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« La Haute Horlogerie célèbre le sport »
Histoire & Pièces d'exception

« La Haute Horlogerie célèbre le sport »

lundi, 07 avril 2008
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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8 min de lecture

Pour rendre hommage aux valeurs communes au sport et à l’art horloger, la Fondation de la Haute Horlogerie présente au SIHH 2008 « La Haute Horlogerie célèbre le sport », une exposition dont les montres d’exception mises en scène reflètent le génie humain.

« Les peuples sans sport sont des peuples tristes » dit une antique maxime byzantine. Si l’on s’y fie, on aurait tôt fait de voir la plupart des civilisations actuelles nager dans un bonheur béat, tant le sport occupe une place prépondérante dans l’univers contemporain. Même si on a quelque peine à s’imaginer un monde parfait, force est de constater que la planète terre n’a jamais vécu de période avec si peu de conflits armés comme c’est le cas actuellement. Le sport y est-il pour quelque chose ? Le raccourci serait assurément trompeur mais, comme le relève Dominique Fléchon, historien et expert en Haute Horlogerie « au cours de l’évolution des civilisations, le sport se révèle être un phénomène quasi universel dans le temps et dans l’espace au même titre que la mesure du temps ». C’est précisément pour souligner ce rapport indéfectible que la Fondation de la Haute Horlogerie a placé son exposition annuelle du Salon de la Haute Horlogerie 2008 sous la thématique « La Haute Horlogerie célèbre le sport ».

Si la mesure du temps est en effet apparue à l’aube des civilisations d’Asie mineure, il faudra attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour voir apparaître les premières joutes sportives au sens moderne du terme, en Angleterre et dans les pays d’Europe du Nord concernés par la révolution industrielle. « Jusqu’alors principale valeur du sport, la confrontation entre individus est supplantée par la recherche de la performance, ce qui ouvre ainsi la porte à la chronométrie horlogère, expose Dominique Fléchon dans le catalogue de l’exposition qu’il a mise en œuvre. Depuis, cette dernière mesure les efforts de l’athlète qui a pour obligation de tendre vers l’excellence. » En d’autres termes, précise l’auteur, « l’art du sport et l’art horloger constituent tous deux une forme d’expression encadrée par un ensemble de règles précises, réfléchies et évolutives ».

Le défi des premières montres-bracelet

Les premiers exploits « sportifs » du début du XXe siècle comme les premiers vols en aéronefs, dirigeables et autres biplans, les grandes explorations entreprises en Arctique et Antarctique, la première traversée de l’Atlantique en solitaire par Charles Lindbergh ou encore celle de la Manche à la nage par Mercédès Gleitze vont jeter les bases de l’horlogerie moderne et de ses fonctionnalités spécifiquement développées pour répondre aux besoins de sécurité, étanchéité, lisibilité, localisation… Sans oublier bien évidemment les indispensables lecture de l’heure et mesure du temps, par ailleurs de plus en plus précises. Les manufactures de l’époque rivalisent alors d’ingéniosité, d’abord pour faire passer les garde-temps du gousset au poignet, puis pour les doter des artefacts techniques indispensables à ces premiers exploits qui, déjà, passionnent les foules.

Dans cette course à l’innovation des débuts de l’horlogerie moderne, on retrouve déjà des noms qui ont traversé les siècles comme Vacheron Constantin, Cartier, IWC, Jaeger-LeCoultre, Lange & Söhne, Longines, Breitling ou Rolex, soit autant de manufactures œuvrant au service de ces exigences initiales des grands sportifs de l’époque. Un seul exemple : pour les explorateurs, les horlogers ont développé des montres très techniques, souvent munies de baromètre, d’altimètre, de thermomètre et de boussole, et dont la caractéristique essentielle était d’être insensible au magnétisme terrestre. L’année 1927 voit également apparaître les premières montres-bracelet pouvant être synchronisées à la seconde près avec un signal horaire radio sans que les aiguilles soient déplacées, une « astuce » indispensable pour déterminer la longitude en vol.

De l’acier aux grandes épopées

Dès la fin des années 20, la solidité des garde-temps prend une nouvelle tournure avec l’apparition des verres saphirs incassables (1929), de montres à guichets chez Audemars Piguet ou Cartier et de la légendaire Reverso de Jaeger-LeCoultre (1931). Entre la grande dépression (1929) et la Seconde Guerre mondiale, les garde-temps sont généralement réalisés en acier et répondent à un souci d’élégance pour habiller des gentlemen sportifs, vedettes de tennis, de golf, de ski ou de polo. La fin de la guerre sera synonyme de capacités de production libérées des commandes de l’armée, désormais utilisées à des fins civiles, notamment en ce qui concerne les chronographes destinés à un usage sportif comme la Navitimer de Breitling qui prend le relais du Chronomat en 1952.

Les années d’après guerre voient également les grandes expéditions fleurir à nouveau, à l’image de l’épopée du Kon Tiki, de celle d’Alain Bombard, de la conquête de l’Annapurna, des expéditions du Commandant Cousteau ou encore de l’exploration spatiale dès les années 60. « Le sport et ses pratiques de l’extrême s’approprient la montre, écrit Dominique Fléchon. Face à de tels défis, les horlogers conçoivent des montres pratiques, fiables, lisibles, robustes et aptes à supporter des contraintes physiques particulièrement sévères tels que des écarts importants de température. » Quelques modèles emblématiques de l’époque : la Bivouac de Favre-Leuba, la Fifty Fathoms de Blancpain, la Memovox Deep Sea de Jaeger-LeCoultre, la El Primero de Zenith, la Speedmaster d’Omega ou encore le chronographe Monaco de Heuer qui marque un tournant dans l’univers de la montre sportive par sa rupture des formes traditionnelles.

Changement de public

Depuis les années 70, « le sport entre dans la culture et se fait spectacle, rapporte Dominique Fléchon, coïncidant avec les exigences de l’image, de la réussite et de l’événement contemporain. Une nouvelle clientèle apparaît : aisée, active, acquise au défi et à un style de vie dynamique. Les horlogers doivent donc inventer des montres qui peuvent accompagner les hommes d’action dans toutes leurs activités journalières, tant professionnelles que sportives. » Le travail du designer Gérald Genta pour Audemars Piguet et sa Royal Oak (1972), pour Patek Philippe et sa Nautilus (1976) pour Bulgari et sa Bulgari-Bulgari (1977) en offre un excellent exemple. Les pièces majeures de l’époque, dont beaucoup ont largement inspiré les modèles d’aujourd’hui, se reconnaissent à leurs boîtes et bracelets aux volumes affirmés et le plus souvent réalisées en acier, mécanique horlogère et esthétique sportive étant généralement indissociables dans cette approche de la montre élégante. Il faudra attendre les années 80 pour que la distinction s’opère progressivement entre sport de haut niveau et activités physiques accessibles au plus grand nombre, entre garde-temps d’exception réalisés par des artistes hors pair et produits destinés à un large marché de consommateurs. La montre de sport perd alors sa fonction première pour devenir le symbole d’un statut social à l’esthétisme dynamique et contemporain.

La grande innovation de ces dernières années en termes de montres sportives tient essentiellement à la taille des garde-temps, des tailles qui ont pris considérablement d’ampleur depuis que Panerai est sous le feu des projecteurs sportifs, source d’inspiration pour de nombreuses manufactures. De plus, les Maisons s’ingénient depuis quelques années à réactiver ou à tisser des liens avec des univers qui restent éloignés de celui de la mesure du temps au sens strict, comme IWC avec la Cousteau Society ou Jaeger-LeCoultre avec Aston Martin. Mais une nouvelle constante s’affirme, comme le dit Dominique Fléchon : « contrairement aux années 1980-1990, les garde-temps d’aujourd’hui présentent une unité logique dans le choix de leurs fonctions ». Et dans ce registre, certains horlogers ont poussé très loin leurs propres explorations des limites de la chronométrie, comme le démontre la Bugatti Type 370 de Parmigiani Fleurier. « Dans le sport comme dans la Haute Horlogerie, rien n’est jamais acquis, précision, perfection, exigence et qualité sont des valeurs communes à ces deux univers qui s’inspirent et s’influencent en permanence », conclut Dominique Fléchon.

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