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Jaeger-LeCoultre, le charme subtil
Points de vue

Jaeger-LeCoultre, le charme subtil

lundi, 29 juin 2015
Par Louis Nardin
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Louis Nardin
Journaliste et consultant

“De l’audace, toujours de l’audace.”

Georges Jacques Danton

« Une montre de qualité concentre de la créativité, des compétences techniques et scientifiques rares, des gestes anciens. Elle touche au désir d’être unique, de se distinguer, d’afficher un savoir, une puissance, un goût. Une montre raconte plusieurs histoires à la fois, dont les détails et les secrets font la saveur. »

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4 min de lecture

Daniel Riedo, CEO de la Maison, annonce une croissance de la marque supérieure à 5 %, le lancement d’une nouvelle collection à l’automne et une augmentation prochaine des capacités de production.

Avec 1’350 employés sur site, Jaeger-LeCoultre est de loin la plus grosse entreprise horlogère de la discrète vallée de Joux. Et cette manufacture qui conçoit et fabrique des mouvements horlogers depuis 1833 s’apprête à grandir encore. Daniel Riedo, CEO depuis juillet 2013, fait le point sur l’actualité d’une Maison horlogère parmi les plus intégrées du plateau et dont le catalogue plaît autant aux femmes qu’aux hommes. L’entretien se déroule dans la toute nouvelle Maison d’Antoine, au dernier étage de l’imposant centre industriel. Focus sur un des rares navires amiraux dont les montres débutent à CHF 4’000 francs, allant jusqu’à dépasser le million.

Comment évoluent les marchés depuis la suppression du taux plancher euro/franc suisse par la Banque nationale suisse début 2015 ?

Daniel Riedo, CEO de Jaeger-LeCoultre : Cette annonce nous a poussés à devoir majorer nos prix dans certaines régions à un maximum de 8 % sur les produits en or. Nous avons résisté le plus longtemps possible, car nous attendions que le dollar, monnaie la plus déterminante, se stabilise. Il faut souligner que ce mouvement d’adaptation a traversé toute l’horlogerie. Il a eu l’effet très bénéfique de lisser les différentiels de prix entre les zones commerciales. Des déséquilibres parfois importants ont disparu si bien que la consommation locale peut se redévelopper normalement. En soi, Jaeger-LeCoultre n’a pas souffert réellement et la croissance s’est maintenue au-dessus de 5 %. Nous profitons de cette accalmie pour finaliser des projets en attente et améliorer nos processus de production.

La baisse des ventes en ce début d’année est liée d’abord à une conjonction de facteurs.
Daniel Riedo
Que dire des détaillants de Hong Kong qui se sont dernièrement mobilisés pour demander une baisse des prix auprès des marques ?

Nous n’avons pas reçu de demande dans ce sens, et j’ai pourtant rencontré nos détaillants de la région. Selon moi, la baisse des ventes en ce début d’année est liée d’abord à une conjonction de facteurs, à savoir une croissance de l’économie chinoise, qui restait en berne, une situation géopolitique instable et le Nouvel An chinois, synonyme de vacances.

Et qu’en est-il des autres marchés ?

En ce moment, les marchés européens sont en plein boum, une accélération qui dure depuis plus d’une année. Cette poussée est soutenue par les achats de touristes chinois. Les États-Unis se renforcent aussi grâce à une meilleure présence de la marque. Nous y avons ouvert six boutiques en six mois, dont une sur Madison Avenue à New York. De plus, l’image de Jaeger-LeCoultre évolue positivement dans ce pays pourtant friand de modèles de sport. Le classicisme et l’élégance qui caractérisent la marque trouvent un écho grandissant et lui font gagner en légitimité. Dans ce contexte, nous allons continuer à étendre notre réseau de points de vente avec 20 à 25 nouvelles boutiques d’ici deux ans.

Nous devons en effet assumer une forte demande.
Daniel Riedo
Allez-vous adapter les capacités de production ?

Tout à fait. Un bâtiment de près de 1’000 m2 situé en face la manufacture du Sentier va devenir notre think tank en recherche et développement. Les travaux d’aménagement démarreront en 2016. Les employés liés aux activités internationales, de communication, de marketing et au marché suisse vont, eux, déménager dans de nouveaux locaux à Meyrin d’ici fin septembre. Côté production, nous réorganisons les différents ateliers pour les rendre plus opérationnels, plus lumineux et pour favoriser les échanges. Le succès des métiers d’art nous a obligés à recruter pour répondre à la demande. Des processus de formation interne ont aussi été mis en place pour améliorer la maîtrise de différents métiers et gagner en flexibilité. Finalement, le site de production horloger et de micromécanique de Porrentruy, ouvert il y a 10 ans, va passer de 50 à 250 employés d’ici 3 ou 4 ans. Nous recherchons donc des horlogers et d’autres profils techniques chevronnés. Nous devons en effet assumer une forte demande, en particulier pour les pièces de Haute Horlogerie, avec des délais d’attente aujourd’hui stabilisés à trois ans maximum.

En automne, le catalogue va s’étoffer d’une septième ligne de produits. Que pouvez-vous en dire ?

Elle se situera entre la ligne Master et la Duomètre et dans une gamme de prix comprise entre CHF 10’000 et CHF 20’000. Elle intégrera des raffinements techniques spéciaux. Cette évolution s’accompagne d’un abandon progressif des modèles clairement sportifs qui dépendaient notamment de partenariats, comme celui avec Aston Martin, qui a pris fin. Nous continuons bien sûr d’exister dans le domaine du sport mais en version chic. Sinon, au prochain Salon International de la Haute Horlogerie de Genève, je promets un feu d’artifice autour de la Reverso, qui fêtera ses 85 ans. Nous l’avons redessinée en profondeur et de nouveaux modèles vont voir le jour. L’offre sera réduite, mais les codes renforcés pour que les produits soient encore plus visibles et identifiables.

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