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La montre du dandy rétro fait toujours sensation
Modes & Tendances

La montre du dandy rétro fait toujours sensation

vendredi, 15 mai 2020
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Marie de Pimodan-Bugnon
Journaliste indépendante

“Il faut absolument être moderne.”

Arthur Rimbaud

De la passion, beaucoup de curiosité et une bonne dose d’émerveillement ! La recette essentielle pour raconter les mille et une facettes de l’horlogerie…

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7 min de lecture

Des cadrans couleur saumon ou champagne, des glaces type box, des boîtiers bicolores… Le style néo-vintage a toujours le vent en poupe avec une inspiration forte en provenance directe des années 1940 à 1960.

On les croirait tout droit sorties du tiroir secret de papy ou du coffre à bijoux de mamie. En réalité, ces montres viennent à peine de quitter l’établi. Si la mode est un éternel recommencement, il se pourrait bien que l’horlogerie n’échappe pas à la règle. Cette nostalgie des années 1940 à 1960 où la montre se glissait discrètement sous la manche, révélant un fin boîtier, une glace type box et un cadran couleur saumon ou champagne continue de déployer son petit cortège de nouveautés à l’esprit néo-vintage. Les détracteurs du style l’apparentent volontiers à une paresse créative. Les marques qui revisitent l’esthétique de pièces anciennes tirées de leurs archives s’en défendent. Pour ces dernières, il s’agit plutôt de raconter des histoires, d’ancrer les créations actuelles dans un récit consistant. Un « storytelling » bien ficelé qui n’a d’autre vocation que celle de nous faire rêver et d’attiser la curiosité des collectionneurs.

Une montre, un mode de vie

« Les Collections Capsules nous permettent de raconter certaines des histoires les plus inspirantes de la Maison tandis que nous produisons des montres tout à fait exceptionnelles pour une période limitée », explique le patron de Breitling, Georges Kern, à propos de la Collection Capsule Superocean Héritage 57. Inspirée par la Superocean originale de 1957, cette nouvelle ligne se distingue par la lunette tournante bidirectionnelle concave qui équipe chaque modèle. Façonnée en acier inoxydable, elle est surmontée par un anneau en céramique résistant aux rayures. « Nous avons mis l’accent sur le style décontracté des plaisirs estivaux du sud de la Californie, qui a marqué toute une génération, ajoute Georges Kern. C’est le surf dans les années 1950 et 1960 qui est précisément au cœur de notre récit, mais cette époque offrait tellement plus : de la bonne musique, des voitures incroyables, et il y avait un rapport presque spirituel à la liberté sur les plages de sable à perte de vue et dans la recherche de la vague parfaite ! » Bref, cette collection témoigne d’un mode de vie. En guise de playlist, la marque suggère les Wipe Out, les Beach Boys, les Ventures et Jan and Dean !

Collection Capsule Superocean Heritage 57 © Breitling
Collection Capsule Superocean Heritage 57 © Breitling

Chez Piaget, les dernières créations féminines aux courbes asymétriques évoquent la Piaget Society des années 1960. « À cette époque, les célébrités amies d’Yves Piaget prenaient plaisir à se retrouver dans des lieux paradisiaques, rappelle Quentin Hébert, Head of Watch Marketing. Liza Minnelli, Elizabeth Taylor, Andy Warhol, Salvador Dalí ou encore Cary Grant ont porté des montres Piaget dont le style flamboyant s’est particulièrement illustré à travers l’utilisation de cadrans en pierres ornementales. » Un esprit jet-set incarné par la « Collection du 21e siècle », créée en 1969 et dont Piaget continue aujourd’hui encore de s’inspirer, comme en témoigne la nouvelle Limelight Gala Precious Sapphire Gradient, qui met à l’honneur le savoir-faire spécifique de la marque dans le domaine du travail de l’or. Finement gravé, le décor Palace caractéristique des sixties se laisse admirer sur le bracelet en or souple ainsi que sur le cadran recouvert d’une couche d’émail « Grand Feu » translucide bleu.

Faire de l’œil aux collectionneurs

En cueillant dans leurs archives des pièces emblématiques pour les revisiter au goût du jour, les marques visent clairement un public de collectionneurs. Zenith a profité des 50 ans du célèbre calibre de chronographe automatique El Primero pour redonner vie à l’édition originale de 1969. Avec l’édition A384 Revival, la marque a adopté une approche dite de « rétro-ingénierie ». Chaque pièce de l’A384 de 1969 a été numérisée afin d’être reproduite avec précision, à la différence près qu’un verre saphir s’est substitué au verre acrylique de l’époque et que le fond s’ouvre désormais sur la dernière version du mouvement chronographe El Primero 400. Cerise sur le gâteau, le boîtier original de 37 mm est prolongé par un bracelet en acier de type « échelle » au design ouvert créé par la maison Gay Frères.

El Primero A384 Revival © Zenith
El Primero A384 Revival © Zenith

Chez Audemars Piguet, la nouveauté dévoilée en ce début d’année se profile aussi comme un clin d’œil à l’histoire. « Pour créer la [Re]master01, nous avons choisi de transposer, dans un esprit 2020, la puissance et l’élégance de l’une de nos montres-bracelets chronographes de 1943. Il ne s’agit pas d’une réédition historique mais d’une réinterprétation contemporaine d’une création passée », analyse Michael Friedman, responsable des Complications pour la marque. Ici, l’esprit de rareté l’emporte sur le storytelling. Entre 1939 et 1959, Audemars Piguet n’a produit que 307 montres chronographes. Autant dire que cette « remastérisation » proposée à 500 exemplaires devrait convaincre les collectionneurs amateurs de designs vintage adaptés aux codes contemporains. Plutôt que de reprendre trait pour trait le modèle de 1943, Audemars Piguet a élargi à 40 mm le diamètre du boîtier bicolore en acier et or rose, changé le mouvement et repositionné les compteurs afin de permettre une meilleure lisibilité. Le cadran conserve quant à lui les attributs et les chiffres d’inspiration Art déco, tout comme la couleur champagne de la pièce originale dont la fidèle reproduction aura donné quelques cheveux blancs aux horlogers du Brassus. « Nous avons dû passer par pas mal d’étapes très compliquées, ce qui représente six à neuf mois de travail, rien que pour la couleur du cadran, souligne François-Henry Bennahmias, CEO de la marque. Mais nous avons trouvé cet équilibre parfait qui donne l’impression que cette montre trouvée dans le tiroir de grand-père possède des codes esthétiques actuels. »

Une tendance durable ? Exprimer un style

À l’instar d’Audemars Piguet ou Breitling, quelques horlogers se contentent de faire resurgir le passé dans des éditions limitées ou des lignes capsules. D’autres consacrent au rétro un pan entier de leurs collections. Chez Montblanc, la collection Heritage met en lumière l’esthétique des années 1940-1950 à travers des interprétations de montres-bracelets Minerva classiques. Sur ces modèles en or jaune, or rose ou acier de 40 mm et 42 mm dévoilés cette année, une attention spéciale a été portée aux cadrans qui arborent des couleurs vintage, rose saumon, vert anglais et tabac. Une tonalité rétro que l’on retrouve également sur le modèle Fiftysix de Vacheron Constantin qui adopte un cadran brun sépia assorti, pour la première fois, à un bracelet en cuir de veau brun. Inspirées par une montre de 1956, la référence 6073, qui fut la toute première montre automatique étanche créée par Vacheron Constantin, les deux dernières déclinaisons, en version automatique ou calendrier complet, mélangent admirablement les époques. La marque a trouvé l’expression parfaite pour décrire ce style : entre les canons du passé et l’esthétique actuelle, inutile de choisir, on joue la carte rétro-contemporaine !

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