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La collection d’horloges et de montres du Musée Poldi Pezzoli

jeudi, 15 novembre 2012
Par Lavinia Galli
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Lavinia Galli

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7 min de lecture

Le Musée Poldi Pezzoli de Milan est un musée de renommée internationale. Créé au 19e siècle par Gian Giacomo Poldi Pezzoli (1822-1879), il abrite des peintures, des sculptures et une collection unique d’œuvres issues des arts décoratifs : porcelaine, verre, textiles, armes et armures, joaillerie, horloges et montres.

Suite à une donation du collectionneur milanais Bruno Falck en 1973, le Musée s’est enrichi d’une collection conséquente de 129 montres et horloges. Grâce à ce don généreux, la petite mais non moins précieuse collection de quatorze pièces qui avaient appartenu à Gian Giacomo Poldi Pezzoli est devenue la collection privée la plus importante d’horloges et de montres ouverte au public en Italie. D’autres pièces y ont été ajoutées en 1980 et 1982 grâce aux dons d’Alberto Vaghi et d’Emilio Faraggiana, puis de Roberto Manfredini en 1987.

Ces montres et horloges, datant du 16e au 19e siècle, sont exposées dans une salle spécialement dédiée, entièrement rénovée en 1986. Une deuxième salle abrite la collection de plus de 200 cadrans solaires offerts en 1978 par Piero Portaluppi (1888-1967). La collection comprend également un petit nombre d’instruments scientifiques parmi lesquels la sphère armillaire en laiton doré datant de 1568 et signée Gualterus Arsenius, membre de la célèbre famille de graveurs et de fabricants d’instruments mathématiques et géographiques du 16e siècle.

Une magnifique série d’horloges Renaissance fabriquées dans le Sud de l’Allemagne, à l’époque la région la plus avancée sur le plan technologique, comprend des modèles de table carrés, hexagonaux et ronds, d’autres en forme de retables ou de clochers, voire même de bréviaire pour cette pièce de 1595. Une imposante horloge en forme de calvaire à globe rotatif, dont l’index indique les heures en haut de la croix, fait également patrie de cette collection qui comprend notamment l’une des plus anciennes montres de poche datant du 16e siècle et des modèles dont le boîtier est rehaussé d’un couvercles en cristal de roche.

Honneur à l’horlogerie allemande du 17e siècle

A noter deux pièces exceptionnelles datant du 17e siècle. La première est la grande horloge en forme de retable signée par Giovan Pietro Callin, un maître-horloger allemand établi à Gênes à la fin du 17e siècle. Son boîtier en bois d’ébène est sculpté en forme de retable. Quant au cadran, il est décoré d’une scène allégorique par le peintre Giovanni Battista Gaulli, surnommé Baciccio. Le temps, représenté par un vieil homme ailé vêtu de rouge, découvre la Vérité dans son simple appareil et expie le Mensonge. Au premier regard, elle ressemble à une « pendule nocturne » sauf qu’elle n’est pas conçue pour indiquer l’heure la nuit. La deuxième pièce est une « pendule nocturne » datant d’environ 1680 signée « Johannes Wendelinus Hessler fecit Romae ». Elle se présente sous la forme originale d’un ostensoir. Un cierge placé à l’intérieur du boîtier permettait de lire l’heure dans l’obscurité tout en la projetant sur un mur.

Les montres en émail représentent une grande partie de la collection. La technique de la peinture miniature sur émail servant à décorer des pièces horlogères de luxe s’est développée au 17e siècle, principalement en France. La pièce la plus ancienne datant d’environ 1650, la plus précieuse de cette collection, est une montre signée « David Bouquet Londini », décorée de Vénus et Mars, de Narcisse et des quatre saisons.

Une autre vitrine abrite des pendulettes : grandes et imposantes, elles pouvaient être suspendues quasiment n’importe où grâce à leur arceau. Parmi elles, celle signée « Louis Baronneau à Paris » datant d’environ 1655. Son boîtier est argenté est ciselé. Le cadran, également argenté, est décoré d’une gravure de paysage représentant un château médiéval et un pêcheur.

Ce chronomètre pouvait donc servir à la navigation.
Un chronomètre de poche signé Breguet

Parmi les pièces plus récentes figurent des petites montres fantaisie du 19e siècle, une production helvétique de montres très originales aux formes les plus inattendues : insectes, animaux en tous genres, instruments de musique, souvent incrustées dans des crayons ou des bagues. Viennent compléter la collection des montres précieuses et raffinées que sont les répétitions à quarts et les montres de poche musicales dont certaines sont dotées d’automates, une complication très en vogue à l’époque.

Parmi les plus belles pièces figure un chronomètre de poche de l’horloger suisse Abraham-Louis Breguet (Neuchâtel 1747-Paris 1823), certainement l’une des plus grandes figures de l’horlogerie moderne, génie de la mécanique et du design. Cette montre intègre un « tourbillon », mécanisme complexe breveté par Breguet en 1801 et conçu pour annuler les imprécisions dues aux changements de position du chronomètre en fonction de la gravité terrestre. Logé dans son boîtier en ébène vissé, qui permettait de le maintenir en position fixe à bord d’un bateau, ce chronomètre pouvait donc servir à la navigation. Cette pièce a été offerte par l’Académie des Sciences de Turin en 1975.

Don également précieux de Zaira Roncoroni en 1990 : une montre de poche signée « Edward Prior London » datant d’environ 1900. Cette pièce, fabriquée pour le marché turc dotée d’un boîtier en or, est décorée d’émaux translucides et incrustée de petits diamants. Sur le couvercle, une représentation de l’ancienne Constantinople (aujourd’hui Istanbul) et du pont de Galata. Le cadran en émail blanc indique les heures et les minutes avec des chiffres turcs. George et Edward Prior, père et fils, ainsi que leurs héritiers à Londres ont beaucoup travaillé pour le marché turc de la fin du 18e siècle à aujourd’hui.

Horloge de Char Triomphal à automates

Sud de l’Allemagne, env. 1610
Ébène, bronze, argent, 305 x 410 x 170 mm
Collection Gian Giacomo Poldi Pezzoli

Le boîtier de cette horloge, appelée Le Char de Diane, a la forme d’un char triomphal fabriqué en ébène. Les roues sont en bronze doré et les frises en argent. Diane, déesse de la chasse, y est représentée assise sur un trône en train de tirer une flèche. Deux panthères tirent le char et un singe est assis à l’arrière.

Deux cadrans argentés sont disposés de part et d’autre du trône, l’un pour les heures et l’autre pour le mécanisme sonore. Ils sont décorés d’émaux polychromes représentant des fleurs et des oiseaux. Tandis qu’un ressort intérieur fait tourner les roues du chariot, les deux panthères montent et descendent, comme si elles bondissaient. Leurs têtes pivotent, à l’instar des yeux de Diane et de la tête du singe.

www.museopoldipezzoli.it

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