opère comme chez Arnold & Son ou H. Moser & Cie. Non contente de teinter l’habillage, la couleur s’invite également au cœur même du mouvement, sur les cages de tourbillon chez Purnell ou encore au niveau des platines et ponts chez Zenith.

ReVolt Sapphire © Rebellion
ReVolt Sapphire © Rebellion

Mais si la magie opère pleinement face à ces modèles « revigorants », elle agit également en présence de l’effet inverse, à savoir l’absence totale de couleur au profit d’une transparence absolue. Jamais autant de Maisons n’avaient développé une offre basée sur le travail du saphir pour le boîtier, des composants du mouvement et même pour les bracelets. Dans ce registre, Chanel a ouvert la voie l’an dernier avec sa J12 X-Ray, un modèle entièrement en saphir qui s’orne désormais d’une couronne sertie de pierre de couleur. Hublot, grand spécialiste de ce matériau, lui emboîte le pas avec sa Big Bang Integral Tourbillon Full Sapphire, dont le calibre semble flotter dans les airs. Ces deux Maisons ont fait des émules. Louis Vuitton arrive ainsi avec sa Tambour Moon Tourbillon Volant Poinçon de Genève déclinée en trois teintes de saphir. Purnell propose également son Escape II en toute transparence, sans oublier Rebellion, dont la ReVolt se pare de trois boîtiers saphir différents.

Luminor Chrono Monopulsante GMT © Panerai
Luminor Chrono Monopulsante GMT © Panerai

Du côté des complications, on pourrait presque croire que les Maisons se sont également donné le mot pour ajuster la mécanique horlogère aux aspirations du moment. Faut-il ainsi s’étonner que les montres à double fuseau horaire ou à heure universelle fassent quasi partie de l’offre de base de ce salon ? Question de faire oublier les frustrations actuelles liées au confinement. Dans cet ordre d’idées, c’est bien son Explorer II que Rolex a décidé de revisiter cette année. Chopard ressort également de son chapeau ses GMT One et Time Traveler One. Non content de donner un nouvel allant à ses chronos, Panerai le dote également d’un GMT dans la gamme Luminor. Quant à Patek Phillippe, c’est sa Nautilus Travel Time Chronograph qui est à l’honneur cette année. Sans oublier la Tambour Curve GMT Flying Tourbillon de Louis Vuitton proposée en titane.

Globetrotter © Arnold & Son
Globetrotter © Arnold & Son

Autant pour les représentations « classiques » des décalages horaires, car les Maisons ont depuis peu fait preuve d’imagination en intégrant des globes, rotatifs ou non, pour représenter la course quotidienne du temps partout dans le monde. La Géosphère de Montblanc, qui revient cette année dans une version « sable », en est un bon exemple, tout comme la GMT Sport de Greubel Forsey ou encore la Globetrotter d’Arnold & Son. Une mention spéciale revient à la Star Legacy Metamorphosis et ses deux faces astronomiques de Montblanc, tout comme à Vacheron Constantin et la thématique 2021 proposée pour ses pièces Les Cabinotiers. Une thématique dédiée au « Temps céleste » qui se décline notamment en une exceptionnelle Planetaria et ses deux hémisphères rotatifs reliés à un calendrier perpétuel sautant régulé par un tourbillon à deux axes.

Overseas Quantième Perpétuel ultra-plate squelette © Vacheron Constantin
Overseas Quantième Perpétuel ultra-plate squelette © Vacheron Constantin

C’est d’ailleurs dans le registre du calendrier perpétuel que l’on retrouve une incursion remarquée des Maisons exposantes. Car si le tourbillon est désormais si répandu que l’on en viendrait presque à en omettre la présence, tel n’était certainement pas le cas des montres sachant répondre aux caprices du calendrier grégorien. C’est désormais chose faite, pourrait-on dire, tant cette complication s’impose dans le vocabulaire horloger, notamment chez A. Lange & Söhne avec la Lange 1, chez Montblanc dans la collection Heritage ou encore chez IWC dans la gamme Big Pilot et Vacheron Constantin avec son Overseas. On notera également le nouvel exploit de Bulgari, qui décroche son septième record de finesse, dans les calendriers cette fois, avec son Octo Finissimo Perpetual Calendar.

UFO © Ulysse Nardin
UFO © Ulysse Nardin

De telles créations d’exception, ces ovnis horlogers d’une complexité telle qu’elle force l’admiration, il en a toutefois été assez peu question à Watches and Wonders Geneva. Les temps ne sont guère propices à une telle exubérance mécanique. Pour rares qu’ils aient été, ils n’en ont pas moins laissé une forte impression. À commencer par le coffret Cartier réunissant un lot de trois montres « mystérieuses », suivi par l’Odyssée Verticale d’Ulysse Nardin, un « voyage » en l’honneur des 175 ans de la manufacture qui propose une Blast Hourstriker, montre à sonnerie aux codes contemporains, une horloge tout à fait insolite baptisée UFO pour « Unidentifyed Floating Object », et une Diver X Skeleton. Pour ce qui est des célébrations, Jaeger-LeCoultre n’est pas en reste. En l’honneur des 90 ans de la Reverso, la manufacture dévoile une Hybris Mechanica Calibre 185 dotée de 11 complications dont certaines, astronomiques, sont inédites en horlogerie. Pour qui aime les montres automates, impossible encore de manquer l’incroyable Louis Vuitton Tambour Carpe Diem.

Arceau Pocket Aaaaargh © Hermès
Arceau Pocket Aaaaargh © Hermès

Dans ce registre jubilatoire, la conclusion revient aux métiers d’art. Cartier ne pouvait résolument pas se présenter à Watches and Wonders sans son lot de « wonders », entre autres une Baignoire Turtle et une Tortue Snake, chefs-d’œuvre de sertissage. Sertissage également à l’œuvre chez Bulgari avec ses Divissima Allegra et chez Chopard avec sa gamme Impériale, ou encore chez Jaeger-LeCoultre et ses Precious Flowers. Sertissage encore, et tout en finesse, sur les cages des tourbillons Purnell ou sur les Spin Time de Louis Vuitton. On notera également le travail en mosaïque de cuir sur l’Arceau Pocket Aaaaargh d’Hermès. Mais c’est Louis Moinet qui mérite ici une mention particulière avec ses deux coffrets uniques, dédiés l’un aux merveilles du monde et l’autre à la conquête de la lune, composés le premier de huit pièces uniques et le second de quatre. L’exploration passe ici par toute la palette de ces métiers qui font de l’horlogerie un monde qui se raconte.

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