>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2020 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

« Il y a vingt ans, j’ai rencontré Louis Moinet »
Culture

« Il y a vingt ans, j’ai rencontré Louis Moinet »

mercredi, 21 octobre 2020
fermer
Editor Image
Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

Lire plus

CLOSE
6 min de lecture

En 2001, Jean-Marie Schaller croisait la renommée d’un horloger né au XVIIIe siècle auquel il allait consacrer toute son énergie. Quelque vingt ans plus tard, Louis Moinet fait clairement partie du petit cénacle de ces Maisons indépendantes considérées comme la « nouvelle vague » horlogère.

« Sous un dôme de saphir s’affrontent deux vaisseaux spatiaux. Leur confrontation aura lieu 18 fois par heure, car l’astronef supérieur effectue une révolution horaire en 5 minutes, alors que l’astronef inférieur fait le chemin inverse, une révolution antihoraire en 10 minutes. Pendant ce temps, deux stations spatiales en rotation constante mettent en place une puissante défense contre les effets de la gravité. » Inutile de chercher cette définition dans le manuel d’utilisation du dernier jeu vidéo Star Wars. Pour avoir une démonstration, mieux vaut en effet entrer dans l’univers horloger de Louis Moinet, qui propose, avec ce mécanisme, son premier « objet spatial ». Et non des moindres, comme on peut s’en douter avec cette première mondiale. Il aura en effet fallu pas moins de trois ans et une persévérance de bénédictin pour mettre au point cette Space Revolution, longtemps jugée impossible à réaliser. Que l’on en juge.

Space Revolution © Louis Moinet
Space Revolution © Louis Moinet

Les deux vaisseaux spatiaux en titane de 0.5 grammes chacun, terminés main et recouverts de céramique hybride, sont tous deux reliés à un tourbillon volant satellite dont les cages effectuent également une rotation par minute. Grâce aux deux oscillateurs à mécanisme différentiel, les vaisseaux peuvent ainsi évoluer en sens contraire à des vitesses différentes sous le dôme saphir de cette montre à 470 composants. Petit détail qui a toute son importance chez Louis Moinet, chacune des huit pièces de cette édition limitée est personnalisée par un fragment de météorite positionné sous le centre des aiguilles. Mais le voyage intergalactique de Louis Moinet ne s’arrête pas là. Avec la récente Ad Astra, l’horloger propose de découvrir un autre vaisseau spatial, en titane violet celui-là et symbolisé par un tourbillon surdimensionné qui gravite en opposition d’une planète bleue représentée par un saphir. Ces deux éléments, suspendus au-dessus d’un cadran noir opaque en titane, flottent ainsi « vers les étoiles ».

Jean-Marie Schaller, fondateur des Ateliers Louis Moinet
Jean-Marie Schaller, fondateur des Ateliers Louis Moinet

On ne s’étonnera pas à l’évocation de la collection dans laquelle se rangent ces deux garde-temps, judicieusement baptisée « Art Cosmique ». Avec la deuxième gamme, nommée « Merveilles Mécaniques », elle compose le monde créatif de Louis Moinet, qui travaille en étroite collaboration avec Concepto et Éric Coudray, de TEC Ebauches, pour ce qui est des mouvements. « Mon objectif est de développer un style néoclassique à l’avant-garde de la technique horlogère et d’un design hardi, explique Jean-Marie Schaller, qui créait les Ateliers Louis Moinet à Saint-Blaise, près de Neuchâtel, en 2004. Et toujours dans un esprit d’exclusivité propre à Louis Moinet, qui réalise dans les 500 montres par an, y compris des pièces uniques faites sur mesure. » Pas question en effet, pour cette Maison qui compte une petite dizaine de collaborateurs, de « faire n’importe quoi », même en cette année 2020 qui ne s’annonçait certes pas sous les meilleurs auspices et durant laquelle il aura encore et toujours fallu batailler ferme, notamment avec la sous-traitance, pour tenir debout.

Mars © Louis Moinet
Mars © Louis Moinet

« C’est vrai qu’en début d’année, avec les mois très creux provoqués par la pandémie, j’ai eu quelques sueurs froides. Mais j’ai très vite compris qu’il nous fallait réagir. Nos projets numériques sont donc très vite devenus une priorité, si ce n’est une urgence. Nous avons ainsi finalisé notre nouveau site internet, qui propose, notamment, une visite du musée de la marque. Nous avons également terminé notre “Black Book”, qui présente la saga Louis Moinet sous la forme d’un livre digital. En parallèle, nous avons réalisé trois films d’introduction à nos nouvelles créations présentées aux Geneva Watch Days dans un espace que nous avons transformé en studio de cinéma. Au final, nous allons ainsi passer le cap de cette année 2020 avec un résultat qui n’est pas très loin de celui de l’an dernier. » C’est que Louis Moinet, dont l’axe commercial privilégié va de Moscou à Mascate, comme aime à la définir Jean-Marie Schaller, dispose d’un large potentiel inexploité. Bien implantée dans les contrées russophones comme au Moyen-Orient, la Maison peut en effet considérer un avenir sur certains marchés asiatiques notamment.

La Rue Louis Moinet à Bourges
La Rue Louis Moinet à Bourges

Mais toujours avec les pieds sur terre. « J’ai rencontré Louis Moinet il y a 20 ans et, depuis, cette rencontre a occupé toute ma vie, explique Jean-Marie Schaller. Cela m’a en effet permis de développer tout l’aspect artistique que j’associe à l’horlogerie, sans toutefois me départir de mon côté paysan voulant qu’à la fin du mois il faut avoir trouvé des acquéreurs pour ses produits. Cela explique notamment notre volonté de rester avec des volumes de production annuelle de 500 pièces avec lesquels nous sommes confortables. Cela explique aussi que nous pouvons compter sur un excellent cash-flow et un chiffre d’affaires solide. En d’autres termes, Louis Moinet ne craint pas pour son existence en cette période extrêmement agitée. Ce qui me conforte d’ailleurs dans notre démarche, c’est que plus il y aura d’objets numériques dans notre vie quotidienne et plus nous aurons besoin d’objets rassurants comme les montres mécaniques. »

Compteur de tierces © Louis Moinet
Compteur de tierces © Louis Moinet

À son actif, Louis Moinet dispose en outre d’un atout de taille, celui d’un patronyme qui renvoie à l’inventeur du chronographe en 1816 sous la forme d’un « compteur de tierces » battant à 216’000 alternances/heure, soit une fréquence époustouflante de 30 Hz. Ami et secrétaire d’Abraham-Louis Breguet, auteur lui-même de l’ouvrage de référence Nouveau traité général élémentaire pratique et théorique d’horlogerie pour les usages civiles et astronomiques, Louis Moinet a notamment œuvré pour des clients aussi prestigieux que les présidents américains Thomas Jefferson et James Monroe et nombre de têtes couronnées en Europe. Aujourd’hui, la Maison Louis Moinet renoue avec ce passé prestigieux en présentant des mécaniques de pointe qui incorporent volontiers des fragments d’étoiles, précisément celles dont l’observation est à la base du Compteur de tierces.

Haut de page