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Jackie Chan, quarante ans de carrière et autant de montres...
Histoires de montres

Jackie Chan, quarante ans de carrière et autant de montres – Partie 2

vendredi, 26 juin 2020
Par Frank Rousseau
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Frank Rousseau

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10 min de lecture

Parti de rien, arrivé au sommet, Jackie Chan est un phénomène à part entière. Star internationale, il affiche aujourd’hui une modestie qui lui sied à ravir. Tel n’a pas toujours été le cas. Pour épater, les montres faisaient partie de sa panoplie. Rencontre.

Vous avez aussi démontré que vous étiez soucieux des plus modestes…

En effet. Au départ, si j’ai construit une école, c’est parce que je ne voulais pas que les gamins souffrent comme j’ai souffert. Enfant, je manquais de tout. D’amour déjà, d’attention ensuite mais aussi de biens matériels. J’ai compris que ma célébrité devait servir à faire le bien, à montrer l’exemple. C’est pour cette raison que j’ai organisé pas mal de ventes aux enchères. J’arrivais sur scène tout habillé et à la fin de la soirée je repartais quasiment nu, en chaussettes et en slip ! (Rires) Forcément, les gens qui étaient dans la salle voulaient m’acheter ma chemise, ma cravate, ma veste, mon pantalon. J’ai même cru à un moment qu’on allait me demander de me couper des mèches de cheveux. Mon Dieu, si j’avais dit oui, je serais reparti la boule à zéro ! Bref, ce qu’il y a de bien dans ce genre d’événement, c’est que tout le monde met la main à la poche : moi-même, le public, les sponsors, le gouvernement. Au final, nous avons créé une trentaine d’écoles !

Waouh, vous donnez vraiment de votre personne, dites-nous !

Je suis fier de ce que j’ai réalisé pour ces gamins et pour la communauté. Précisons que je n’étais pas seul. De nombreux volontaires et bénévoles m’ont prêté main-forte. Et pas seulement en Asie. Des amis en Europe et aux États-Unis m’ont également soutenu.

Jackie Chan
Jackie Chan
Comme Richard Mille…

Oui, je suis dingue de ses montres. Ce sont des pièces uniques en leur genre, des chefs-d’œuvre en termes de design. Et au niveau de l’innovation, on atteint des sommets. En 2012, l’année du Dragon, Richard m’a même honoré en gravant un modèle à mon nom. Une montre exceptionnelle qui était un hommage à la fois à la culture et aux légendes chinoises tout en ayant un côté futuriste.

Quel type de montres retient votre attention ?

Les montres qui nous permettent de voir leur « squelette ». J’aime beaucoup admirer tous ces petits rouages tourner et s’imbriquer. On a l’impression d’être en présence d’une sorte de dentelle de métal ! C’est un peu l’âme de la montre, son cœur aussi. Et puis, c’est surtout une formidable vitrine des savoir-faire horlogers. Gamin, j’avais les yeux écarquillés quand je voyais, en Chine, un artiste sculpter un grain de riz ou peindre une mini-fresque dessus. J’éprouve la même émotion en découvrant une montre faite de centaines et de centaines de microcomposants mécaniques. Ce qui me bluffe toujours, c’est que toutes ces pièces étalées sur une table n’ont aucune vie propre. Et puis, au fur et à mesure de l’assemblage, elles participent à une fonction pour ne former, finalement, qu’une seule et unique entité. Chacune de ces pièces à son rôle à jouer. Elles sont toutes interdépendantes. Et il suffit qu’un de ces éléments soit défaillant pour mettre en péril tout l’édifice.

Il paraît qu’un jour vous n’avez pas pu rester à l’hôtel Peninsula à cause d’une tenue vestimentaire inadéquate.

Vrai ! Je venais de réaliser l’un de mes plus gros succès au box-office. Tout le monde me voulait si bien que j’avais rendez-vous dans le lobby avec des distributeurs et les patrons des grands studios de cinéma pour parler « business ». Jusqu’à ce qu’un serveur me demande de quitter les lieux ! Il est vrai que je portais un short. J’ai bien tenté de lui expliquer qui j’étais et que je portais une montre de grande valeur au poignet, le gars s’en fichait complètement. Le short, même avec une Rolex, ne passait définitivement pas avec les règles de l’établissement. Un garçon est alors venu m’apporter un pantalon sur un plateau afin que je me change. Vous imaginez la scène… On parlait millions de dollars entre gens d’influence et on a failli me dégager parce que je ne portais pas de pantalon.

Vous avez reçu un Oscar d’honneur pour couronner l’ensemble de votre bondissante carrière. Comment avez-vous réagi rétrospectivement lorsqu’on vous a annoncé la nouvelle ?

Au début de ma carrière, si vous m’aviez dit qu’un jour je décrocherais cette récompense, alors franchement j’aurais mis votre santé mentale en doute. L’Oscar, je ne l’imaginais même pas en rêve. À la limite, remettre une statuette, mais certainement pas en recevoir une. Je me souviens de cette soirée comme si c’était hier. Comment l’oublier ? Il y avait John Travolta, et puis j’ai rencontré Tom Hanks, qui m’a dit être un fan. Je ne savais pas quoi répondre. Par la suite, c’est Sidney Poitier et, lui aussi, il m’a dit qu’il adorait mes films. Idem avec Quincy Jones, et ainsi de suite. À un moment, je me suis dit : « Ce n’est pas possible, ils se sont passé le mot ! » (Rires) Franchement, j’étais scotché quand on m’a remis cet Oscar. C’est vrai, quoi, mes films n’ont pas le calibre de Titanic et ce ne sont pas non plus des films d’auteur ou des films intimistes. Bref, un soir quelqu’un me contacte alors que j’étais sur le set en train de finir une scène de castagne. Un assistant me dit : « Hé, Jackie, un dénommé Oscar a essayé de te joindre ! » Quand je lui ai demandé de qui il s’agissait, il m’a répondu qu’il n’en savait rien, que c’était un secret. Je rappelle donc sur le numéro, et là, je tombe sur quelqu’un de l’Académie me disant que j’allais recevoir un Oscar. Et comme je n’avais pas la moindre idée de quel film il s’agissait, je lui pose la question. Et c’est alors que j’ai appris que j’allais recevoir cette récompense pour l’ensemble de ma carrière.

Jackie Chan
Jackie Chan
On imagine que vous avez dû pousser non pas le cri qui tue mais un cri de joie !

Pour être franc, cela m’intriguait ! Je ne comprenais toujours pas comment cela pouvait bien être possible. Finalement, on m’a expliqué qu’une seule personne recevait cet honneur chaque année et que j’avais été choisi. Par qui? Par les 50 membres du comité. Ils estimaient que j’avais fait beaucoup pour le cinéma mais aussi dans le domaine caritatif.

Pourquoi cette reconnaissance si tardive de la communauté hollywoodienne ?

C’est parce que mon anglais était merdique ! Pour l’anecdote, la première fois que j’ai parlé cinéma avec des Américains, c’était à New York. J’ai voulu leur montrer ce que je savais faire au niveau des arts martiaux. Le problème, c’est que tout le monde s’en foutait ! Ce qui leur posait problème, c’était mon niveau d’anglais, qu’ils trouvaient consternant. Après deux films tournés aux États-Unis, j’ai jeté l’éponge. Je leur ai dit que leur script était nul. Et pour cause, on me donnait le rôle d’un Américain d’origine chinoise ! Comment faire gober ça avec mon anglais au ras des pâquerettes. Franchement, je n’avais aucune envie de devenir un clone bridé de John Wayne ! Et pourquoi pas de Clint Eastwood, tant qu’on y est. Dix ans plus tard, on a arrêté de m’emmerder avec mon anglais. Mieux, tout le monde me trouvait très bon. Tout comme mes films ! Moralité : ne changez jamais, gardez le cap !

Quelles sont les qualités indispensables à avoir pour être un bon combattant ?

L’endurance, la vitesse, la précision sont certes des qualités indispensables. Mais au-delà de la performance physique, je crois que les deux choses qui font la différence, c’est la volonté, la rage de gagner et, cerise sur le gâteau, l’intelligence. Si vous n’êtes pas un peu stratège dans ce sport, vous vous faites très vite rétamer. Tous les grands champions que j’ai rencontrés me l’ont confirmé : la puissance du cerveau prévaut toujours sur la force de frappe. Personnellement, je ne pense pas que la rapidité peut s’apprendre sur un ring. C’est quelque chose d’inné. La force physique, elle, se travaille. L’endurance aussi. Un bon karatéka, pour moi, ce n’est pas quelqu’un qui montre sa force, c’est quelqu’un qui a le contrôle de lui-même. C’est quelqu’un qui a confiance en lui, qui a du répondant « physique » mais qui se garde bien d’en faire étalage.

Vous donnez l’impression de n’avoir peur de rien ! Dans la réalité, êtes-vous aussi courageux ?

Pas du tout ! Il y a une chose qui me donne vraiment la chair de poule, ce sont les requins. J’ai une peur bleue de ces bestioles. Rien que d’en parler, ça me file des sueurs froides. Pendant des années, j’ai été incapable de me baigner dans l’océan. Chaque fois que je mettais un pied dans l’eau, je m’imaginais qu’une immense mâchoire allait m’avaler tout cru. J’ai beau être concentré, quand je fais appel aux arts martiaux, dès que je suis dans l’eau, je perds tous mes moyens. (Rires) C’est peut-être pour ça que je n’ai pas eu beaucoup de montres de plongée !

En termes de notoriété, pensez-vous être à votre apogée ?

Dans les pays asiatiques, je suis au top. Je n’ai plus rien à prouver. Il m’a fallu des années en revanche aux États-Unis pour me faire connaître. Je crois bien d’ailleurs que sans cet engouement des Américains, j’aurais pris ma retraite. En Asie, les gens parlent de moi comme si j’étais leur propriété ou leur animal domestique. Je fais complètement partie du paysage, de leur quotidien. Parfois, ça me fait peur. L’autre jour, un fan de Hong Kong me confiait : « Monsieur Chan, vous être un trésor national. Les Américains ont Mickey, Star Wars, ET. Nous, on vous a VOUS ! »

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