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Kirk Douglas, un petit faible pour les montres de plongée
Histoires de montres

Kirk Douglas, un petit faible pour les montres de plongée

mardi, 08 mai 2018
Par Frank Rousseau
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Frank Rousseau

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8 min de lecture

Pour le monde entier, il est le dernier géant de l’âge d’or du cinéma américain. Pour l’état civil, Yssur Danielovitch, alias Kirk Douglas, a plus d’un siècle d’existence. Pour les fans du septième art, sa filmographie est ponctuée de chefs-d’œuvre, des Sentiers de la gloire à Spartacus, de La Vie passionnée de Vincent Van Gogh à Paris brûle-t-il ?, et des dizaines d’autres. Rencontre.

Issu d’une famille de sept enfants, ce fils d’immigrés russes analphabètes a été élevé sans un dollar en poche. Cela n’empêche pas l’homme à la fossette d’apprécier les belles choses. À commencer par les actrices les plus sexy du grand écran – qu’il a embrassées avec passion – et les montres qu’il leur a souvent offertes, pour diverses raisons ! Quand une légende bien vivante remonte le temps, on ne boude pas son plaisir.

Vous, fils d’un chiffonnier et star issue d’une famille très modeste, ne trouvez-vous pas les cachets de certains acteurs exorbitants ?

C’est vrai, on parle aujourd’hui de cachets colossaux et cela gêne beaucoup de gens. Mais il ne faut pas en vouloir aux acteurs. Après tout, si ces derniers demandent une somme et que les producteurs acceptent de payer, pourquoi se priveraient-ils ? Lorsqu’un acteur donne son prix, qu’est-ce qui empêche le producteur de lui dire : « Non, désolé, mon vieux, vous êtes trop cher pour moi ! » ? Encore une fois, les responsables des studios n’ont pas un revolver sur la tempe le jour où ils signent un chèque de plusieurs millions de dollars. (Rires) En outre, il y a aujourd’hui ce qu’on appelle la « loi du marché ». C’est l’offre et la demande. Si un acteur plaît au public, s’il rapporte tant d’argent, alors il a une valeur marchande, une cote qui s’apprécie ou se déprécie. Je sais, ça casse un peu le mythe, mais Hollywood fonctionne comme ça de nos jours. À mon époque, une star était sous contrat. Elle se devait de tourner un nombre de films sur une période préalablement déterminée. Qu’importe si le film marchait ou non. La star était rémunérée. Et puis, en ce temps-là, il y avait une relative sécurité de l’emploi et nous n’étions pas obnubilés par le box-office.

Pour moi, la vraie richesse, c’est la vie, c’est la famille, c’est voir mes petits-enfants grandir.
Vous avez dit un jour de vous : « Je suis comme une vieille montre. Je ne peux plus trotter comme avant et j’ai parfois besoin d’une petite révision ! » Puisqu’on parle de montres, j’imagine qu’en un siècle d’existence vous avez dû en porter un nombre considérable…

Pas tant que ça, vous savez ! Beaucoup de gens associent le succès à l’opulence. Dans mon cas, cela ne s’applique pas. J’aurais pu en étaler vu que dans ma jeunesse je manquais de tout. Mais je ne fonctionne pas ainsi. Pour moi, la vraie richesse, c’est la vie, c’est la famille, c’est voir mes petits-enfants grandir. Je n’ai jamais été quelqu’un qui cherchait à posséder, collectionner, amasser. Que ce soient des montres, des œuvres d’art, des bolides, des maisons aux quatre coins du monde… Pour autant, je sais reconnaître un bel objet et une montre, c’est indéniablement quelque chose qui peut s’admirer. Je peux aussi comprendre que certaines personnes les collectionnent. J’avais un ami qui achetait des publications spécialisées sur les montres, leurs cotes, leur rareté, etc. Clairement, il associait les montres à un marché. Ma relation avec les montres est beaucoup plus basique, j’allais dire « primaire ». J’aime leur design, la qualité des matériaux utilisés. Je sais aussi apprécier le bel ouvrage, car dans ma famille beaucoup de mes ancêtres travaillaient avec leurs mains. Une montre, quand on réfléchit bien, c’est le fruit de l’intelligence – car il en faut pour créer ces mécanismes de plus en plus précis – et de la dextérité manuelle. Un jour, je suis tombé sur un reportage dans lequel on voyait un artisan passer des heures pour sélectionner la qualité d’un cuir pour les bracelets. Je me suis dit : « Si ce monsieur passe autant de temps pour trouver le cuir qui convient, alors qu’est-ce que ça doit être pour le mécanisme ? »

Il y a aussi cet aspect « transmission » qui me touche lorsqu’on parle de montres. Dans toutes les familles du monde, le fait d’offrir un tel présent est un événement qui marque les esprits. Ce n’est pas un objet anodin. Beaucoup de familles économisent pour pouvoir remettre à ceux et celles qu’ils souhaitent honorer, récompenser, gratifier ce qui m’apparaît comme le passage de l’enfance au monde adulte. Je me souviens encore de mes enfants quand, avec ma femme, nous leur apprenions à lire l’heure. Je me rappelle leur fierté quand ils ont su se débrouiller tout seuls. Une montre vous permet de vous repérer dans l’espace-temps et, pour un enfant, c’est vital. Je ne sais pas combien de montres j’ai eues dans ma longue vie. Certainement plus que la plupart des gens et moins que les monstres sacrés du cinéma que j’ai eu la chance de côtoyer.

Quel type de montres ?

Mes montres ont évolué en fonction de mes activités et de mes humeurs. Il est clair par exemple que lorsque je tournais Vingt Mille Lieues sous les mers j’ai été souvent amené à jouer au contact de l’eau. Du coup, quand je revenais chez moi, j’étais en mode « aquatique ». J’ai eu pas mal de montres de plongée dans ma vie. Déjà parce qu’elles étaient robustes au regard de mes activités sportives mais surtout parce que je suis un insomniaque. Dans la nuit noire, vous saisissez mieux les montres avec des bords crantés. Vous n’avez pas à tâtonner dans l’obscurité. Généralement en plus l’objet est lourd. Vous l’avez bien en main. En plus de ça, les montres de plongée offrent une fonction que je trouve géniale : des chiffres et des aiguilles phosphorescentes. Dans les années 1970, j’ai bien essayé de succomber aux montres à cristaux liquides. Certes, c’était fun et je collais à mon époque. J’étais dans la mouvance technologique. Mais ce que je n’aimais pas, c’était de devoir appuyer sur un bouton-poussoir pour obtenir l’heure. Anti-pratique au possible !

Kirk Douglas
Kirk Douglas
Vous souvenez-vous de votre toute première montre ?

Oui, je l’avais gagnée à la suite d’un pari. C’était l’époque où je faisais partie d’une équipe de lutteurs à l’université de St. Lawrence, dans l’état de New York. J’avais parié avec un type prétentieux que je pouvais courir plus vite que lui. Je ne me souviens pas de la marque, mais je me rappelle très bien la tête que faisait ce garçon. Quelques jours plus tard, je lui piquais sa copine ! (Rires)

Par la suite, avez-vous acheté des montres au gré de vos voyages ?

Oui, mais plutôt pour la femme qui partageait ma vie. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dès que vous offrez une montre ou un bijou à celle que vous aimez, ou que vous voulez séduire quand vous êtes plus jeune, d’un seul coup les yeux de la dame pétillent. Il m’est souvent arrivé d’offrir des montres à ma femme, car je voulais lui témoigner mon amour ou tout bêtement chercher à me faire pardonner quelque chose.

Et vous les achetiez où ?

En Suisse, en France, en Grande-Bretagne. À cette époque, l’offre était beaucoup plus vaste qu’en Amérique. Les prix étaient surtout plus attractifs.

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