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La Biennale parisienne a perdu les joyaux de la couronne
Avis de l'expert

La Biennale parisienne a perdu les joyaux de la couronne

mercredi, 07 septembre 2016
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Alexey Tarkhanov
Journaliste, architecte et critique d’art

“La montre marche grâce à la force de la passion humaine.”

« L’horlogerie est beaucoup plus une mécanique du monde qu’une mécanique de la mode. »

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6 min de lecture

Le Syndicat national des Antiquaires (SNA) a dévoilé le nouveau menu de la Biennale des Antiquaires lors d’un petit déjeuner de presse. Les viennoiseries étaient impeccables, le café sucré, le bilan salé.

Cette année, la Biennale des Antiquaires à Paris est vraiment inhabituelle. Le rythme de l’événement, tout d’abord, change. Pour mieux rivaliser avec le Frieze Art Fair de Londres, la Foire des Antiquaires de Belgique ou The European Fine Art Fair de Maastricht, les antiquaires français ne peuvent plus se permettre une pause de deux ans. Dès 2016, la Biennale sera donc organisée sur un rythme annuel. En conséquence, il fallait bien trouver un nouveau nom. « Salon », en lieu et place de « Biennale » ? Le vocable n’a pour l’instant pas convaincu. Promis avant l’ouverture le 10 septembre prochain, le baptême n’aura probablement pas lieu avant la fin de la manifestation. Pour l’instant, elle reste donc la seule et unique biennale annuelle jamais connue.

Le stand Graff à la Biennale des Antiquaires de Paris (2104) © Alexey Tarkhanov

La deuxième nouveauté tient au divorce d’avec les joailliers qui ont décidé de déserter les lieux. Lors des dernières éditions, on comptait pourtant l’élite de la profession parmi les exposants avec la présence des Boucheron, Bulgari, Cartier, Chanel, Chaumet, Dior, Piaget, Van Cleef & Arpels et bien d’autres illustres Maisons. Une présence qui n’a d’ailleurs cessé de s’affirmer au fil des ans, comme en atteste le grand retour de Graff sous la verrière du Grand Palais en 2014. Rien de tel ne risque toutefois de se produire en septembre prochain puisque la quasi-totalité de ces Maisons a déclaré forfait. Les raisons ? Un changement à la tête de la Biennale qui a vu Dominique Chevalier prendre la place de Christian Deydier à la direction du Syndicat national des Antiquaires (SNA). Un changement accompagné de nouvelles règles du jeu imposées aux joailliers.

Dominique Chevalier, Président du Syndicat national des Antiquaires (à gauche), et Jean-Daniel Compain, Directeur général de la Biennale
Dominique Chevalier, Président du Syndicat national des Antiquaires (à gauche), et Jean-Daniel Compain, Directeur général de la Biennale © Alexey Tarkhanov
Surface réduite, hausse des tarifs

« La place occupée par la Haute Joaillerie était devenue trop importante, soit 1 100 m² ou plus de 20 % de l’espace total, précise Dominique Chevalier. Or la Biennale est avant tout une exposition destinée aux galeries qui accueillent volontiers la Haute Joaillerie mais dans une proportion raisonnable. Nous avons ainsi fixé une limite de 140 m² à chaque galerie et expliqué aux joailliers qu’ils disposeraient de la même surface par marque. » Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, ces mêmes joailliers se sont également vu imposer une nouvelle tarification en raison d’un niveau de sécurité plus élevé exigé par des installations avec coffres-forts et service de gardiennage. Résultat : « Ils n’ont pas avalé la pilule », selon les termes du Président du SNA.

Biennale des Antiquaires de Paris
Pierre Rainero, Directeur Image, style & patrimoine de Cartier devant le stand de la marque à la Biennale des Antiquaires de Paris (2104) © Alexey Tarkhanov

Le sentiment au sein des marques joaillières est unanime : ils déplorent ces nouvelles conditions. Directeur de l’Image, style & patrimoine de Cartier, Pierre Rainero explique que la Maison ne pourra se contenter d’une espace aussi minuscule pour accueillir correctement ses clients. Exit Cartier. Même son de cloche chez Philippe Léopold-Metzger, Président de Piaget, pour qui « la Biennale était un endroit incroyable pour sensibiliser de nouveaux clients et pour donner toute la visibilité voulue aux créations Piaget. C’est dommage pour nous, dommage pour la Biennale, pour Paris et pour la France ». Il ne reste donc que quatre joailliers qui n’ont pas fait défection : Boghossian Jewels (Londres-Bruxelles), Cyndy Chao (Hong Kong), Nirav Modi (Inde) et la Maison genevoise de Grisogono. Son fondateur Fawaz Gruosi n’y va pas par quatre chemins : « Moi, j’ai toujours fait le contraire de tout le monde, explique-t-il. Quand il y avait de nombreux joailliers, c’était difficile. Aujourd’hui, j’ignore pourquoi tout le monde s’en va mais pour moi, c’est clairement le moment d’y entrer. »

Biennale des Antiquaires
Cadran solaire en argent signé Pierre Lemaire, Paris, début du XVIII . Musée International de l’Horlogerie (MIH), La Chaux-de-Fonds, Suisse © Dominique Cohas/Fondation de la Haute Horlogerie, Genève Suisse
Une exposition horlogère prend le relais

Cette absence de plusieurs marques sera peut-être partiellement compensée par leur participation à l’exposition que prépare pour cette Biennale la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH), exposition intitulée « La Conquête du Temps » qui avait déjà été présentée à Milan à la bibliothèque Ambrosiana. Expert et historien en horlogerie auprès de la FHH, Grégory Gardinetti en charge de cette « Conquête » évoque des modèles historiques mais également des pièces contemporaines dont la toute récente Octo Finissimo de Bulgari.

Fabienne Lupo, présidente et directrice générale de la FHH

Selon la Présidente et Directrice générale de la FHH Fabienne Lupo, cette exposition est devenue possible grâce à l’espace libéré par les joailliers. « Mais cette exposition est strictement culturelle, sans aucune démarche commerciale, souligne-t-elle. Elle est indépendante de la participation ou non des marques partenaires de la FHH à la Biennale. Cela fait des années que nous étions en discussion avec les instances dirigeantes de la Biennale. J’espère donc que cette première expérience débouchera sur une longue et fructueuse collaboration permettant aux Maisons horlogères et joaillières de se présenter dans un environnement qualitatif et culturel. »

Le mot de la fin aux joailliers. « La Biennale change. Très bien. En ce qui nous concerne, nous préférerons faire nos présentations à part, durant les semaines de la mode », explique Benjamin Comar, Directeur de la joaillerie Chanel. « La Biennale est toujours un grand moment pour nous comme pour les autres joailliers, mais nous allons désormais nous concentrer sur nos propres événements, renchérit Jean-Christophe Babin, patron de Bulgari. Tant mieux pour nous, tant pis pour eux. » La Biennale pourra-t-elle un jour retrouver ses joyaux de la couronne ? Rien n’est moins sûr.

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