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La formation horlogère suisse fait peau neuve
Economie

La formation horlogère suisse fait peau neuve

vendredi, 01 mai 2015
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Après dix ans de travaux, la réforme des métiers horlogers est sous toit. Au final, la branche se retrouve avec de nouvelles formations, des programmes revisités et une nomenclature simplifiée pour coller à ses besoins. Un enjeu majeur pour la profession.

Si l’on considère que 75 % des effectifs employés dans l’industrie horlogère suisse sont des personnes actives dans les métiers techniques de la branche, c’est dire l’importance que revêt la formation dans ces domaines. D’autant que l’horlogerie est un secteur capital pour l’économie helvétique en tant que 3e industrie d’exportation du pays avec CHF 22,2 milliards réalisés l’an dernier sur les marchés internationaux, soit quelque CHF 50 milliards au prix de détail. Traduit en chiffres, cela veut dire que près de 40’000 techniciens sont aujourd’hui au service des entreprises horlogères, dont deux tiers au bénéfice d’un diplôme. Cette proportion n’a d’ailleurs cessé de croître au fil des décennies et des besoins d’une branche qui évolue à la croisée des arts et des sciences, à la pointe de la technologie depuis deux décennies. Si, en 30 ans, les effectifs horlogers ont ainsi crû de 87 % à 58’000 personnes recensées aujourd’hui, le nombre de diplômés a quant à lui augmenté de 140 %.

Importance de la formation en entreprise

Cette tendance ne saurait d’ailleurs fléchir tant l’excellence suisse en matière de mesure du temps est gourmande en compétences et savoir-faire. Les instances de la profession en sont bien conscientes pour avoir remis à plat toute la formation horlogère sous l’égide de la Convention patronale de l’Industrie horlogère suisse (CP). « L’objectif de cette réforme était triple, exposait en conférence de presse François Matile, secrétaire général de la CP. Il s’agissait d’abord d’assurer une meilleure cohérence dans toute la panoplie des métiers de l’industrie horlogère ainsi que d’adapter les formations à la réalité des entreprises. De nos jours, il n’est par exemple plus possible de former un micromécanicien comme on le faisait il y a 10 ans. L’intérêt, enfin, portait sur la formation en entreprise ou formation duale que nous voulons encourager. » Pour des raisons historiques, l’industrie horlogère est en effet peu formatrice. On dénombre de fait aujourd’hui un petit 2 % d’apprentis au sein des effectifs de la branche, soit à peine plus de 1’000 personnes en formation dans les entreprises, pourtant une particularité du système éducatif helvétique souvent cité en exemple à l’international. En d’autres termes, avec près de 70 % des quelque 400 entreprises membres de la CP comptant moins de 50 collaborateurs, les possibilités sont restreintes.

Ce sont donc essentiellement les grandes entités de la branche qui jouent le rôle d’entreprises formatrices, une fonction qui devrait toutefois se généraliser au vu des filières éducatives classiques. « Les écoles d’horlogerie au sens large ont fait leur boulot, résumait François Matile. Depuis plusieurs années, elles n’ont cessé d’augmenter leurs capacités d’accueil si bien qu’elles sont aujourd’hui pratiquement à saturation. C’est une des raisons qui explique nos efforts dans la promotion de la formation en entreprise. » Selon les dernières statistiques de la CP, ceux-ci sont déjà partiellement couronnés de succès. De 2004 à 2014, si les effectifs horlogers ont enregistré une croissance de 56 %, celle du nombre d’apprentis a été de 75 %, voire de 150 % pour les apprentis en formation duale. Sur les 472 jeunes qui ont signé un contrat de formation dans l’un des métiers de la CP, la part de la formation duale dépasse ainsi pour la première fois la barre des 40 %, pour s’établir à 43 %.

Le succès à venir de l’horlogerie suisse se forge aujourd’hui.
Attractivité et cohérence

Au total, la réforme des formations horlogères aura pris 10 ans. Il en résulte d’abord une nouvelle dénomination des 7 métiers recouvrant 13 filières (cf. tableau). Il en résulte également la création de formations débouchant sur une Attestation fédérale de formation professionnelle (AFP) dans le domaine du polissage et du réglage. Les contenus enfin ont été davantage axés sur la pratique professionnelle avec, à la clé, une académisation maîtrisée. « En priorité, nous avons voulu répondre aux besoins des entreprises, commentait Séverine Favre, responsable du service Formation professionnelle de la CP. Nous avons également souhaité rehausser l’attractivité de ces métiers pour les jeunes avec la possibilité de poursuivre un cursus de formation au niveau des Hautes écoles et Hautes écoles spécialisées. Il s’agissait enfin d’être cohérent en créant des synergies entre métiers et en uniformisant les procédures. » À n’en pas douter, le succès à venir de l’horlogerie suisse se forge aujourd’hui.

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