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La grande désillusion des millennials
Economie

La grande désillusion des millennials

lundi, 28 mai 2018
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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4 min de lecture

La dernière étude Deloitte sur les milléniaux ne laisse guère de place au doute. Déstabilisés par l’avènement de l’ère numérique et son corollaire Industrie 4.0, ils voient le monde des affaires verser dans la course au profit, au détriment de valeurs éthiques et sociales. Quelles leçons en tirer ?

Si tous les yeux se tournent actuellement vers les milléniaux, à savoir la classe d’âge 24-35 ans, pour comprendre quels sont leurs motivations et leurs comportements d’achat, il n’est pas inintéressant d’analyser leurs opinions en tant que travailleurs et les valeurs qu’ils défendent. C’est précisément ce que fait le cabinet d’audit Deloitte, qui délivre depuis sept ans une étude baptisée « Millennial Survey » sur la base d’entretiens menés partout dans le monde. Pour son enquête 2018, pas moins de 10’455 milléniaux en provenance de 36 pays et 1’844 représentants de la Génération Z (19 à 23 ans) dans 6 pays ont ainsi été interrogés pour arriver à la conclusion parfaitement résumée dans le titre : « Les milléniaux déçus des affaires, démunis face à Industrie 4.0 » (« Millennials disappointed in business, unprepared for Industry 4.0 »).

Comme le note Deloitte, cette dernière enquête 2018 marque une sorte de point de rupture face aux résultats obtenus jusqu’ici. En d’autres termes, seule une minorité de milléniaux pensent aujourd’hui que les compagnies se comportent de manière éthique dans la conduite de leurs affaires et que leurs dirigeants ressentent une forme d’engagement vis-à-vis de la société. À l’inverse, les trois quarts d’entre eux estiment que les entreprises n’ont que leur propre agenda en tête, sans considération pour l’environnement dans lequel elles opèrent. Et deux tiers sont d’avis que leur motivation se limite à une seule course au profit. Les milléniaux sont-ils donc naïfs à ce point ? Certainement pas, répond le cabinet de conseil, mais ils estiment que les sociétés devraient être plus équilibrées dans les objectifs à atteindre, de sorte que les questions financières soient mises en équivalence avec l’impact social et environnemental des organisations, leurs capacités d’innovation, les conditions de travail offertes aux collaborateurs et, d’une manière générale, leurs capacités à améliorer la vie des gens.

Les milléniaux sont persuadés que les entreprises ont les moyens d’intervenir sur les questions sociales sans que leurs patrons agissent concrètement.
Les rois de demain

Il en résulte un fossé entre ce que les compagnies devraient réaliser et ce qu’elles font réellement aux yeux des milléniaux. Un fossé que l’on retrouve quand il s’agit de parler des problèmes qui les préoccupent le plus, à savoir le chômage et les inégalités salariales, aux côtés du changement climatique et du terrorisme. Si les milléniaux restent persuadés que les entreprises ont clairement les moyens d’intervenir sur les questions sociales, leurs patrons sont aux abonnés absents lorsqu’il s’agit d’agir concrètement. Il ne faut donc pas s’étonner que ces forces de travail démontrent une loyauté toute relative vis-à-vis de leurs employeurs. Près de la moitié des personnes interrogées (43 %) se voient quitter leur poste dans les deux ans, alors que seuls 28 % pensent y rester au-delà de cinq ans. Facteur pénalisant, l’avènement d’Industrie 4.0, qui se caractérise par une intégration des processus physiques avec les technologies numériques comme l’intelligence artificielle, l’informatique cognitive, l’Internet des objets ou le big data analytique. Les milléniaux sont en effet majoritairement d’avis que l’Industrie 4.0 aura un impact dramatique sur leur environnement de travail sans y être préparés. Encore une lacune dans le jardin des compagnies que les emploient.

Tout espoir n’est pourtant pas perdu. À la question de savoir quels groupes d’individus sont le plus susceptibles d’avoir un impact positif sur le monde, la réponse est sans appel : 71 % des milléniaux pensent que les politiciens ne font qu’aggraver les choses alors que les chefs d’entreprise œuvrent dans le bon sens pour 44 % d’entre eux. Pour Deloitte, mieux vaut donc voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Les organisations qui sauront répondre le mieux à ces préoccupations seront celles qui retiendront les meilleurs collaborateurs, donc celles appelées à durer. Transposée dans le monde de la consommation, l’étude n’est pas sans enseignement sur les valeurs des milléniaux, ceux-là mêmes qui sont en train d’endosser la casquette de « clients » qui vont en faire des « rois » !

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