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La main dans le pot de miel helvétique
Economie

La main dans le pot de miel helvétique

mercredi, 15 juin 2016
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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À force d’entendre qu’il n’y a plus de Maisons à vendre dans le landerneau de l’horlogerie suisse, on aurait fini par le croire. En s’emparant de Frédérique Constant, le japonais Citizen vient démontrer le contraire.

Les Suisses peuvent respirer. Leurs ténors horlogers continuent d’occuper des places de choix dans le classement mondial des 100 premières entreprises du luxe établi par le cabinet de conseil Deloitte. Sur les 11 sociétés helvétiques à figurer dans cet inventaire, hormis Bally, elles émanent d’ailleurs toutes du secteur horloger. Dans le top 10, on retrouve Richemont à la 2e place avec un chiffre d’affaires de $ 13,2 milliards et Swatch Group en 5e position avec des ventes de $ 9,2 milliards. Viennent ensuite Rolex (5,5 milliards – 11e), puis Patek Philippe (41e), Chopard (50e), Audemars Piguet (52e), Frédérique Constant (79e) et Raymond Weil (90e). Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, ce sextet est désormais complété par Breitling (70e) et Franck Muller (75e), qui font leur première apparition dans ce classement. Commentaire de Karine Szegedi, responsable du secteur Fashion & Luxury chez Deloitte : « Le patrimoine historique des manufactures suisses d’horlogerie haut de gamme ainsi que leur expertise technique et en matière de design sont toujours inégalés. Une expertise qui fait des “petits” horlogers suisses des cibles d’acquisition intéressantes pour les grands groupes étrangers. »

Aletta and Peter Stas © Frédérique Constant
Aletta et Peter Stas © Frédérique Constant

Commentaire prémonitoire ? À quelques jours près, on apprenait en effet que Frédérique Constant allait changer de mains, repris par le japonais Citizen pour un montant estimé à quelque CHF 80 millions. Aletta et Peter Stas, les propriétaires d’origine néerlandaise de Frédérique Constant, fondateur de la Maison en 1988, n’ont pas fait de mystères quant aux raisons de cette cession. « Faire perdurer Frédérique Constant en qualité de groupe familial et indépendant était un souhait intérieur, expliquent-ils. Toutefois, les ambitions de la seconde génération se sont orientées sur d’autres voies. » Résultat : « Avec ce rachat, Citizen Watch Group va enrichir son portefeuille de marques et renforce sa présence dans un segment de marché où certains de nos concurrents sont actifs », exposait Toshio Tokura, CEO de la multinationale. Dans un passé récent, d’autres acquisitions ont également été la conséquence de problèmes de succession. Les rachats de Girard-Perregaux et d’Ulysse Nardin par le groupe Kering ont pu être réalisés à la suite du décès de leurs mentors respectifs, Luigi Macaluso pour le premier et Rolf Schnyder pour le second. Idem pour Bulgari. Si LVMH a réussi à s’emparer de ce joyau italien par échange d’actions, c’est essentiellement en raison d’un manque de successeurs intéressés au sein des descendants de Sotirio Bulgari.

Frédérique Constant Classics Art of Porcelain
Partenariat gagnant ?

Avec Frédérique Constant, c’est donc l’une des quelques Maisons indépendantes encore sur le marché qui rejoint un grand groupe horloger. En l’occurrence une compagnie japonaise qui étoffe sa présence en terre helvétique. Citizen s’est en effet déjà fait remarquer en 2012 lors de l’acquisition de Prothor Holding, qui détient la manufacture de mouvement La Joux-Perret à La Chaux-de-Fonds, la marque haut de gamme Arnold & Son et le fabricant de composant Prototec. Forte de cette première incursion, la compagnie redonnait également vie l’an dernier à Angelus, une référence avant sa disparition dans les années 1970. Avec Frédérique Constant, qui possède en outre la marque sport Alpina et l’enseigne plus exclusive Ateliers deMonaco, la compagnie nipponne ajoute une entreprise qui a misé son succès sur la montre de luxe accessible avec une production annuelle de quelque 150 000 pièces dont certaines sont dotées de calibres maison intégrant la technologie du silicium. La Maison genevoise, dont le quartier général se situe à une encablure de Vacheron Constantin, Piaget et Rolex, a d’ailleurs été l’une des premières à proposer sa propre version de montre connectée dans les 3 000 points de vente que constitue son réseau de distribution.

Alpina Flyback Chronograph
Alpina Flyback Chronograph

De là à conclure que Citizen a fait une bonne affaire, le pas est vite franchi. Selon la Banque Vontobel, Frédérique Constant a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de CHF 190 millions, ce qui place la Maison devant Richard Mille (185 millions), voire La Montre Hermès (175 millions). De plus, avec quelque 16 000 Horological Smartwatch écoulées l’an dernier, la marque a déjà marqué son territoire sur ce marché avec une proposition alliant tradition horlogère via un affichage analogique et modernité avec des fonctions essentiellement orientées « bien-être », soit une solution qui offre le net avantage d’une autonomie énergétique de deux ans. « Après une étude attentive et beaucoup de discussions, nous avons été de plus en plus impressionnés par les technologies innovatrices du groupe Citizen », poursuivaient Aletta et Peter Stas. Un facteur d’accélération pour Frédérique Constant ? En tout état de cause, avec Citizen et sa filiale américaine Bulova, au chiffre d’affaires de CHF 1,5 milliard en 2015, la Maison genevoise a trouvé un partenaire horloger de qualité. Entre la Suisse et le Japon, la hache de guerre horlogère est définitivement enterrée.

Frédérique Constant Slimline Automatic Heart Beat
Frédérique Constant Slimline Automatic Heart Beat
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