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La petite histoire du retour en vol (I)
Culture

La petite histoire du retour en vol (I)

mercredi, 05 juillet 2017
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Vincent Daveau
Journaliste, horloger constructeur et historien diplômé

“Une heure de retard d’une jolie femme, c’est son quart d’heure d’avance. ”

Sacha Guitry

« La passion est le sel de la vie ! »

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6 min de lecture

Depuis le premier vol d’un « plus lourd que l’air » à l’aube du XXe siècle, les aventuriers du ciel ont très vite saisi toute l’importance du temps embarqué, condition sine qua non pour calculer son cap et sa position. Retour sur cette ère de pionniers.

Comme en mer, la mécanique horlogère s’est très vite révélée essentielle à la bonne exploitation d’un aéronef dont les déplacements se font dans un environnement où les repères visuels sont le plus souvent inexistants. Dans ces conditions généralement extrêmes, il était compliqué pour un pilote d’avoir ce que l’on appelle des « référentiels ». Seul le temps, corrélé à la vitesse et au cap, a longtemps autorisé les aviateurs à savoir où ils se trouvaient. Le meilleur outil pour les assister dans leur tâche : le chronographe doté de la fonction de « retour en vol ».

Il est loin le temps d’Icare où, pour voir le monde d’en haut, il suffisait de se fabriquer des ailes faites de cire et de plumes de rapace. La nature, ayant conscience de la place de l’homme dans son environnement, devait ramener ce premier humain volant sur le « tarmac » à une vitesse de l’ordre de 77 mètres par seconde. Comme l’inventeur n’avait pas pris la peine de concevoir le parachute, le retour sur le plancher des vaches fut plutôt rude et les tentatives humaines pour se rapprocher des divinités plus ou moins abandonnées pendant plus de deux millénaires.

Aux sources des fonctionnalités aériennes

La réussite des premiers vols habités réalisés par les frères Montgolfier à la toute fin du xviiie siècle devait rapidement inciter les horlogers à embarquer à bord des nacelles avec leurs premiers chronographes. Le but de l’opération : permettre le réglage des tirs d’artillerie et l’observation des mouvements de troupes. Il fallut attendre l’invention du moteur à combustion interne remontant à 1884 et sa rapide miniaturisation pour voir des aventuriers tenter l’expérience des vols motorisés. L’avion de Clément Ader, nommé Éole, ouvrait la voie. Il était équipé d’une machine à vapeur bien plus puissante et légère que le moteur à vapeur de pétrole des frères Wright de 1903. Seulement, la conception de son avion, mi-chauve-souris mi-pigeon, n’était pas cohérente avec les règles de la sustentation. Il est toutefois assuré qu’il fut le premier humain à faire décoller un « plus lourd que l’air ». Depuis la consultation permise des archives militaires dès 1990, on sait en effet qu’il fit des démonstrations gardées longtemps secrètes pour le compte de l’armée française. Nul ne peut malheureusement dire quelle montre l’extraordinaire inventeur portait lors de ces expériences, et s’il s’en servit. Il y a de fortes chances que le temps ait moins compté que la distance planée réalisée.

Toutefois, cette expérience et l’engouement du public, en particulier féminin, pour cette nouvelle technologie devaient pousser certains aventuriers à se lancer à la conquête du ciel. En France, Alberto Santos-Dumont, le célèbre dandy originaire d’Amérique du Sud, en aérostier émérite s’est penché dès 1900 sur ce nouveau mode de transport aérien. En visionnaire, il savait que seuls les pilotes d’avion auraient droit à la gloire. Il se jette alors dans la course et, fort de puissants moyens financiers, crée en 1904 un aéroplane motorisé fait de bois et de toile. Son nom : Demoiselle ! Évidemment, ce dandy des temps modernes, s’il n’est pas le premier homme à avoir arraché un avion du sol, est sans doute le premier à avoir pressenti l’importance de l’instrumentation embarquée. Cet élégant, qui avait table ouverte chez Maxim’s à Paris, ne demanda-t-il pas à son ami Louis Cartier de concevoir pour lui une montre adaptée au pilotage ? De cette requête allait naître la Santos de Cartier, la première montre de pilote d’avion de l’histoire et l’une des premières montres-bracelets tout court.

Breguet Type XX
Breguet Type XX
L’importance des balises radio

Aiguillonnées, les marques concurrentes devaient, durant le premier conflit mondial, réfléchir à la fabrication de modèles horlogers conformes aux attentes des pilotes. Dès les années 1920, la manufacture Longines s’impliqua à fond dans l’élaboration de garde-temps à l’intention des pilotes. En 1927, la marque chronométra la traversée de l’Atlantique réalisée en monoplan et monomoteur par le jeune Charles Lindbergh. En outre, elle travaillait à la même époque en collaboration avec le commandant PVH Weems à la mise au point d’une montre pouvant doubler les premiers instruments de bord. La montre Longines réalisée avec son concours, améliorée par Charles Lindbergh pour donner la pièce baptisée « Angle Horaire », devait répondre aux besoins des aviateurs des années 1930, calculant leur cap à partir de l’émission de top horaire émis par des balises radio au sol.

Cette technologie de l’angle horaire allait disparaître au profit de la radiogoniométrie dès sa mise au point. Cette technologie radio permettait de calculer un cap et de situer un avion par triangulation de points. Les sons émis, orientés en deux points de cap par rapport à une route connue (cap fixe), permettent, au point de convergence, de savoir où se trouve l’avion ou le navire. Avec le développement de cette nouvelle méthode de localisation dans l’espace, les horlogers allaient également devoir repenser les outils susceptibles d’aider les pilotes et les marins à faire le point. Cette technologie radiogoniométrique, associée à une temporalité – la distance corrélée à la vitesse donne un temps de parcours –, permit très vite aux avions de suivre un cap par rapport à ces signaux radio émis à partir de balises à terre. Il restait juste aux horlogers à inventer l’instrument mécanique susceptible de répondre aux besoins des pilotes.

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