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La Banque ABN AMRO cible l’industrie horlogère
Economie

La Banque ABN AMRO cible l’industrie horlogère

Tuesday, 22 March 2011
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Depuis les années 1960, la banque néerlandaise ABN AMRO s’est forgé une solide réputation en tant que principal partenaire financier de la filière du diamant. Une position qu’elle aimerait conforter dans l’horlogerie, considérée comme un débouché naturel.

La banque néerlandaise ABN AMRO, à travers sa division International Diamond & Jewelry Group (ID&JG), est le leader mondial des services financiers pour l’industrie du diamant et de la joaillerie. En dehors des milieux concernés, cet état de fait est plutôt mal connu. Ce n’est que partie remise, du moins dans le monde horloger, car ID&JG entend bien faire connaître ses spécificités aux gardiens de la mesure du temps. « L’industrie horlogère est finalement très similaire à celle du diamant, explique Victor van der Kwast, CEO d’ID&JG, car ce secteur de niche s’adresse à une clientèle aux mêmes aspirations, aux mêmes envies et qui connaît une forte croissance sur les mêmes marchés. De notre côté, nous avons non seulement la puissance financière nécessaire mais également un réseau au niveau international et une connaissance approfondie des acteurs du marché. »

Et Victor van der Kwast de poursuivre : ” De la même manière que nous avons accompagné certains diamantaires qui se sont lancés dans la joaillerie, nous aimerions aujourd’hui proposer aux horlogers des solutions financières adaptées à leurs besoins spécifiques avec, entre autres, des solutions de financement qui suivent leur chaîne de valeur, de l’acquisition de métaux précieux, diamants et composants, à la vente finale aux distributeurs et aux boutiques spécialisées. Par sa présence dans des endroits stratégiques au niveau international, dont Genève depuis 2005, ID&JG offre en outre une expertise locale à l’échelle mondiale pour nos clients dont l’indutrie horlogère pourrait aussi bénéficier. “

Le diamant, une filière mondiale

Victor van der Kwast parle en connaissance de cause. « L’industrie du diamant, tout comme l’industrie horlogère, s’inscrit dans un cadre international. Après leur extraction en Afrique du Sud, en Australie, en Russie ou au Canada par des compagnies comme De Beers, Rio Tinto, Alrosa ou BHP Billiton, pour nommer les plus importantes, les diamants bruts sont vendus soit par un système d’appel d’offres (enchères scellées / Blind Enchère) ou pandant les Sights (contrat entre le mineur et le diamantaire) à Londres, au Botswana, en Namibie, en Afrique du Sud, etc. Ils sont ensuite taillés et, une fois transformés en diamants polis à New York, à Tel-Aviv, à Mumbai ou en Chine, sont remis sur le marché, via notamment les bourses diamantaires. Il n’est pas difficile ainsi de comprendre que le commerce du diamant ne connaît pas de frontières. C’est simple, avant de se retrouver serti dans une bague ou sur une lunette de montre, un diamant voyage en moyenne sept fois entre les différents intervenants. Ce sont ces flux qui sont particulièrement intéressants pour un établissement comme le nôtre, car ils nous permettent d’établir des partenariats financiers solides. »

Lorsque l’on sait par exemple comment fonctionnent les achats de diamants bruts lors des Sights De Beers, il est facile de comprendre les besoins des diamantaires. Pour y avoir accès, il faut déjà être agréé auprès de De Beers, leader incontesté de l’extraction du brut depuis des décennies. Les lots de diamants bruts proposés à Londres par De Beers à raison de 10 séances annuelles (Sights) ne laissent pas le choix à l’acquéreur potentiel. Soit il emporte sans discussion l’assortiment proposé, soit il risque de se voir rétrogradé dans la hiérarchie des acheteurs agréés, ce qui signifie un accès limité aux pierres de qualité.

 

En finançant l’industrie, les banques prennent en considération les marges élevées générées à chaque étape de la chaîne de valeur.

Sachant que le prix d’un lot peut varier de USD 500’000 à USD 2 millions (€350’000 à €1,4 million), on comprend aisément que de telles sorties de fonds immédiates ne sont pas à la portée du premier venu. D’où toute l’importance d’un partenaire financier prêt à épauler ses clients dans le paiement de leurs activités. En finançant l’industrie, les banques prennent en considération les marges élevées générées à chaque étape de la chaîne de valeur. Un seul exemple : de l’extraction à la vente au joaillier, un diamant peut voir sa valeur multipliée par sept, les marges opérationnelles dans le secteur de la joaillerie allant de 20 à 40 %. Sur un marché global évalué à plus de de USD 60 milliards (€ 42,2 milliards), il n’est donc pas surprenant que l’endettement du secteur ait grimpé à près de USD 15 milliards (€ 10,5 milliards) avant que la crise ne déploie ses effets.

C’est précisément pour accompagner cette montée en puissance du marché du diamant qu’ABN AMRO a mis sur pied une organisation permettant de répondre aux besoins de l’industrie, de l’extraction au détaillant final, sur la base d’une expertise remontant au début du 20e siècle. ID&JG, division à part entière au sein de la banque, en est l’héritière directe depuis 1991 et continue à se développer malgré les restructurations récentes du groupe ABN AMRO, fusionné à la banque Fortis en 2008 par le gouvernement hollandais dans le cadre de son plan de sauvetage des fleurons financiers du pays. L’ID&JG basé à Amsterdam et à Anvers dispose aussi d’un solide réseau dans les endroits clés de l’industrie, dont Dubai, Gaborone, Genève, Hong Kong, Mumbai, New York et Tokyo. « Avec une part de marché de 25 %, nous sommes le leader mondial des services financiers pour l’industrie du diamant et de la joaillerie, conclut Victor van der Kwast. Notre présence internationale nous a bien évidemment aidés à asseoir cette position et peut, aujourd’hui, certainement intéresser d’autres secteurs de l’univers du luxe comme l’horlogerie. »

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