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La croisière horlogère s’amuse
Economie

La croisière horlogère s’amuse

lundi, 08 juillet 2013
Par Quentin Simonet
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Quentin Simonet

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6 min de lecture

Plusieurs marques horlogères installent des boutiques sur les géants des mers au rang desquelles IWC, Hublot ou TAG Heuer.

Un monstre : près de 1’200 membres d’équipage pour 3’114 passagers, 13’800 tonnes, une longueur de 331 mètres et 43 mètres de largeur, une vitesse de croisière de 22 nœuds, 13 restaurants, 4 piscines et 6 bains à remous ou jacuzzi. Et ce n’est pas tout : une salle de sport, des cours de yoga et de tai-chi, un mur d’escalade, une patinoire, un mini-golf et une piste de jogging et de roller. Bienvenue à bord du Mariner of the Seas, un paquebot appartenant à l’opérateur Royal Caribbean Cruise Line. C’est sur ce navire qu’IWC a décidé d’embarquer. Mais pas pour un voyage d’agrément. Non, la marque schaffhousoise a tout simplement décidé d’y installer une boutique de montres. Une première pour la société en mains du groupe Richemont. Si le succès est au rendez-vous, l’expérience pourrait être renouvelée à bord d’autres navires. Sur environ 60 m2, la boutique, reflet fidèle de l’identité de la marque alémanique, proposera aux passagers les six familles de montres IWC. Une expérience d’achat unique, selon les termes de Georges Kern, CEO de la manufacture. Durant le trajet, entre deux ports, parfois deux continents, les clients auront tout loisir de trouver montre à leur poignet.

Sous toutes les latitudes

Il n’existera d’ailleurs bientôt plus un seul territoire sur la planète où les garde-temps helvétiques ne sont pas disponibles. Les horlogers rivalisent d’imagination pour atteindre le client, partout, à toute heure et sous toutes les latitudes. Il y a par exemple déjà une boutique horlogère à la Jungfraujoch, dans les Alpes bernoises, à 3’571 mètres d’altitude. Difficile de faire plus haut. C’est là que le détaillant horloger bernois Jürg Kirchhofer a implanté un magasin il y a quelques années. Pas bien grand, 12 m2 à peine, mais suffisant pour faire le bonheur des touristes férus de garde-temps.

Nous avons des horloges un peu partout sur ces bateaux et nous vendons également nos produits dans les points de vente établis à bord.
Marine Lemonnier

Dans sa démarche maritime, IWC n’est toutefois pas un cas isolé. Hublot est pour sa part partenaire de Seabourn, les bateaux de croisière de luxe de Carnival. « Nous avons des horloges un peu partout sur ces bateaux et nous vendons également nos produits dans les points de vente établis à bord », explique Marine Lemonnier, porte-parole de la maison sise à Nyon (VD). Pour marquer ce partenariat, une affiche exposait récemment l’événement sur un écran géant de Reuters à Time Square, endroit privilégié de la Grande Pomme. « Même le New York Times en a parlé… C’est dire à quel point les croisières et leur actualité intéressent les Américains », poursuit-elle.

Une industrie en plein essor

Il faut dire que l’industrie de la croisière est en plein essor. Alors qu’elle fleurit depuis de nombreuses années aux États-Unis, elle commence à faire sa place en Europe. En 2012, elle a contribué à hauteur de EUR 37,9 milliards (CHF 46,6 milliards) à l’économie du Vieux Continent, soit une croissance de 3,1 % sur un an, malgré la crise économique et le naufrage du Costa Concordia, selon une étude publiée récemment. Face aux États-Unis, leader mondial de la croisière et marché désormais mature, l’Europe grignote donc des parts de marché.

Les chiffres sont d’ailleurs proprement renversants. Si le nombre de vacanciers en croisière dans le monde a doublé en une décennie, passant de 11,1 millions en 2002 à 20,9 millions en 2012 selon la Cruise Lines International Association, le nombre d’Européens effectuant ce type de voyage a quant à lui quasiment triplé dans l’intervalle pour atteindre 6,26 millions en 2012, soit environ 30 % du total mondial. Par ailleurs, jamais l’Europe n’a attiré autant de croisiéristes : 5,7 millions de passagers ont embarqué à bord de ces géants des mers en 2012 depuis un port européen, un record et une progression de 2,5 % par rapport à 2011.

TAG Heuer ne s’y est d’ailleurs pas trompé. La marque dispose depuis l’an dernier de trois boutiques sur ces paquebots, véritables villes flottantes qui peuvent accueillir, selon les versions, jusqu’à 7’000 passagers. Soit autant de clients potentiels.

La manne des « globe shoppers »

De manière générale, les horlogers veulent absolument capter l’attention des « globe shoppers », ces touristes qui font leurs emplettes à l’étranger. Une manne des plus intéressantes puisque leur nombre a plus que doublé en trois ans, selon une enquête de Global Blue, société vaudoise spécialisée dans le shopping international. De plus, ce type de voyageur dépense en moyenne quatre fois plus que les clients locaux par transaction pour représenter plus de la moitié des achats de biens de luxe sur la planète. Et l’horlogerie-joaillerie figure en bonne place avec 14 % de la totalité des dépenses des « globe shoppers », juste derrière la mode (20 %). Un exemple de leur appétit ? La plus importante transaction intervenue entre janvier et mai 2013 est le fait d’un client indonésien dans une boutique de Singapour où il a dépensé pour plus de CHF 2 millions en montres. Singapour, qui est par ailleurs la destination la plus prisée pour ce type d’achats de la part de consommateurs en déplacement.

Sans réelle surprise, les Chinois se montrent de grands acheteurs à l’étranger. Durant les cinq premiers mois de 2013, les clients de l’Empire du Milieu ont compté pour plus de 40 % de toutes les transactions enregistrées par Global Blue au niveau international. Juste après la mode (41 % de leurs achats), l’horlogerie-joaillerie (36 %) est la deuxième catégorie de produits la plus prisée par les touristes chinois.

Terres, mers, montagnes, air (duty free dans les avions), il ne restera bientôt plus que les fusées où les garde-temps Swiss made ne seront « encore » pas disponibles. Quoi que, avec les vols commerciaux bientôt prévus par l’industrie du tourisme spatial, tout reste possible. Mais alors sur quel fuseau horaire faudra-t-il régler sa montre GMT à heures universelles ?

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