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La formation, la clé de l’avenir
Economie

La formation, la clé de l’avenir

Friday, 24 October 2008
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Timm Delfs
Journaliste indépendante

“À l’inverse d’une montre, un cadran solaire ne s’arrête jamais.”

Journaliste indépendant basé à Bâle, Timm Delfs gère la Zeitzentrale, un magasin qui vend toute sorte d’instruments de mesure du temps. Son amour « horloger » : les cadrans solaires.

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6 min de lecture

Depuis la crise déclenchée par l’avènement de la montre à quartz dans les années 1970, former de nouveaux horlogers n’était plus une priorité. Or aujourd’hui, l’industrie a un besoin pressant de spécialistes, dont l’ampleur rappelle l’époque des réductions d’emploi. Une maison à Schaffhouse n’a toutefois jamais cessé de former des horlogers : IWC.

Ces 20 dernières années, la montre mécanique a rencontré un succès sans précédent. Si, de fait, l’industrie horlogère suisse se retrouve dans une position enviée, la rapidité et l’étendue de ce succès ont toutefois pris de nombreuses marques par surprise. Depuis la crise déclenchée par l’avènement de la montre à quartz dans les années 1970, former de nouveaux horlogers n’était plus une priorité. Pire encore, le secteur a perdu 60 000 emplois en dix ans seulement, dont de nombreux horlogers. Or l’industrie a besoin aujourd’hui de spécialistes, avec autant d’urgence qu’elle a réduit les emplois autrefois. Sans eux, difficile de fabriquer les mouvements mécaniques complexes si convoités. La production n’est qu’un aspect du problème et avoir un service après-vente efficace est tout aussi important. Depuis le boom du mécanique, des tas de montres mécaniques ont été vendues dans le monde entier, parfois équipées de mécanismes compliqués. Tôt ou tard, elles seront retournées au fabricant pour l’entretien. Et c’est là que les marques manquant de personnel qualifié auront des soucis.

La manufacture IWC, implantée à Schaffhouse, fait partie des rares maisons qui ont été perspicaces. Elle n’a jamais cessé de former à l’horlogerie et aux autres métiers connexes. Ses futurs horlogers bénéficient même d’un atelier entièrement équipé pouvant accueillir 24 apprentis, cinq par année d’apprentissage. D’autres apprentis en construction, polymécanique, placage par galvanoplastie, traitements de surface, IT et commerce sont formés « sur le tas », aux côtés de professionnels.

L'intérêt de recruter dans cette région est que nos collaborateurs ne pensent pas à quitter IWC puisque leur famille et leurs amis sont à proximité.
Markus Kaufmann
« Nous avons le devoir de préserver notre expertise »

« Étant l’une des rares marques horlogères dans cette partie de la Suisse, nous avons le devoir de préserver notre expertise dans cette région », affirme Markus Kaufmann, qui a récemment succédé à Walter Baumann au poste de directeur de la formation. Sur les 46 ans que Baumann a passés auprès d’IWC, 40 ont été consacrés à l’enseignement. Kaufmann, qui n’a que 30 ans, a été l’un de ses apprentis. « L’intérêt de recruter dans cette région est que nos collaborateurs ne pensent pas à quitter IWC puisque leur famille et leurs amis sont à proximité », poursuit Kaufmann. Alors que dans les années 1980, personne ne voulait devenir horloger, le métier profite aujourd’hui du regain de prestige dont jouissent les garde-temps. L’horlogerie est devenue un métier attrayant. « Chaque année, plus de 100 jeunes gens se présentent pour être formés », explique Markus Kaufmann. « Nous avons dû trouver une façon de choisir les meilleurs tout en restant objectifs. »

Tout d’abord, les candidats sont conviés à une présentation leur expliquant les points forts mais également les difficultés du métier d’horloger. « À ce stade, certains jeunes gens se rendent compte qu’ils n’auront jamais la patience requise pour ce travail, ce qui leur évite et nous évite de perdre du temps. » Cinquante à soixante jeunes, dont le dossier scolaire doit être excellent, sont ensuite invités à prendre part à un test qui détermine ceux qui sont aptes à devenir horloger. Ceux qui le réussissent sont conviés à une formation d’une semaine lors de laquelle ils peuvent toucher des mouvements horlogers. « Au final, seuls cinq jeunes gens ont le potentiel requis pour commencer l’apprentissage. »

Très tôt dans leur formation, nous demandons à nos étudiants de travailler sur des montres qui ont réellement besoin d'être réparées.
Markus Kaufmann
Les étudiants doivent apprendre à fabriquer leurs propres outils

L’apprentissage horloger dure quatre ans, durant lesquels les jeunes gens sont formés non seulement dans les ateliers mais également dans une école professionnelle. « Nos stagiaires suivent des cours à l’école horlogère de Grenchen, qui est le seul institut germanophone en Suisse », précise Markus Kaufmann. Là, ils étudient la théorie horlogère mais également les langues, les mathématiques et la physique notamment, susceptibles de leur être utiles dans leur futur métier. Tout au long de leur formation, il est demandé aux étudiants de tenir un journal professionnel faisant état de leur progrès, semaine après semaine, avec leurs propres mots et dessins. Remplir ces pages aide incontestablement à obtenir de bons résultats et leur sert également de travail de référence pour l’avenir. Méthode et soin du détail sont deux qualités indispensables pour l’art horloger.

« Il nous semble important de donner à nos apprentis des tâches utiles dès le début », commente Markus Kaufmann alors que nous visitons l’atelier, bourdonnant d’une intense activité silencieuse. « Très tôt dans leur formation, nous demandons à nos étudiants de travailler sur des montres qui ont réellement besoin d’être réparées. » Tout d’abord, nous leur demandons de rapporter de chez eux de vieilles horloges ou de vieux réveils, des objets de moindre valeur sur lesquels ils peuvent se permettre de commettre des erreurs. Puis, très rapidement, ils réalisent des réparations simples sur des montres. Les étudiants doivent même apprendre à fabriquer leurs propres outils, tels que des brucelles et des tournevis.

Travailler aux côtés de professionnels qualifiés donne, très tôt, à tous les jeunes stagiaires d’IWC un sens des responsabilités. Les jeunes constructeurs, par exemple, observent ceux qui élaborent les futurs mécanismes de la marque. Et l’une des premières choses que ces jeunes gens apprennent, c’est de garder le secret sur les secrets de la marque !

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