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La beauté est immortelle
Points de vue

La beauté est immortelle

lundi, 07 octobre 2013
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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3 min de lecture

Le philosophe russe Vladimir Soloviev écrivait que l’objet aimé est toujours dual. En réalité, nous aimons l’idée, l’être ou l’essence qui nous fascinent et nous enchantent. Mais nous aimons aussi sa version concrète, la correspondance objective, la personnification de cette idée. Car l’humain est ainsi fait : nous sommes des êtres conscients, capables de réfléchir et d’apprendre, mais nous sommes aussi des êtres de chair et de sang, animés de passion pour tout ce qui est beau, fascinant et digne d’être aimé.

Savoir reconnaître la valeur et la fascination d’une idée, puis la traduire en objets que d’autres yeux observeront avec admiration : c’est peut-être la plus grande satisfaction qui soit donnée aux humains. Ce n’est pas pour rien que dans les mythologies antiques les dieux étaient avant tout d’admirables artisans, capables de transformer la matière avec un talent grâce à une maîtrise du métier inégalable. Athéna au tissage, Héphaïstos à la forge, Apollon à la lyre, etc. Seul le dieu du Temps, Chronos, père de toutes les divinités, n’était pas un artisan : il dévorait ses fils.

Quel message devons-nous donc tirer de la mythologie ? Que le temps dévore notre vie et qu’il détruit tout, y compris la beauté ? Les années passant, je suis devenu optimiste, comme le dit aussi le designer Alessandro Mendini. Je privilégie une lecture différente : je veux croire que le temps préserve la beauté et la noblesse, vecteurs d’une signification nouvelle et personnelle au fil des ans. C’est pourquoi les pièces de Haute Horlogerie sont transmises de génération en génération. Parce que leur valeur intrinsèque n’est pas seule à s’accroître ; la patine de l’affection et de la vie les rend plus belles et plus précieuses encore.

 

Jamais la beauté d’une pièce authentique de Haute Horlogerie ne succombe au fleuve du temps, elle en est l’alliée.

De nos jours, loin d’être mythifié, le rôle de l’artisan est au contraire poussé vers une catégorisation qui en nie la dualité : rares sont ceux qui reconnaissent dans les métiers d’art la main et l’esprit, les yeux et le cœur. L’univers de la Haute Horlogerie nous incite en revanche à redécouvrir sans cesse cette dualité et à lui faire fête chaque fois qu’une montre fait palpiter notre cœur, par ses émaux, incisions, guillochage, sertissage des pierres, complications. Ce sont là des gestes nécessaires à la réalisation d’une pièce unique, inoubliable. Jamais la beauté d’une pièce authentique de Haute Horlogerie ne succombe au fleuve du temps, elle en est l’alliée.

Applaudissons donc et apportons notre appui aux Maisons qui cultivent et soutiennent les métiers d’art pour que ces savoir-faire se transmettent aux nouvelles générations comme un véritable passage de témoin. C’est grâce aux politiques visionnaires d’aujourd’hui que nous pourrons jouir demain de ces objets splendides et raffinés nés de la tradition et de la passion. La beauté requiert des gestes éprouvés et sensibles. En nous les assurant, nous réalisons un sage investissement dans l’avenir.

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