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La montagne, un univers boudé par les horlogers
Culture

La montagne, un univers boudé par les horlogers

lundi, 21 juin 2021
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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7 min de lecture

Contrairement à la mer, la montagne n’est pas un concept porteur en horlogerie. Rares sont les Maisons qui s’y risquent, hormis celles qui doivent bien faire honneur à leur nom comme Alpina ou Montblanc. Depuis sa conquête de l’Everest en 1953, Rolex peut donc dérouler le tapis rouge.

Si la montagne ne va pas aux horlogers, les horlogers ne vont pas davantage à la montagne. Telle pourrait être la morale de l’histoire pour une profession qui se targue pourtant d’être l’un des symboles du pays montagneux qui l’a vu naître. Promptes à vanter les vertus de la nature et le besoin pressant de la préserver, les Maison horlogères n’ont en effet que peu de sommets en vue. Rien de comparable avec les océans au chevet desquels elles se pressent, comme on a encore pu le constater lors de la récente Journée mondiale de l’océan. A-t-on déjà vu une marque horlogère proposer à ses aficionados d’aller ramasser les détritus qui jonchent les pentes de ski après la saison ? Ou, plus exotique, participer aux campagnes de nettoyage des quelque 250 tonnes d’ordures que les « amoureux » de la montagne déversent chaque année sur les pentes du mont Everest ? Peut-être même en compagnie de l’une ou l’autre vedette du sport ou du cinéma… Si pareilles « bonnes actions » initiées par tel ou tel horloger prolifèrent sur les bords de mer, on les attend toujours au pied des cimes. Et probablement pour encore longtemps.

Ed Viesturs au sommet du Manaslu, 1999 © Rolex
Ed Viesturs au sommet du Manaslu, 1999 © Rolex

La conclusion s’impose : la montagne n’est pas un concept porteur pour les maîtres du temps. Les montres pour randonneurs se sont pourtant multipliées ces dernières années. Évidemment, toutes en version électronique avec GPS, altimètre, boussoles, baromètre et autre calcul des dénivelés. Seul Oris, semble-t-il, a tenté un altimètre en version mécanique sur sa montre pilote Rega. Ce phénomène n’est finalement pas très différent de ce que l’on a pu observer dans le domaine de la plongée. Les professionnels des abysses préfèrent aujourd’hui confier leur vie à des ordinateurs de poignet, condamnant la montre mécanique au rôle de faire-valoir. Ce qui est toutefois loin de décourager les Maisons de la branche, bien au contraire. Les « plongeuses » font en effet partie du paysage horloger depuis qu’elles ont conquis leurs lettres de noblesse en tant que montres-instruments dès les années 1950. Toujours à la pointe des techniques horlogères, elles incarnent les valeurs indispensables aux montres taillées pour l’action : robustesse, fiabilité, étanchéité et lisibilité.

Jimmy Chin, ambassadeur Panerai
Jimmy Chin, ambassadeur Panerai

Dans ces conditions, pourquoi s’ingénier à réinventer la roue et dupliquer des modèles déjà conçus pour s’adapter aux milieux extrêmes. Ce qu’une montre peut endurer à 200 mètres sous l’eau, elle pourra facilement le supporter à 2’000 mètres d’altitude. Et comme les flots bleus sont autrement porteurs de rêves que les crevasses des glaciers, autant porter ses efforts là où ils seront le plus valorisés. L’exemple de Panerai est suffisamment parlant. Maison ayant des liens privilégiés avec le monde de la mer depuis une centaine d’années, elle a trouvé dans l’alpiniste Jimmy Chin un ambassadeur susceptible de l’emmener vers les sommets avec, au poignet, ses incomparables montres de plongée.

1858 Geosphere © Montblanc
1858 Geosphere © Montblanc

C’est toutefois bien la preuve que l’univers des cirques rocheux et des pics enneigés est bel et bien susceptible d’insuffler un esprit d’aventure, qui plus est dans cette nature « inviolée » porteuse de sueurs et de larmes. Certaines Maisons l’ont bien compris, ne serait-ce que pour donner au nom de leur marque l’aura qui lui correspond. Alpina propose ainsi avec sa collection Alpiner « des montres solides et robustes qui peuvent résister aux conditions les plus difficiles tout en restant pures et faciles à porter ». Même constat avec Montblanc, qui proposait il y a deux ans de se « reconnecter » avec la nature sur les chemins de montagne. Et pour assurer la transition, rien de mieux que d’enfiler son modèle 1858 Geosphere, digne héritier des montres d’observation développées par sa manufacture Minerva dans les années 1930 et 1940. Grâce à cette récente « plongée » dans les archives de Minerva, Montblanc a enfin trouvé le sens horloger à donner à son nom !

Prototype Overseas dual time © Vacheron Constantin
Prototype Overseas dual time © Vacheron Constantin

L’initiative de Vacheron Constantin a davantage d’authenticité pour elle. Son partenariat avec l’alpiniste et photographe Cory Richards carde en effet nettement mieux avec sa gamme Overseas lancée en 1996 mais dont la genèse remonte à 1977 avec le lancement de l’incontournable « 222 ». Déjà réputé pour la qualité de sa chronométrie, parfaitement incarnée dans une gamme de chronographes de poignet qui ont fait date au siècle dernier, Vacheron Constantin pouvait en effet ajouter sans rougir une montre de voyage à ses collections, montre aux vertus compatibles avec l’esprit des corps expéditionnaires. Pour équiper Cory Richard lors de sa dernière tentative vers le sommet de l’Everest, la Manufacture genevoise n’en a pas moins revu sa copie, question d’adapter la montre aux conditions prévalant sur le toit du monde où les températures peuvent chuter à – 40 °C. Vacheron Constantin a ainsi réalisé un Prototype Overseas dual time en titane avec un renfort en tantale sous la lunette. Autres ajouts : deux épaulements en titane en guise de protège-couronne, un cercle d’emboîtage en fer doux contre les champs magnétiques et une couronne vissée assurant une étanchéité à 150 mètres.

Sir Edmund Hillary et Tenzing Norgay escaladant le mont Everest en 1953.
Sir Edmund Hillary et Tenzing Norgay escaladant le mont Everest en 1953.

Reste que ces initiatives ressemblent fort à un flocon de neige sur un glacier. Ce qui dégage un large boulevard devant Rolex, la marque par excellence qui a fait de ses montres des instruments de précision pour explorateurs dans les milieux les plus hostiles, haute montagne comprise. « Pour Hans Wilsdorf, le fondateur de Rolex, le monde était comme un laboratoire à ciel ouvert, précise la Maison. Dès les années 1930, il a fait tester ses montres pour valider leur fiabilité dans les endroits les plus inhospitaliers, où des explorateurs qui bravaient l’inconnu les ont soumises aux conditions les plus extrêmes. » C’est exactement cette démarche qui est à l’origine de la fameuse Explorer dont les premiers prototypes sont confiés à des alpinistes pour plusieurs essais en conditions réelles.

Oyster Perpetual Explorer II © Rolex
Oyster Perpetual Explorer II © Rolex

« Hans Wilsdorf aime les exploits, explique dans Le Point Montres Romain Réa, expert horloger à la tête d’Antiquorum. Preuve en est les montres Rolex qui ont équipé de nombreux aventuriers. Il pense et fabrique l’Explorer pour accompagner sir Edmund Hillary, bien décidé à gravir le mont Everest, qu’il atteint le 29 mai 1953. Héritière de la Bubble Back, l’Explorer est conçue pour résister à tous les types de défis. Robuste, fiable, lisible et précise, elle est destinée aux explorateurs. » Depuis, les défis ont certes changé. S’il est en effet moins question de découvrir les endroits les plus reculés de la planète, les expéditions scientifiques n’en sont pas moins des plus nécessaires. À leurs côtés, Rolex, toujours, avec son programme « Perpetual Planet » et ses montres-instruments destinées aux poignets des explorateurs. Des Explorer et Explorer II évidemment, proposées cette année en deux nouvelles versions pour amateurs de verticalité, smoking compris.

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