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Points de vue

Jasmine Audemars : « La réussite d’une entreprise repose sur le talent et la motivation de ses collaborateurs »

mercredi, 24 octobre 2012
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Anaïs Georges du Clos
Journaliste indépendante

“Rien de grand ne s’est fait dans le monde sans passion.”

Georg Wilhelm Friedrich Hegel

« S’autoriser à tout penser, réfléchir avant d’écrire. »

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5 min de lecture

Production, distribution, nouvelles technologies… Retour sur les 25 dernières années d’Audemars Piguet, l’une des rares manufactures horlogères encore indépendantes. Entretien avec Jasmine Audemars, présidente du conseil d’administration de la manufacture.

Diplômée en sciences sociales et histoire économique de l’université de Genève, Jasmine Audemars entre en 1968 au Journal de Genève – aujourd’hui Le Temps –, dont elle est nommée rédactrice en chef en 1980. Elle quitte son poste en 1992 pour prendre la présidence du conseil d’administration de la maison horlogère cofondée en 1875 par son arrière-grand-père, Jules-Louis Audemars, où elle siège depuis 1987. Interrogée sur ces 25 années au sein de l’entreprise, elle livre une analyse qui éclaire l’évolution de l’industrie horlogère dans son ensemble.

Quelles sont vos attributions en tant que présidente du conseil d’administration d’Audemars Piguet ?

Jasmine Audemars : Mon rôle, ainsi que celui de mes collègues, est principalement de définir la stratégie du Groupe et d’en confier la mise en œuvre à des personnes capables de comprendre et préserver l’ADN de la marque.

Quelles sont les évolutions les plus marquantes qu’a connues l’entreprise ces 25 dernières années ?

En amont, nous avons rapatrié les savoir-faire et verticalisé la production pour préserver notre indépendance. Les opérations sont réparties sur trois sites : Meyrin, où notre filiale Centror développe et fabrique les boîtes ; Le Locle, où Audemars Piguet Renaud Papi (APRP) conçoit des mouvements à grandes complications et poursuit des recherches sur de nouveaux matériaux ; Le Brassus, avec la manufacture des Forges inaugurée en 2008, qui reste le lieu de production principal.

Et en aval ?

Il y a 15 ans encore nous travaillions surtout avec des agents. Progressivement, nous avons repris la distribution à notre compte et, depuis quelques années, nous ouvrons nos propres boutiques. Cela coïncide avec l’augmentation de notre effectif, qui est passé d’environ 300 personnes à 1 200 aujourd’hui.

Quelles sont les implications dans l’organisation du travail ?

Sur le plan industriel, nous avons des besoins croissants en personnel qualifié que fort heureusement nous parvenons à satisfaire. Par ailleurs, les départements Marketing, Communication et Ventes ont connu des développements importants. De plus, la récente évolution des nouvelles technologies (Internet, Facebook, Twitter…) a profondément modifié notre rapport au client final, qui est de mieux en mieux informé. La formation des vendeurs est essentielle, surtout pour les montres à grandes complications comme l’« Équation du Temps ». Nous devons transmettre à nos clients une culture horlogère, qui implique par exemple de faire entretenir sa montre régulièrement. Le service après-vente, de son côté, devient un enjeu crucial.

Qu’en est-il de l’environnement économique ?

Le changement le plus important est venu des pays émergents, notamment de la Chine, où seules quelques marques étaient implantées il y a 25 ans. L’élévation progressive du niveau de vie de la classe moyenne chinoise a changé la donne.

Justement, il y a une année environ, la Chine était considérée par beaucoup comme le nouvel eldorado de l’industrie horlogère. Qu’en pensez-vous ?

Je modérerais leur enthousiasme, car les Chinois achètent encore beaucoup à Hong Kong et en Europe. J’ajoute que la récente baisse de son taux de croissance n’est pas sans avoir un impact sur les ventes. Pour ma part, je considère qu’il faut tendre vers un équilibre entre l’Europe, l’Asie et les Amériques et se garder d’être dépendant d’un seul marché.

Et l’environnement financier ?

Avec le développement des moyens de transport, nos clients se déplacent beaucoup et savent jouer sur les taux de change pour trouver le modèle qu’ils souhaitent au meilleur prix. Chez Audemars Piguet, nous appliquons un contrôle très strict des coûts, mais cela ne nous met pas à l’abri des fluctuations monétaires brutales, comme celle que nous avons connue entre le franc suisse et l’euro en 2010.

Que faites-vous dans ces cas-là ?

On serre les dents et, en dernier recours, on ajuste les prix.

Qu’en est-il des produits ?

Les collections sont restées fidèles à l’ADN de la marque : nous produisons des montres dont l’esthétique se marie parfaitement avec la technique du mouvement. Notre histoire, plus que centenaire, nous confère une légitimité horlogère incontestable.

À propos d’histoire, vous êtes la descendante du cofondateur. Que représente pour vous cet héritage ?

C’est avant tout une responsabilité vis-à-vis de ce qui a été accompli et de ce qui doit encore l’être. Mais c’est également une grande chance que je partage avec tous ceux qui travaillent pour Audemars Piguet et mettent leur passion à son service. J’ai toujours pensé que la réussite d’une entreprise reposait avant tout sur le talent et la motivation de ses collaborateurs.

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